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Blog des ELS


vendredi 30 novembre 2007

254. Le Tiers Livre et M@nuscrits.

Une brève sur le site de François Bon :Le tiers livre intitulée "La bourse aux manuscrits. Impasse ou funambule? Mais piste à suivre". Je ne sais pas si cette partie du site permet les commentaires. Je ne crois pas. F.B. s'interroge sur le fait que la mise en ligne des M@nuscrits aboutisse fatalement à renoncer au "chantier" des relations entre auteurs et éditeurs pour "aller vers" les livres. Je ne crois pas. C'est comme si on disait qu'avec "Meetic" il était fatal de renoncer au couple.

jeudi 29 novembre 2007

253. La Piqûre sur M@nuscrits.

Très intéressante réaction de La Piqûre (et autres démangeaisons)

mercredi 28 novembre 2007

252. Une nouvelle collection : M@nuscrits.

C'est une nouvelle rubrique dans le sommaire du site :

M@nuscrits. (en bas à gauche)

  • Cliquez,
  • Lisez, (cliquez en bas à droite de la page du livre quand elle se soulève, elle tournera)
  • Commentez.

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mardi 27 novembre 2007

249. "La Chevelure". Préface.

Je suppose que vous avez tous lu, maintenant, ce texte de Guy de Maupassant dans la très belle édition de "Complexe" ornée des illustrations de Charlotte Mollet. Pour ceux qui ne l'auraient pas encore, voici deux extraits de la jolie préface de Pierre Assouline :

"Maupassant a un faible : il aime montrer sa force. Exposition des avant-bras, exhibition des biceps, ostentation du phallus. Cou de taureau, tronc de rameur, main de boucher. Tous ses commensaux se souviennent l'avoir vu une fois au moins rouler des mécaniques, puis les entraîner avant la fin du repas autour d'un lit pour l'y regarder défoncer grandes dames et petites putes, sans débander des heures durant. Il est peu économe de sa vigueur étant donné le grand nombre de nécessiteuses. Disponible à tout accouplement à condition qu'il ne fût pas légal, Maupassant dit trop aimer les femmes pour en épouser une. On ne comprend pas son acharnement au célibat quand tout conspire aux unions certifiées; il tranche : "Le mariage est un échange de mauvaise humeur pendant le jour et de mauvaises odeurs pendant la nuit."

Plus loin :

"Maupassant, le mauvais passant que la simple visite d'un cimetière mélancolise, se remémore un fait divers nécrophile de 1849 en écrivant La Chevelure : le sergent François Bertrand violait les sépultures de femmes enterrées depuis peu. Errant par l'esprit entre les tombes, Maupassant n'est plus qu'un chien hurlant dans les ténèbres, seul à savoir que les ténèbres sont en lui."

samedi 24 novembre 2007

248. Prix Sade. 2eme Sélection.

  • Jacques Chessex, Le vampire de Ropraz, Grasset
  • Dennis Cooper, Salopes, POL
  • Pedro Juan Gutierrez, Le nid du serpent, Albin Michel
  • Alex Jestaire, Tourville, Diable vauvert
  • Bernard Joubert, Dictionnaire des livres et journaux interdits, Le Cercle de la librairie
  • Thomas Jonigk, Quarante jours, Verdier
  • Caroline Lamarche et Charlotte Mollet, La Barbière, Presses Nouvelles
  • Heather Lewis, Attention, POL
  • Alain Robbe-Grillet, Un roman sentimental, Fayard
  • Boris Terk, De l’incision, URDLA
  • Michal Witkowski, Lubiewo, Editions de l’Olivier

Le Prix Sade sera remis à la Galerie Léo Scheer. 14-16 rue de Verneuil. Paris 7eme. Jeudi 29 novembre à 19h.

Le jury n'a visiblement pas retenu ma proposition du "Le portrait" de Pierre Assouline dans cette liste.

vendredi 23 novembre 2007

246. Mission Olivennes.

Tandis qu'était signé l'accord sur le piratage, à l'Elysée, cette après midi, "Livres hebdo" signale ceci :

"Le président de la République a pointé que « le livre pourrait à son tour être brutalement menacé avec l’arrivée du livre électronique ». Mais Denis Olivennes n’avait pas souhaité inclure l’écrit dans le périmètre de sa mission, malgré la demande du Syndicat national de l’édition (SNE), qui a décidé de présenter ses propres propositions au ministère de la Culture, avait alors indiqué Serge Eyrolles.

Le P-DG de Media Participations, Vincent Montagne, participait à la cérémonie de l’Elysée en tant que producteur audiovisuel. le P-DG d’Editis, Alain Kouck, y était, lui, à titre personnel parce qu’il « aime bien anticiper ». Il a jugé que l’accord intervenu était « important même si on n’en mesure pas encore l’impact pour l’édition ». « Nous sommes venus en éclaireurs », indiquait aussi Jean Sarzana, délégué conseil de la Société des gens de lettres dont le président, Alain Absire, estimait que l’écrit, qui sera « très vite concerné » et à besoin de « règles », « mérite une réflexion complémentaire » à la mission Olivennes."

245. Programme TV

Ce soir vendredi 23 novembre à 22h30 sur Canal+ cinéma : 2ème édition du Cercle Littéraire. Présenté par Frédéric Beigbeder avec les chroniqueurs : Cécile Guilbert, Marc Weitzmann, Karine Papillaud, Eric Neuhoff, Raphaël Sorin et Angie David, qui parlent des derniers Harry Potter, Robbe-Grillet, Sollers, Modiano et Roth.

Dimanche 25 novembre à 20h50 sur TF1 : "L'un reste l'autre part" réalisé par Claude Berri, avec Daniel Auteuil, Nathalie Baye, Pierre Arditi, Charlotte Gainsbourg et George (dans le rôle de George) film produit par Claude Berri et Nathalie Rheims.

244. AuteursTV

Cet excellent site est consacré aux auteurs qui évoquent leur travail au cours d’entretiens filmés, on y parle littérature, personnages, construction du récit, autofiction, écriture. Sur la page d'accueil Lola Lafon lit un extrait de son roman "De ça je me console" qui avait été sélectionné pour le Décembre "B". Des auteurs comme Christophe Paviot dont il faut par ailleurs aller voir le making of de son dernier livre. La liste des vidéos d'auteurs présentés jusqu'à présent est la suivante:

  • Hafid Aggoune
  • Tristane Banon
  • Julien Capron (Prix Décembre "B" pour "Amende honorable")
  • Harold Cobert
  • Thibaut de Saint Pol
  • Virgile Durand
  • Stéphanie Hochet
  • Philippe Jaenada
  • Ariel Kenig
  • Patrice Lelorain
  • Elsa Marpeau
  • Christophe Paviot (voir le très bon making of de son dernier livre : "Devenir mort".
  • Christine van de Putte
  • Carole Zalberg

C'est exactement ce qu'il faut faire. Je le mets en Syndication sur leoscheerTV

P.S. 110 liens avec des sites et blogs qui se consacrent aux livres et à la littérature.

jeudi 22 novembre 2007

243. Serge Bozon et l'édition de DVD.

Nous avons édité quelques DVD, par exemple, en 2004, MODS de Serge Bozon dont le nouveau film "La France", est sorti dans 38 salles hier.

Nous avions trouvé un accord de distribution classique pour ces DVD et tenté de le compléter par une diffusion dans les librairies. Ces deux circuits étant de natures très différentes (aussi bien commerciales que juridiques), nous n'avions réussi à toucher qu'un nombre restreint de librairies.

Il y a quatre ans, c'était sans doute trop tôt, il faut probablement repenser les données de ce problème pour l'avenir. C'est peut-être plus intéressant pour les librairies aujourd'hui, et celà reste essentiel pour la création cinématographique.

241. Proposition pour le prix Sade.

Bien que je ne sois pas "membre" du jury, mais étant, par certains, associé à ce prix, sa remise ayant lieu rue de Verneuil, je voudrais faire la proposition suivante : Il faudrait d'abord qu'il soit ajouté dans la sélection, mais ne pourrait-on le décerner au "Portrait" de Pierre Assouline? N'y a-t-il pas dans cette idée d'une femme qui survit à travers le regard du tableau qui la représente, un fantasme où se mèlent voyeurisme et nécrophilie et qui ne déparerait pas dans ce palmares déjà prestigieux?

240. Maurice Béjart

Pour F.W.

238. Suivre les bons conseils.

Devant les dérives suscitées par les derniers billets, j'ai préféré suivre les conseils de François Bon et de Laure, en les supprimant. Malheureusement, celà efface également tous les commentaires qui les accompagnaient, et je prie leurs auteurs de bien vouloir m'en excuser.

mardi 20 novembre 2007

234. La "vraie" dépêche AFP.

L'agence Zoé-news, nous informe de la "vraie" dépêche de l'AFP sur les prix littéraire:

"Manoeuvres" et "manipulation" pour conclure la saison des prix littéraires

Par Dominique CHABROL

PARIS, 19 nov 2007 (AFP) - Jurés "manipulés" et coups de gueule contre les manoeuvres d'éditeurs: la saison des prix littéraires qui s'achève a une nouvelle fois posé le problème de la légitimité des jurys, sans présager une remise en question d'un système qui continue de doper les ventes de livres. Le Renaudot surprise à Daniel Pennac pour "Chagrin d'école" (Gallimard), qui ne figurait pas dans la sélection, a déclenché les hostilités début novembre. Plusieurs jurés ont alors exprimé leur ras-le-bol des "manoeuvres d'éditeurs". Explication : un accord aurait été passé entre les "jurés Grasset" et ceux édités au Seuil, les premiers soutenant "A l'abri de rien" d'Olivier Adam, publié par L'Olivier, du même groupe éditorial que Le Seuil, pour le Goncourt, contre l'appui des seconds à "Un roi sans lendemain" de Christophe Donner, publié chez Grasset, pour le Renaudot. Mais au 10è tour de scrutin, c'est Pennac qui l'emportait. Christophe Donner a aussitôt accusé Franz-Olivier Giesbert d'avoir "manipulé" les délibérations du Renaudot. Battu au dernier tour, il demandait aux jurés de tous les autres prix d'effacer son livre de leur liste. Pas de "manipulation" au contraire pour F.O. Giesbert, qui préfère dénoncer "les combines". "Le problème des jurys littéraire c'est qu'il y a des combines d'éditeurs en permanence", a-t-il déclaré mercredi sur France Inter. "C'est toujours gênant de voir des jurés voter systématiquement pour les livres de la maison où ils travaillent", a souligné le patron de l'hebdomadaire Le Point. Dans un bel ensemble, les éditeurs montrés du doigt réfutent les accusations de bidouillage. "J'affirme ici de la manière la plus calme, froide et catégorique, que ni moi ni aucun de mes collaborateurs n'avons pris part à un tel +échange+", écrit ainsi le PDG de Grasset, Olivier Nora, dans le magazine Livres Hebdo paru vendredi. Des jurés grognons, un auteur excédé. Le jury du prix du Figaro Magazine a pris le parti de Christophe Donner en lui attribuant ce week-end son prix Découverte 2007, doté de 8.000 euros, "pour réparer une injustice". Un prix que Donner s'est empressé "par principe" de refuser. Des "principes" que Patrick Besson, président du jury Renaudot, dont la voix a compté double, tourne en dérision dans le Figaro Magazine. "C'est à cause de moi que Christophe n'a pas eu le prix Renaudot", écrit-il : "Si j'avais su que ça ferait tant de peine à Christophe Donner, j'aurais peut-être hésité. Il y a aussi que je n'aime pas son livre, mais c'est un détail sur lequel un juré littéraire peut passer". "Sous ma présidence, j'ai proposé une réforme des institutions du Renaudot, c'est mon côté Sarkozy : l'interdiction, pour les jurés, de voter en faveur de leur éditeur", conclut Besson : "Mais ça n'a pas été adopté. On n'a même pas mis ma proposition aux voix, tellement tout le monde l'a trouvé incongrue". Daniel Pennac et Gilles Leroy, Prix Goncourt pour "Alabama song" (Mercure de France), sont dès cette semaine en tête des ventes de livres en France, selon le classement Livres-Hebdo.

233. Librairie Ciné Reflet, ce soir : 18h30.

Si vous voulez rencontrer l'équipe de la revue Cinéma, c'est ce soir, à la Librairie Ciné Reflet pour le lancement du N° 014.

Cinéma, c'est la revue d’esthétique et d’histoire du cinéma.

Son rédacteur en chef est Bernard Eisenschitz et le comité réunit Jacques Aumont, Bernard Benoliel, Erik Bullot, Michèle Lagny, Dominique Païni, Jean-François Rauger et Stéfani de Loppinot.

Eric Vuillard m'a dit qu'il serait là.

P.S. La revue contient un DVD offert, avec deux films d' Adolfo Arrieta : le Crime de la toupie (1965) et Merlin (1990).

lundi 19 novembre 2007

231. Soleil vert – ou presque

On parle souvent côté écrivains, en particuliers jeunes écrivains (logiquement) de la difficulté de trouver un éditeur.

Cette difficulté à publier va sérieusement s’accroître pour une partie de la population : les enseignants. C’est ce que je découvre avec stupeur et horreur sur le blog d’Emmanuelle Pagano. Non seulement il faudra, à présent, la validation d’un éditeur pour publier (bon, jusque là tout va bien)… mais aussi celle du chef d’établissement…

230. Flash/Info. Prix Sade.

Après m'avoir fait le résumé de l'épisode des Moot Moot que j'ai raté hier (Celui où l'arbre de Noël est plus cher parcequ'il y a un rat dedans) 2.J.S. me signale qu'il a reçu une épouvantable invitation pour le Prix Sade à la Galerie le 29 novembre. Il m'incite, ce que je fais ici, à bien préciser que nous n'avons rien à voir avec les choix artistiques de ce jury et de son invitation. La Galerie n'est, pour cette manifestation, qu'un lieu d'accueil. Je ne sais d'ailleurs pas vraiment de quoi il s'agit puisque, pour ma part, je n'ai pas reçu (comme personne dans la maison) cette invitation et que je ne sais pas ce qui y figure.

En attendant, ça "swing" chez Passou, où "Robbe grillé" n'a eu, finalement, que 880 commentaires. Et chez Wrath, ça "twist".

229. Avenir de la lecture, ça s'agite.

Vous trouverez deux entretiens intéressants sur ce sujet avec Jeff Bezos d'Amazon, dans Newsweek et Francis Pisani réalisé par Loiez pour Lafeuille au salon du livre de Montréal. Ces entretiens nous ont été signalés par Stubborn et Philippe Boisnard sur ce BLOG. À suivre...

P.S. Comme le signalait Livres Hebdo, Amazon présente aujourd'hui à N.Y. son "lecteur numérique". Ceci explique sans doute tout celà.

228. Ne vois tu pas que je brûle? Film d'Éric Vuillard

J'ai retrouvé, hier soir, avec beaucoup de plaisir, Éric Vuillard, l'auteur (génial) de "Tohu", un des livres dont je suis particulièrement heureux d'être l'éditeur. Il m'a montré son premier film, dont il vient de finir le montage. Le titre : "Ne vois-tu pas que je brûle" est tiré d'un rêve rapporté par freud et ré-analysé par Lacan, sur l'interface "imaginaire/réel". Le film produit cet effet de fascination esthétique du rêve. On pense à Mallarmé ou à Pound, à certaines images amples de paysages du cinéma soviétique. (Éric a trouvé dans les Causses un paysage qui évoque la "Toundra" et il a réussi à faire ressortir des rails qui ne servaient plus, pour réaliser un traveling de 100 m, refusant la "steadycam"). J'espère vraiment que ce fim sera vu par les amateurs d'esthétique du cinéma, car il propose une écriture tout à fait nouvelle et inhabituelle dans le cinéma français.

dimanche 18 novembre 2007

227. L'ère du simulacre par F.B.

Le top model, dont je vous ai présenté, en avant première, l'affiche qui ornera bientôt la façade des Galeries Lafayette, a entrepris de faire entrer Baudrillard au Figaro Madame. Voici son édito. (Si vous êtes sages, je placerai un jour ici le texte que j'avais envoyé aux Cahiers de l'Herne, "Baudrillard n'a pas eu lieu" et qui m'avait été retoqué.

Ce texte m'a été transmis par Laurence Biava qui écrit "99 fois" "roman en ligne" sur son Blog Myspace.

"L'ère du Simulacre.

Attention : ceci est un éditorial virtuel rédigé par un talent hypothétique. Le virtuel est l'utopie du moment : la réalité, on s'en fout ; ce qui compte, c'est tout le reste, tout ce qu'il y a autour, les trucs qu'on aurait pu vivre si l'oin n'avait pas eu cette vie banale, prévisible, vraie. Vivre pleinement le réel dans son corps, voilà qui est du dernier vulgaire. Seuls les ploucs se satisfont de la réalité."

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226. La Revue Littéraire "B". "Zone de combat" de Hugues Jallon par Libr-critique

Dans la zone de combat, nous enchaînons les méthodes thérapeutiques et les groupes de parole, les séances de coaching et les stages de remise en forme. Pour survivre il faut se prendre en main. Se plier aux recommandations communes. Entre périls terroristes et accidents domestiques, nous vivons dans la crainte permanente de la désagrégation, physique et sociale. Dans la zone de combat, rien ne distingue plus les périls du monde des territoires intimes. Quelques groupes informes se préparent à l’inéluctable.

Ensemble tout est devenu possible. Un seul mot nous rassemble : la peur.

Voici la note critique publiée par Philippe Boisnard dans Libr-critique

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samedi 17 novembre 2007

225. Dépêche AFP version Zoé BALTHUS

@Léo. "Anne m'a soeur, Anne, ne vois-tu rien venir ? "... Me suis autorisée et amusée à commettre un pastiche de dépêche AFP, que je vous livre humblement.

La saison des prix littéraires souffle son "vent mauvais" sur la Toile

Par Zoé BALTHUS

BLOGOSPHERE, 17 nov (AFP) - La saison des prix littéraires s'achève non sans avoir soufflé quelque "vent mauvais" sur les pans lettrés de la Toile, où l'éditeur Léo Scheer a lancé un "appel solennel à la révolte" dès l'annonce de la consécration de l'Alabama Song (Mercure de France) de Gilles Leroy par le Goncourt et du Chagrin d'école (Gallimard) de Daniel Pennac par le Renaudot.

@Zoé. Me suis autorisé à publier ici votre excellente dépêche. Que n'êtes vous l'AFP. Mais ça buzz.

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224. "Les Cahiers de Colette" Le 1er Décembre à 17h30.Visite non virtuelle.

La librairie "Les Cahiers de Colette" incarne ce qu'il est devenu vital, pour nous, de défendre. Le talent et le courage avec lequel Colette Kerber se bat pour que "ça résiste" doivent être soutenus. Je pense que la blogosphère peut participer à cet effort. Voici l'invitation que je viens de recevoir:

LA LIBRAIRIE LES CAHIERS DE COLETTE vous invite à rencontrer EMMANUEL PIERRAT à l’occasion de la parution de "Le livre des livres érotiques" (Chêne Editeur) et "La justice pour les nuls" (accompagné de son collectif d’auteurs) (First Editions) LE SAMEDI 1er DECEMBRE A PARTIR DE 17H30. LES CAHIERS DE COLETTE 23/25 RUE RAMBUTEAU 75004 PARIS 01 42 72 95 06 cahiersdecolette@wanadoo.fr.

"Il n'y aurait pas d'exercice possible de la littérature en ce pays, sans eux, les libraires. Une chaîne complice et forte se crée avec les années, les parcours, les lectures, avec dans chaque ville comme un havre d'amitié." François Bon. (pour Les Cahiers de Colette)

vendredi 16 novembre 2007

223. Quelques cochons de Wim Delvoye pour LaureLi

Laure. Il faut choisir.

Sinon, prends celui qui plait à Angie : (LVMH, en bas à gauche) comme dirait Lélu.

222. Nouveau Sommaire du site.

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221. Cinéma 014. Chez Ciné Reflet

J'aimerais bien que Bernard Eisenschitz qui dirige notre revue Cinéma, accepte de venir, de temps en temps, se frotter au monde virtuel. Nous lui préparons une page d'accueil pour cette partie de notre activité dont nous présentons déjà quelques extraits de video sur leoscheerTV.

En attendant voici l'invitation pour le lancement de Cinéma 014 à la librairie Ciné Reflet.

jeudi 15 novembre 2007

220. La poële et la tortue.

Voici la video porno plébiscitée par la nouvelle génération du Net, c'est le signe incontestable d'un retour en force prochain de la littérature.

mercredi 14 novembre 2007

219. Richard Lea du Guardian

Je ne me souvenais pas que c'est le même Richard Lea du Guardian qui avait écrit ça le 21 septembre 2007. Il va falloir suivre le Guardian.

"In Paris, the row of this year's rentrée littéraire is of unusual ferocity. Marie Darrieussecq, the acclaimed author of Pig Tales, finds her latest novel, Tom est Mort (Tom is Dead), the subject of a breathtaking accusation of "psychological plagiarism" launched by an author published by the same small company, Éditions POL.

This month's edition of the La Revue Littéraire carries an extraordinary article by the novelist Camille Laurens where she describes reading Darrieussecq's latest "dizzy with grief" as she found echoes of her own work, especially her 1995 memoir, Phillippe, which recounts the death of her own son.

"Even though no phrase is quoted exactly," she writes, "many passages from Philippe ... are easily recognisable: a phrase or an idea, a scene or a situation, but also rhythm, syntax, always modified a little but manifestly inspired by my personal ordeal and by my writing about that ordeal ... So I can put it like this: I had the feeling, in reading it, that Tom est Mort had been written in my room, with her arse on my chair or sprawling in my bed of grief. Marie Darrieussecq has invited herself into my house, she's a squatter." It's almost painful to read - her anguish is so raw, her bewilderment so acute. But then it seems as if she's arguing that there are books that shouldn't be written, or books that certain writers shouldn't be allowed to write.

Darrieussecq immediately declared herself "slandered", suggesting in Libération that the article sprang from a hidden "hatred" she had no inkling of during the 11 years they shared the same publisher. Philippe is an autobiographical account of the death of Camille Laurens' son at birth because of a medical mistake, she says, Tom est Mort is a novel about the accidental death of a four-year-old, told 10 years later by his mother.

"Of course, certain situations and feelings coincide," she continues, but "so many other novels, from William Kotzwinkle to Kazuo Ishiguro, go back over these inevitable moments of maternal mourning".

For Darrieussecq, nothing should be off-limits for fiction.

"The novel, for me, is neither a pastime nor a source of entertainment," she continues, "It's a serious art which demands sacrifices. And I expect some effort from my readers, some intelligence." And as for the suggestion that some experiences must be lived through to be described? "Since when must you justify yourself with an experience from your life to write a novel?" she asks.

It's an expectation that even Darrieussecq finds hard to resist, as Elisabeth Ladenson noted in the London Review of Books. Attacked as she is for presuming to intrude on an area which Laurens feels she has marked out as her own, Darrieussecq offers the observation that "dead children haunt all of my books since the beginning", and speaks about her mother who also lost a child.

The founder of Éditions POL, Paul Otchakovsky-Laurens, is almost as outraged as Darrieussecq, taking Laurens' article almost as a personal assault. He rejects entirely Laurens' suggestion that only the author can judge when a robbery has occurred. "The relatively small output of my publishing house allows me to read and re-read the manuscripts I publish," he says. "If I had felt for a moment in Marie Darrieussecq's book something like an imitation, a copy of Camille Laurens, I would never have published it. I'm astonished that Camille Laurens has not credited me with this intelligence." Then he coolly adds that he is not going to publish Laurens any more.

All of which makes me think that something like this could never have happened in Britain. It's not just the vicious nature of Laurens' attack - an anguished polemic which puts even Tibor Fischer's hatchet job on Martin Amis into the shade - it's the seriousness of both sides, the assumption that literature is something important, something one can call "a serious art" without fear of contradiction or ridicule, something that's worthy of more than gossip and sensational journalism. But then again, with Le Figaro reporting that sales of Tom est Mort have doubled since the row broke out, perhaps it's more a case of plus ça change, plus c'est la même chose ..."

218. Proposition de dépêche A.F.P.

Voici le texte que nous proposons à l'A.F.P. ce matin :

Le 5 novembre 2007, à l’annonce des premiers prix, Léo Scheer, l’éditeur de La Revue Littéraire, avait lancé, sur son blog, (http://www.leoscheer.com/blog/) un appel au soulèvement de la blogosphère et pris l'initiative d'organiser une consultation afin de proposer au public un choix différent : voici le palmares de la “Liste “B? pour (Blogosphère.)

Goncourt "B" : Emmanuel Carrère : "Un roman russe"

Renaudot "B": Christophe Donner : "Un roi sans lendemain"

Fémina "B" : Éric Reinhardt : "Cendrillon"

Médicis "B" : Thomas Clerc : "Paris. Musée du XXIe siècle"

Académie "B" : Linda Lé : "In Mémoriam"

Interallié "B" : Didier Da Silva : "Hoffmann à Tôkyô"

Décembre "B" : Julien Capron : "Amende Honorable"

Flore "B" : Emmanuel Tugny : "Corbière le Crevant"

Wepler "B" : Olivia Rosenthal : "On n'est pas là pour disparaître"

Les références utilisées sont accessibles dans les 180 notes de lecture et critiques publiées en 2007 par La Revue Littéraire et les centaines d'analyses critiques pratiquées par la blogosphère. Voici, à titre d'exemples, quelques sites réalisant un travail exigeant de critique littéraire :

Libr-critique

Stalker

Le Journal LittéRéticulaire

L'ere de rien

Nous vous tiendrons informés des suites données par l'AFP à cette proposition.

Conversation édifiante ce matin sur Inter entre FOG et Donner sur les prix.

et Metro ce matin, et, dans un autre registre, le papier d'humour d'Édouard Launet dans Libé : "Prix cassé". "Cher Christophe Donner..."

mardi 13 novembre 2007

217. La vie à l'envers d'Alain Jessua.

Je reprends ici le remarquable billet de Libr-critique sur cette oeuvre qui me hante depuis quarante ans et que j'ai pu enfin publier cette année dans ce livre/DVD.

"UNE METAMORPHOSE

On commencera par une réflexion sur l’acte même de mettre à la disposition du public un texte inédit qui date de la même époque qu’un film devenu inaccessible (1964), c’est-à-dire en pleine période avant-gardiste. Ce qui apparaît comme une nécessité éditoriale présente également un intérêt artistique : non pas qu’il s’agisse de faire découvrir un chef-d’oeuvre, comme le claironne la quatrième de couverture, puisqu’à l’évidence La Vie à l’envers ne saurait accéder à l’ inactuel ; la valeur de ce diptyque est plutôt d’ordre historique, liée à ce qu’elle nous apprend sur une modernité datée.

☛ La Nausée

Jacques Valin, le héros/antihéros de La Vie à l’envers, apparaît assez vite comme un avatar d’Antoine Roquentin : cet homme seul bénéficie en effet des mêmes apanages, l’extralucidité et l’humour pince-sans-rire. S’il est lié à Viviane, cover-girl élue Miss Camembert (sic !), qu’il finit par épouser pour lui faire plaisir et "avoir la conscience tranquille", il est si peu dupe qu’il est capable de ce genre de remarque à froid : "Qui sait, je l’ai peut-être épousée à cause de ses pieds ?" (p. 32) ; que, tel Roquentin face à Anny, il refuse d’entrer dans son jeu, la démasquant et la réduisant à une surface lisse de pin-up : il la voit s’agiter "comme une marionnette avec son chapeau sur la tête, dans son grand numéro de femme jalouse" (64) ; et même après sa tentative de suicide, il la jauge avec détachement : "C’est vrai, Viviane était guérie. Elle se peignait les ongles des pieds" (79). Au reste, lui qui ne comprend rien à "la poésie du petit moineau et du saule pleureur" (34), comment pourrait-il ne pas être agacé par les "cris d’oiseau" de sa compagne ? Cet esprit critique s’exerce naturellement à l’encontre de ce rite social qu’est le mariage : "Le nombre de trucs qu’on peut vous proposer dès que vous allez vous marier : la photo de famille, la batterie de cuisine, la vaisselle, les couches du futur lardon. C’était à se demander si on n’allait pas vous vendre par mensualités une méthode de copulation sans douleur" (21). Et naturellement cet humour s’applique à des cibles extra-conjugales. Son ami Paul : "Même dans la vie, il ne descendait jamais tout à fait de son trapèze" (39). Sa mère : "Ce n’était pas une excellente comédienne mais elle avait de très bons moments" (99)."

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lundi 12 novembre 2007

216. Debriefing des Moot Moot version Fémina avec 2J.S.

Debriefing avec 2J.S. à propos de l'excellent épisode des Moot-Moot d'hier, où Zinedina (Audrey Vernon) a vu son joli minois déformé par un casque. Toujours pas d'apparition de la "Vahm Bahrvête" bahr Karl. Nous avons abordé le véritable cas de conscience que nous pose Donner avec sa demande de ne pas figurer dans les prix. Devons nous respecter sa volonté en le retirant de la liste du Renaudot "B", et assumer les conséquences de ce geste (reconnaître l'appartenance des prix "B" au système des autres prix) ou désobéir, même à Donner, et courir le risque qu'il accepte finalement sous le prétexte que ce ne serait pas une "consolation"? Cruel dilemme. Sinon, quelques lamentables plaisanteries sur le thème de "Fottorino-laryngologiste" que nous pensions envoyer à Éric et Ramzy pour le prochain épisode, si karl aborde la version Fémina de la "Femme parfaite".

215. Liste "B". Critiques (3). Blog : "Lignes de fuite". Pour "Hoffmann à Tôkyô" " de Didier Da Silva.

Bien que cgat "préfère ne pas", je trouve que son article sur "Hoffmann à Tôkyô" accompagne bien ce qu'en disait LaureLi dans La R.L.

"Ce n'était pas un stylite dans son désert, ni un ermite dans sa forêt, il était à Tôkyô par un bel après-midi de juin et, soit volonté soit caprice, il hurlait ces simples mots : Rien à foutre de la réalité. Il s'appelait E.T.A. Hoffmann, comme le poète, ses amis l'appelaient Ernst ou Theodor, jamais Amadeus, c'était trop ridicule. Comme il s'exprimait en français et qu'il hurlait intérieurement, il n'attirait pas l'attention. Il avait beau s'être juché sur un banc du square dit de la Place du Chien, celui-ci faisant face à l'entrée du métro le plus fréquenté, il n'y avait pas de chance qu'il suscite autre chose que l'indifférence la plus absolue, du reste les Japonais se fichent des Occidentaux comme de leur premier hamburger. Des flots d'adultes cravatés et de jeunes gens peroxydés le croisaient sans lui jeter un seul regard et cette solitude le ravissait, elle augmentait sa joie d'avoir trouvé une phrase qui soit à la fois un sésame, une devise, un programme. Rien à foutre de la réalité. Rien à foutre de la réalité ? À cheval sur les frontières de l'inaudible, son murmure ne souffrait pas de la concurrence des cris, appels, jingles et musiquettes des proches rues commerçantes. Il se situait dans une autre sphère, celle de sa conscience, silencieuse en dehors de moments de panique, d'épisodes migraineux. Il en eut bientôt assez d'être debout. Sans interrompre sa psalmodie, il prit le parti bourgeois mais commode de s'asseoir sur le banc, il était fait pour ça, et le temps pas moins doué passa, passa, si bien que le soir tomba.

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214. Lignes de fuite.

Je reprends ici l'excellent billet de cgat ce matin sur son site Lignes de fuite.

"prix lignes de fuite Par cgat le lundi 12 novembre 2007, 01:01 - édition - Lien permanent

Puisque la mode est cet automne à l’attribution de Prix B, je déclare que le Prix lignes de fuite est attribué, à l’unanimité avec moi-même et sans qu’il soit besoin de multiplier les tours de scrutin, à Éric Chevillard pour Sans l’orang-outan (Minuit), l’ensemble de son œuvre et m’avoir fait beaucoup rire avec son « feuilleton » Goncourt dans L’Autofictif.

Toutefois, l’unanimité avec moi-même étant une ligne que je ne suis jamais parvenue à tenir très longtemps, ce dont j'ai la faiblesse de penser qu'Éric Chevillard ne me tiendra pas rigueur, j’ajoute trois ex-aequo qui m’ont également impressionné cette rentrée : - Olivia Rosenthal pour On n’est pas là pour disparaître (Verticales) - Éric Reinhardt pour Cendrillon (Stock) - Hélène Frappat pour Agent de liaison (Allia).

post-scriptum : un quatrième prix ex-aequo à Didier Da Silva pour Hoffmann à Tôkyô (Naïve) et pour lui remonter le moral (c'est ça l'interactivité blogosphérique !)

Plus sérieusement les indignations, accusations et gesticulations actuelles autour des prix deviennent trop habituelles pour ne pas faire partie du plan promo de toute rentrée littéraire qui se respecte. La polémique est un simple accessoire, au même titre de La société de consommation sur une photo publicitaire aux abdos trop parfaits pour ne pas être photoshopés de Beigbeder. Les stratégies des uns et des autres m’amusent donc plus qu’elles ne m’indignent ; m’énerve bien davantage la bonne conscience pleine de mauvaise foi de ceux dont l’indignation est aussi de l’auto-promotion, qui se révèle d'ailleurs efficace : le livre de Christophe Donner est dans certaines librairies placé aux côtés de ceux qui ont reçu un prix !

Aujourd’hui lundi 12 novembre, nouvelle salve de prix (avant l'Interallié mardi 13 et le Roman France Télévisions jeudi 15) : le Médicis (dans la sélection, je vote pour Antoine Volodine et François Bon !), le Femina, les Goncourt et Renaudot des lycéens, ainsi qu'un prix qui n’a que (ou déjà) dix ans et dont on peut encore attendre un vrai choix, le prix Wepler – Fondation La Poste : Olivia Rosenthal, Hélène Frappat, Philippe Vasset, Louise Desbrusses, Linda Le, etc. figurent dans la sélection."

dimanche 11 novembre 2007

213. Liste "B". Critiques (2). Blog : Stalker. Pour "Amende honorable" de Julien Capron.

Quel peut être le point commun unissant Un cantique pour Leibowitz, le remarquable roman de Walter M. Miller Jr. devenu, à juste titre, un classique et Amende honorable, le premier roman de Julien Capron, l'un des meilleurs, sans doute, de cette rentrée littéraire surestimée ? Appartiennent-ils tous deux, comme on peut le faire remarquer un peu trop vite, au registre de la science-fiction ? Peut-être, même si le roman de Capron, qui relève de l'uchronie, se caractérise par une économie évidente de moyens : à quelques détails près, l'histoire que nous conte l'écrivain pourrait se dérouler de nos jours. De cette proximité de décor entre une France ayant difficilement survécu à une guerre civile et la situation de notre propre société, de cette certitude que l'intention critique de Julien Capron dissimule bien mal la fable sociale qui peut en être maigrement tirée, les sots se mouilleront délicatement les lèvres, contents à peu de frais de se rassasier ainsi avec l'aigre jus de la satire d'une France tout entière tombée dans les mains d'une affreuse dictature forcément et férocement réactionnaire. L'auteur lui-même, dans ses Remerciements, nous invite pourtant à écarter cette lecture, fort piètre, de pure circonstance, soumise à l'empressement comique, aux contraintes simplificatrices de la presse. Fort piètre, ce type de mauvaise lecture l'est sans aucun doute, mais on ne peut faire comme si, dans chaque ligne ou presque de notre roman, elle ne s'y trouvait commodément nichée, déjà fardée pour l'exposition devant les puissants projecteurs des plateaux de télévision, nourrissant de sa propre carne les exégèses des imbéciles. Car oui, les dénégations de Capron n'y feront rien, son roman peut être parfaitement tenu pour ce qu'il est : une satire, parfois grinçante et intelligente, parfois peu discrète dans ses trop évidentes bonnes intentions qui plairont toutefois aux peu scrupuleux lecteurs du Nouvel observateur, des institutions politiques et judiciaires de notre pays.

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212. Préparation d'une "dépêche" pour annoncer La Liste "B".

Constatant que le système des prix avait implosé cette année, Léo Scheer, éditeur de La Revue Littéraire, a pris l'initiative, sur le blog de ses éditions, d'organiser une consultation d'un certain nombre de sites littéraires de la blogosphère afin de proposer au public un choix différent : la Liste "B". Après une première sélection réunissant une trentaine d'ouvrages, les prix "B" sont :

Goncourt "B" : Emmanuel Carrère : "Un roman russe"

Renaudot "B": Christophe Donner : "Un roi sans lendemain"

Fémina "B" : Éric Reinhardt : "Cendrillon"

Médicis "B" : Thomas Clerc : "Paris. Musée du XXIe siècle"

Académie "B" : Linda Lé : "In Mémoriam"

Interallié "B" : Didier Da Silva : "Hoffmann à Tôkyô"

Décembre "B" : Julien Capron : "Amende Honorable"

Flore "B" : Emmanuel Tugny : "Corbière le Crevant"

Wepler "B" : Olivia Rosenthal : "On n'est pas là pour disparaître"

Les références utilisées sont accessibles dans les 180 notes de lecture et critiques publiées en 2007 par La Revue Littéraire et les centaines d'analyses critiques pratiquées par la blogosphère. Voici, à titre d'exemples, quelques sites réalisant un travail exigeant de critique littéraire :

Libr-critique

Stalker

Le Journal LittéRéticulaire

L'ere de rien

etc.......................................(sites sur lesquels on trouvera les liens menant aux autres)

Dites moi si cette rédaction vous convient. Je voudrais communiquer la "dépêche" au plus tard le jeudi 15 novembre.

PS. Il faudrait aussi réfléchir à la présentation des livres avec le bandeau. Comment peut-on faire?

PPS. Billet assez "descriptif" et drôle de Jean-Maurice de Montrémy :"Gombourde, le prix" sur le site de Livres Hebdo.

211. Liste "B". Critiques (1). Blog : "L'ere de rien". Pour "Petit et méchant" de Blaise Gauquelin.

Nous pourrions adopter comme une des règles de notre "charte" le principe qu'un livre proposé pour figurer dans la liste "B" doit être accompagné d'une critique ou d'une note de lecture, significatives de notre mode d'évaluation.

À titre d'exemple le blog "L'ere de rien" a proposé Petit et méchant de Blaise Gauquelin qui figure sur la liste du Flore "B". Voici la critique sur ce blog.

"Il y a des livres qui, tout matérialiste et cynique que l'on puisse être, vous donnent l'impression de vous être destinés. Qu'il y avait du destin à ce qu'on les lise, qu'ils vous attendaient, qu'ils vous cherchaient, et qu'ils auraient tout fait pour vous trouver, et qu'on les referme l'oeil mouillé, le coeur battant et les poumons élargis, comme si cela faisait 160 ans que l'on attendait debout, face à la mer sur le rocher du Grand Bé, à se dire que la vie est finalement bien faite. Petit et méchant, premier roman de Blaise Gauquelin, et premier roman de « rentrée littéraire » de la jeune et prometteuse maison d'édition l'Altiplano, est de ceux-là. Il fait partie de cette race particulière d'ouvrages qu'on n'avait pas de raison particulière d'ouvrir, qu'on n'avait pas d'urgence à ouvrir, qu'on n'aurait pas eu l'idée d'ouvrir si des forces secrètes ne s'étaient pas liguées contre vous pour vous forcer à vous plonger dedans''.

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samedi 10 novembre 2007

210. New step in the Buzz of the"B" Plan.

"The award comes after Ni d'Eve Ni d'Adam dropped out of contention for both the Goncourt and the Renaudot prizes, awarded earlier this week to Gilles Leroy and Daniel Pennac, decisions which sparked a revolt in the French literary blogosphere.

Faced with what he called the "terrible mediocrity" of this autumn's literary prizes, this Monday the publisher Leo Scheer "solemnly" called for a revolution. He suggested organising a "plan B (for blogosphere)", awarding a set of competing prizes - the Goncourt B, the Renaudot B - to mirror and counter the "depressing" awards in the real world.

His suggestion to add yet another set of prizes to the congested French literary calendar was to some extent "playful", he told the French newspaper 20minutes, but he was trying to make a serious point.

"Many people only buy one book a year," he said, "often following the recommendations of the Goncourt jury.""

wrote Richard Lea in the Guardian yesterday.

jeudi 8 novembre 2007

209. Extension du domaine de la lutte contre le système d'évaluation des prix littéraires.

A lire, pour suivre le phénomène d'implosion des prix que j'évoque ici depuis le 5 novembre (cf # 58), la réaction de Christophe Donner ("Un roi sans lendemain" est dans notre sélection du Goncourt "B") dans le Figaro Littéraire de ce matin :

"J'ai été stupéfait d'apprendre les conditions dans lesquelles M. Giesbert a manipulé cette année les délibérations du Prix Renaudot. Je suis navré par la complicité dont le directeur du Point jouit à l'intérieur de ce jury, alors même qu'il en bafoue, sinon les règles, les principes. Je suis encore plus sidéré par le silence que le monde des lettres oppose à cette dérive. Ni parole ni acte.

J'ai pour ma part décidé de dire et d'agir. Ma voix est faible, et si mon premier acte est dérisoire, je le ressens comme moralement nécessaire : je me retire de la "course". Ainsi, tout en les remerciant pour l'intérêt qu'ils portent à mon livre, je demande aux jurés de tous les autres prix littéraires d'effacer "Un roi sans lendemain" de leur liste. Ils ne sont pas là pour réparer des injustices."

L'article rappelle que c'est au téléphone (pendant les délibérations finales) depuis la Corée du Sud que Jean-Marie Le Clézio avait lancé l'idée de donner le prix à Pennac, élection obtenue grâce à la voix double du Président Patrick Besson après dix tours de scrutin serré.

Autre titre possible pour ce billet : "Le sidérant silence du monde des lettres".

208. News (4)

Pour ceux qui suivent le feuilleton : ce soir, jeudi 8 novembre à 19h30 au Palais de Tokyo. Conférence de Catherine Malabou : "Brain Dead". Puis, signature de son livre : "Nouveaux blessés" (Bayard) au bureau des médiateurs.

A lire, aujourd'hui : Le "Libé" des philosophes. Avec, entr'autres, quelques auteurs qui ont publié aux ELS comme Paul Audi, François Noudelmann, Catherine Malabou, ou Bernard Sichère...(et un texte de Slavoj Zizek)

mercredi 7 novembre 2007

207. Nouveaux blessés.(épisode N°3)

Previously on "Plasticité" : partant de son expérience vécue d'avoir été confrontée à un changement radical d'identité chez une personne atteinte d'une maladie dégérative du cerveau, Catherine Malabou met en oeuvre une hypothèse de travail pour utiliser ses propres outils conceptuels afin de penser l'unification de la question de la "cérébralité".

Au regard des découvertes récentes de la neurologie, le concept de libido cède la place à ce qu'on désigne plutôt comme des "apétits" décrits par des processus neuronaux producteurs d'affects. "Le désir est dans la tête" dit Jean-Didier Vincent. De la même manière sont mis à jour les phénomènes de dépendance, (drogue, alcool, médicament, etc qui relèvent de la facilitation ou de l'inhibition de certains neurotransmetteurs). La découverte progressive de ce cerveau émotionnel ne doit pas conduire à "ranger aux oubliettes" l'apport de Freud, neurologue, posant des questions "justes" à une neurologie qui, à l'époque, n'avait pas les moyens de lui répondre.

Dans l'analyse du "trauma" la question de ce qui "arrive" et de ses conséquences est centrale. Pour Freud, en 1919, juste après la guerre, "les lésions organiques saisissables du système nerveux, n'ont pas, en tant que tels, d'impact sur le psychisme", elles doivent "pour être des évènements psychiques à part entière, réactiver un conflit affectif qui ne doit rien à la guerre, la névrose relève d'un "conflit en temps de paix".(conflit entre le moi et les pulsions sexuelles.). C.M. lectrice de Freud note "C'est toujours la sexualité, comprise comme causalité et régime évènementiel spécifiques, qui triomphe finalement de l'accident brut, de l'effraction pure, de la blessure sans avenir herméneutique." Pour Freud, "Il n'y a pas d'au-delà du principe de plaisir."

Or, ce que découvre C.Malabou, chez les "nouveaux blessés", c'est que contrairement à ce qu'affirme Freud, la sexualité est, là, "totalement exposée à un régime d'évènempent plus radicale qu'elle : aux chocs ou au hasard des ruptures de connexions neuronales. Cette "cérébralité" (concept de C.M.) est cette "autre causalité" (Concurrente de la sexualité) de "l'accident neutre et destructeur -sans raison- qui atteint l'identité elle même.

En s'appuyant sur la dynamique de la "neuro-psychanalyse" depuis les pionniers comme Luria, en passant par Sacks (l'admirable : "L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau." jusqu'aux découvertes et aux pratiques thérapeutiques les plus récentes de cette démarche unificatrice, C.M. propose d'aller plus loin par l'unification du concept d'"évènement", car toute blessure a le pouvoir de changer la personnalité des patients. L'axe théorique qu'elle propose est le suivant:

La "plasticité", l'outil théorique créé par C.Malabou a trois sens : - la capacité à recevoir la forme. - le pouvoir de donner la forme - l'éventualité de l'explosion de toute forme.("Plastiquage")

Le "Eureka" de C.M. s'annonce ainsi : "S'il y a création d'une identité post-lésionnelle, celle ci est donc création par destruction de forme. (Plasticité destructrice) dont le pouvoir fait que "Toute souffrance est formation de l'identité qui l'endure."

Problématique qui conduit à interroger les fondamentaux de la psychanalyse : "l'essence de la maladie mentale est elle le retour à des états antérieurs de la vie affective et de la fonction?", "est-il bien sûr que la vie psychique résiste à la destruction?"

Catherine Malabou termine son introduction sur ces mots vertigineux:

"C'est donc dans cette direction inconnue de moi, inconnue aussi de la psychanalyse et de la neurologie que je voudrais engager le dialogue, en développant l'idée d'une plasticité qui ne serait qu'une forme de mort.

Plastique de la mort, comment la penser?" ........."il faudra nécessairement la situer entre l'hypothèse freudienne de la pulsion de mort -qui complique infiniment le problème de la sexualité- et l'hypothèse neurologique actuelle d'une mort de la pulsion."

mardi 6 novembre 2007

206. Prix./ Liste "B" 1ère sélection..

GONCOURT : Gilles Leroy. "Alabama song"

Goncourt "B" :...................................

Début de première liste pour le Goncourt "B" :

Emmanuel Carrère : "Un roman russe"

Eric Reinhardt : "Cendrillon"

Thomas Clerc : Paris. Musée du XXIe siècle.

Christophe Donner : "Un roi sans lendemain"

RENAUDOT : Daniel Pennac. "Chagrin d'école"

Renaudot "B" :.......................................

Début de liste pour le Renaudot "B"

Charles Dantzig : "Je m'appelle François"

Franck Resplandy : "Ether"

Yasmina Reza : "L'aube le soir ou la nuit"

FEMINA : Éric Fottorino : "Baisers de cinéma"

Fémina "B" : ...............................

Début de première liste pour le Femina "B"

Linda Lé : "In Memoriam"

Philippe forest : "Le dernier amour"

Olivia Rosenthal : "On n'est pas là pour disparaître"

MEDICIS : Jean Hatzfeld : "La stratégie des antilopes"

Médicis "B" : ..........................................

Début de première liste pour le Médicis "B"

Eric Chevillard : "Sans l'orang-outan"

Mathieu Terence : "Technosmose"

Emmanuel Tugny : "Corbière le crevan"

Jacques Serena : "Sous le néflier"

ACADEMIE : Vassilis Alexakis "Après J.C"

Académie "B".......................................

Début de liste pour Académie "B"

Julien Capron : "Amende honorable"

Alina Reyes : "Forêt profonde"

Paul Fournel : "Chamboula"

DECEMBRE : Yannick Haenel. "Cercle"

Décembre "B" :.............................

Début de première liste pour le Décembre "B"

Céline Minard : "Le dernier monde"

Jérôme Mauche : "La loi des rendements décroissants"

Hélène Frappat : "Agent de liaison"

Lola Lafon : "De ça je me console"

INTERALLIÉ : Christophe Ono-Dit-Bio : "Birmane"

Interallié "B" : ..................................

Début de liste pour Interallié "B"

Didier Da Silva : "Hoffmann à Tôkyô"

FLORE : Amélie Nothomb : "Ni d'Eve ni d'Adam"

Flore "B" : ......................................

Début de liste pour Flore "B"

Blaise Gauquelin : "Petit et méchant"

Jérôme Gontier : "Continuez"

Patrick Modiano : "Dans le café de la jeunesse perdue"

L'ultime signe de l'implosion des prix, cette année, serait que le Flore soit donné à Nothomb.

Cette liste sera complétée progressivement.

Notre opération semble intriguer déjà la presse. et le buzz, et Aldus, et d'autres, reprise à propos de Donner, et s'étend au buzz international avec le Guardian et télé avec TF1.

Je ne pense pas qu'on dépassera 4 livres par Prix "B".

lundi 5 novembre 2007

205. Appel à la révolte de la blogosphère littéraire du 5.11.07.

Devant la terrible médiocrité de l'annonce des premiers prix littéraires, j'appelle ici, solennellement, ce lundi noir, 5 novembre 2007, au soulèvement de la blogosphère. C'est un plan "B" (pour Blogosphère). Nous pouvons organiser dans cet espace, un double parallère du désolant espace réel, avec un Goncourt "B", un Renaudot "B", un Fémina "B", un Médicis "B" etc...

204. Nouveaux blessés.(épisode N°2)

Previously on "Black-Plasticité": Catherine Malabou, vivant une expérience personnelle de cogito (comme Descartes), aboutit à l'hypothèse d'une "Plasticité destructrice", (un peu comme l'hypothèse des "trous noirs" dans l'univers qui fut vérifiée longtemps après sa formulation). C.M. rappelle le lien étroit entre "la détermination des troubles psychiques" et "un certain état ou un certain âge de la guerre." (pensée freudienne vs guerre 14-18), le traumatisme, coeur de la psychiatrie de guerre contemporaine, ou Bettelheim (autistes vs "musulmans" des camps). (sur ce sujet, C.M. cite "La forteresse vide", je recommande aussi la lecture de l'admirable "Coeur conscient".

13h Flash spécial Goncourt/Renaudot. Le triomphe de la médiocrité. (Comme dit A.D. le plus mauvais livre de la rentrée + une deuxième couverture de Télérama pour Pennac.

A propos d'angoisse de sidération, il s'agit bien, pour C.M. de tirer les leçons de ce que nous ont appris les découvertes récentes sur les atteintes du cerveau affectif (atteintes de sites conducteurs d'émotions ou, carrément, rupture de connexion.). Pour mettre son projet en ordre de bataille, elle organise trois divisions blindées:

1) Démontrer que l'évènementialité cérébrale se substitue à l'évènementialité sexuelle dans la psychopathologie à venir.

2) Dégager leurs traits communs pour aboutir à une théorie générale du trauma.

3) Mettre au jour la plasticité destructrice comme formant la psyché par déconstitution de l'identité (point aveugle de la psychanalyse et de myopie de la neurologie.)

Voilà le plan d'attaque, sachant qu'entre temps, l'hypothèse a reçu quelques renforts ("la souffrance psychique des malades cérébraux est aujourd'hui plus largement reconnue.")

Fin du préambule. Prochainement on B.P.: les trois introductions.

dimanche 4 novembre 2007

203. Les nouveaux blessés de Catherine Malabou.

Demain, c'est lundi, donc "c'est théorie", la reprise des séances de "Fresh" à l'espace Paul Ricard. Catherine Malabou participera à cette séance. En attendant, je suis plongé dans son nouveau livre : "Les nouveaux blessés. de Freud à la neurologie, penser les traumatismes contemporains." chez Bayard. A l'origine de ce travail, il y a deux motifs d'ordre personnel, le premier : la maladie d'Alzheimer de la grand-mère de l'auteur.

"Ce n'était pas une personne diminuée qui était devant moi, la même femme un peu plus faible qu'avant, amoindrie, abîmée. Non, c'était une étrangère, qui ne me reconnaissait pas, qui ne se reconnaissait pas elle même parce qu'elle ne s'était sans doute jamais rencontrée. Derrière le halo familier des cheveux, le ton de la voix, le bleu des yeux, perçait, phénomène ontologique bouleversant, la présence absolument incontestable de quelqu'un dautre.

Le choc ressenti par la philosophe devant cet "absentement" fait naître une question : "Se pouvait-il donc que le cerveau souffre?"

Puis les autres questions qui s'enchaînent:

"Se pouvait-il que cette souffrance se manifeste sous la forme d'une indifférence à la souffrance? D'une impossibilté de la souffrance de revenir à soi? Se pouvait-il qu'il existe un genre de souffrance qui crée une identité nouvelle, l'identité inconnue de l'inconnu(e) qui la souffre? Et se pouvait-il que la souffrance cérébrale soit cette souffrance là?"

Le second motif personnel de ce travail, dont l'auteur découvrira plus tard qu'il est lié au premier, est une modification de son rapport à la philosophie. Catherine Malabou se consacre depuis des années à l'élaboration théorique du concept de "plasticité" à partir de Hegel et en élargissant son champ d'investigation jusqu'aux neurosciences où il joue aujourd'hui un rôle central. Lors d'une conférence devant un parterre de psychanalystes qui lui objectèrent sa méconnaissance de Lacan "qui avait tout dit", elle poursuit son questionnement :

"Se pouvait-il précisément que la psychanalyse n'ait pas tout dit au sujet de la souffrance psychique? Se pouvait-il qu'elle ait ignoré en particulier la souffrance cérébrale et, avec elle, la dimension à la fois émotive et émotionnelle du cerveau?"

L'auteur évoque alors ce passage de la "Recherche" de Proust : "...La faculté d'assister brusquement à notre propre absence" et elle écrit " J'ai compris bien trop tard que la tendresse aurait été la seule réponse. Que l'incohérence du comportement et l'indifférence visible de ma grand-mère étaient aussi des réactions au choc de l'hospitalisation."

Ceci la conduit à un constat d'impuissance : "Mais je ne savais rien et mes livres ne m'ont été d'aucun secours. La philosophie, plus encore que la psychanalyse, était muette. Aucune des versions métaphysiques de la fuite hors du monde n'est susceptible de nous aider à comprendre la désertion des malades cérébraux."

Ce désarroi conduit la philosophe à un retournement qu'elle applique habituellement à ceux dont elle fait la relecture :"Je n'ai peut-être travaillé sur la plasticité que pour tenter d'approcher un jour conceptuellement le type de souffrance psychique qu'avait éprouvé un être bien aimé, souffrance contre laquelle je n'avais rien pu faire, et au sujet de laquelle toutes les catégories d'analyse qui étaient à ma disposition s'étaient révélées impuissantes."

C'est là qu'intervient le "basculement épistémologique", une sorte de retournement copernicien, qui concerne à la fois le concept de "plasticité" et l'ensemble des corpus de la philosophie occidentale, de la psychanalyse et des recherches sur le cerveau :

"Se pouvait-il qu'il existe dans le cerveau une plasticité destructrice, double sombre de la plasticité positive, constructrice et modulatrice des connections neuronales? Se pouvait-il qu'une telle plasticité se forme par anéantissement de la forme?"

Ceci est le début de son préambule; va suivre un plan d'action très précis. Ce que j'aime le plus dans l'approche de Catherine Malabou, c'est, en la lisant, la sensation que j'ai toujours, d'observer un champ de bataille, où, devant une question philosophique qui pourrait plonger certains dans la plus profonde somnolence, elle se place à la tête d'une armée de concepts, et, tel Bonaparte au pont d'Arcole, elle lance la charge.

Si la Bataille de la "Plasticité destructrice" vous intéresse, je vous raconterai la suite dans les prochains épisodes.

samedi 3 novembre 2007

202. EXPOSITION ERIC RONDEPIERRE

Si vous ne figurez pas dans le fichier de la Galerie Léo Scheer (14-16 rue de Verneuil) vous n'avez peut-être pas reçu ce carton d'invitation pour le vernissage de l'exposition

"PARTIES COMMUNES" (Photographies 2005-2007) le samedi 10 novembre 2007 à partir de 17h. L'exposition sera ouverte du 13 novembre au 22 décembre 2007.

J'en parle ici parcequ'il n'est pas sûr que la partie "galerie" de ce site, qui est "en travaux" soit prète d'ici là. Deux livres paraîtront au même moment :

Le nouveau "Janvier/Léo Scheer" qui présente les photographies de l'esposition "Parties Communes" (préface de Quentin Bajac). Il s'agit du 7 ème livre de cette collection dirigée par MATTHIEU CHARON (le précédent était "Amérique" d'Édouard Levé). La fascinante série des Loupe/Dormeurs est également présentée dans ce livre, dont Quentin Bajac dit : "...impossible mise au point entre trois points focaux différents : celui de l'objet - de désir -féminin, juste deviné dans le flou de l'arrière plan, celui trop présent du photogramme, ce dormeur brutalement réveillé par le truchement de la loupe, celui enfin du texte qui par endroits se fond presqu'entièrement avec l'image qu'il recouvre et ne se révèle au spectateur que de manière aléatoire, en fonction de la distance de la lumière."

"Toujours rien sur Robert" texte d'Éric Rondepierre dans "Variations", collection "LS" des E.L.S. Voici un extrait du texte p 59 :

"- Elle, sans transition : "Tu te souviens de cette photo qui est à l'origine de notre rencontre?"

- "Oui, je crois."

- "J'aimerais que tu la retrouves et que tu me la donnes. Tu l'as gardée?"

- "Je ne sais pas, mais j'en ai d'autres, certainement quelque part, mais où? C'est tellement ancien."

- Moi, ce qui m'intéresse, c'est celle là. Tu avais réussi à faire quelque chose avec mes cheveux, tu te souviens?" Pour une fois, celà lui évoquait quelque chose.

- Il répond: "Je ne l'ai pas fait exprès, ce n'était pas mon appareil. J'ai dû me tromper à un moment donné et j'ai superposé deux vues de nos visages respectifs. C'est comme si c'était la même personne, sauf que l'oeil de l'un voisinait avec la bouche de l'autre. Le résultat était assez monstrueux, non?"

- "Moi, ça m'a plu. Fascinée même."

On apprend dans ce texte d'Éric Rondepierre que "Les Chinois parlent non pour avoir raison mais pour savoir ce dont ils parlent."

Voici un extrait de la préface de Quentin Bajac : "DÉTRUIRE, DIT-IL"

"Le principe de surimpression qui régit Parties Communes est aussi vieux que l’histoire de la photographie. Il constitue un de ces nombreux exemples de ratage devenus, sous l’influence notamment de son usage au cinéma sous le modèle du fondu enchaîné, des figures canoniques de la modernité photographique de l’entre-deux-guerres, réévaluées et redynamisées par l’avènement de l’outil numérique : les Histoires du cinéma de Godard sont ainsi construites pour l’essentiel autour de cette figure de la surimpression, d’univers qui s’interpénètrent sans s’exclure, opérant davantage sur le mode de la simultanéité que de la succession. Mais l’usage qu’en fait Rondepierre se pare d’autres auras : celles d’une certaine esthétique de l’errance, chère aux surréalistes, dont la ville constitue, par les possibilités de rencontre fortuite qu’elle propose, le terrain de jeu favori, comme celles d’une photographie spirite, contemporaine en grande partie de l’invention du cinéma – de véritables « projections » selon le propre terme employé par certains spirites pour nommer leurs expériences photographiques : comme une convocation des fantômes, ceux de l’imaginaire, du cinéma, d’une ère argentique désormais révolue."

L'espace de la Galerie Léo Scheer est articulé en trois parties :

-Une grande salle aux murs gris : consacrée à la série "Parties communes"

-Une pièce en forme de coude aux murs rouges : pour la série "Loupe/Dormeurs".

-Un labyrinthe d'entrée aux murs blancs : pour la série des "Agendas" (2002 à 2006). Les deux premiers "Agendas" (2002 et 2003) sont présentés dans "Carnets" publiés en 2005 aux ELS avec l'entretien réalisé par Angie David pour la Revue Littéraire à propos des "Carnets" et de la question de l'écrit dans son travail.

vendredi 2 novembre 2007

201. Scénario pour George Sands et Karl Poppers.

Pendant que nous parlions de prix littéraires, sujet qui ne devait pas nous inspirer, les commentaires ont dévié sur un scénario ubuesque. Pour la clarté du blog, je reprends ici les étapes de cette dérive:

George-s : ""L'idée c'est un type tout seul qui tient un blog où il s'invente des dizaines de pseudos pour faire ses commentaires lui même, en écartant tous les commentateurs réels, ça doit exister ça?" (…) Vous voulez que je vous donne l'adresse ? (Mais en privé, alors)"

Jean-Claude : "Ton adresssssssssssssssssssse, ton adressssssssssssssssssse !!! Non blague à part, ne flippe pas, Georginet : on s'en tape énorme, vraiment ! T'es méchant-méchant donc t'es tout seul : je ne suis pas d'accord avec Léo , tu ne peux pas être plusieurs (Diderot -d'inanité sonore, comme tézigue- disait ça à Rousseau JJ , déjà...). Tu ne te supporterais pas, ce serait trop dur et du coup tu embêterais les gens avec de l'humour surfin sur tous les blogs."

léo : "Oui, voilà, cest ça. Une sorte d'hommage à Kubrick. Un truc qui fait très peur. C'est l'histoire de George Sands, le fils unique d'Arnold et Martha Sands, profs de littérature dans un collège de San Francisco (Il faut que je trouve lequel). Par révolte contre ses parents, qui voulaient qu'il devienne écrivain, George est informaticien. A 50 ans, en 1999, il crée une "start-up" avec un de ses anciens copains d'université. L'entreprise fait une croissance foudroyante. Sept ans plus tard, en 2006, son associé, Karl, qui est un véritable homme d'affaire, décide de se débarrasser de George, qu'il considère comme un "poète" entravant le développement de l'entreprise,(au moment où elle va signer le contrat du siècle avec un magnat de la presse). Lors d'un conseil d'administration, il fait voter le départ de George avec une somme, en dédommagement, qui devrait lui permettre de vivre tranquilement. George a 57 ans, il se retrouve au chômage, mais assez riche pour envisager une nouvelle vie sans angoisse. Il explique à sa femme, Martha, (oui, comme sa mère...bon) que leur rêve depuis toujours, d'acheter un chalet à la montagne, il vont enfin pouvoir le réaliser. George et Martha n'ont pas eu d'enfant (rien n'est pire que les séances de casting pour les enfants). Ils s'installent dans leur chalet dans les Appalaches. C'est l'automne, il y a des animaux. Pour s'occuper, George décide de créer un blog littéraire qu'il dédie à ses parents (qui viennent de mourir dans un accident de voiture. C'est un peu cher, mais ça rythme). Le blog marche très bien. George montre à Martha les centaines de commentaires qui innondent chacun de ses billets (encore plus que Pierre Assouline). L'hiver arrive. La neige...Martha trouve que George devient un peu bizarre, passant parfois deux jours et deux nuits sur son blog sans manger ni dormir. Elle parvient, sur son propre ordinateur, à retrouver les URL du blog, et là, comme dans Shinning, elle découvre que les centaines de commentateurs ont tous le même URL. Là, le film commence, mais je n'y ai pas réfléchi. (Heureusement que je ne suis qu'éditeur).

jeudi 1 novembre 2007

200. Goncourt et tremblements.

Revenons à nos moutons, c'est à dire l'édition, la librairie etc. Il faut toujours lire les suppléments "livres" du jeudi avec ce point de vue qu'avaient autrefois les "kremlinologues" qui savaient décrypter entre les lignes de la Pravda. Je passe sur le reportage du Figaro Littéraire consacré aux jurés du Goncourt (La photo évoque irrésistiblement un des derniers romans de Nathalie), et j'en viens à l'article de Claire Devarrieux dans Libé : Spider-Woman. Sur "Ni d'Eve ni d'Adam" d'Amélie Nothomb.

Il s'agit d'un article "politique" au sens noble de ce qui concerne la stratégie du domaine de l'édition. Claire Devarrieux signale que "Le tirage initial était de 200.000 exemplaires" qu'il a été "cinq fois retiré" et qu'on "en est à 370.000 exemplaires." Elle poursuit avec ce paragraphe-clef: "A Brive, les Goncourt rendaient publique leur dernière sélection. Amélie Nothomb n'y figure plus, elle ne sera pas la lauréate lundi prochain. Un livre aimable, drôle, lisible par tous, déjà plébiscité et n'attendant qu'une publicité qui doublerait son score et rejaillirait sur le prix: les jurés du Goncourt ne mangent pas de ce pain-là."

370.000 ex en plus à 17.90 euros = 6.623.000 euros et, à 40%, pour la librairie = 2.649.000 euros. Sans compter les retombées (poche, traductions etc..). Effectivement, ce n'est pas rien, surtout en ce moment. Cet article, en tous cas, pose la question des prix littéraires sous le seul angle qui vaille. J'avais eu une conversation, il y a peu de temps avec des banquiers qui me demandaient qui devrait avoir le Goncourt du stricte point de vue des intérêts économiques du secteur, et je reconnais, dans cet article de Libé, les arguments que j'avais utilisés pour répondre.

Le lendemain, pris d'un doute, je posais la question à un spécialiste. Il me fit une démonstration très différente. Selon lui, un Goncourt attribué "au Nothomb" ne pouvait qu'avoir une faible incidence (de l'ordre de 20%) en particulier parcequ'il était déjà largement diffusé dans les hypermarchés ou se trouve l'essentiel de la "réserve" pour un autre titre qui n'aurait fait sa carrière jusque là que dans le "premier niveau". Je me souviens qu'après sa démonstration, je m'étais dit :"ça ne sera pas pour elle, elle n'en a pas besoin."

Il n'empèche que je n'y crois pas complètement, que je me sens en phase avec l'analyse de Claire Devarrieux, et que j'ai l'intuition qu'on est passé là à côté de quelque chose de positif pour l'avenir de l'édition, qui, par ailleurs, est bien sombre.

Je ne peux m'empêcher de m'interroger sur les véritables raisons de cette décision, il faudrait demander à Ariane Chemin d'investiguer, je suis convaincu que Fayard serait preneur. Le titre : "Un jour chez Drouant."

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