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dimanche 31 août 2008
Par Léo Scheer,
dimanche 31 août 2008
Matin très froid, chaud & beau ensuite.
(Traduction Christian avec l'aide d'Alain Descarmes le 31.08.08) Lire la suite
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samedi 30 août 2008
Par Léo Scheer,
samedi 30 août 2008
Plus chaud.
Les feuilles du tulipier commencent à virer au jaune. Les tournesols et les glaïeuls sont en pleine floraison. Les godéties viennent à décliner. Les mantbredias seront bientôt épanouis. Les sureaux sont arrivés à maturité & tout est couvert de fientes violet foncé. Taches violettes sur les bûches etc. partout où ils sont passés. Difficile de croire que ces oiseaux digèrent l'essentiel de ce qu'ils mangent. L'homme qui s'occupe des cochons d'Inde ici n'est pas sûr qu'ils dorment. Il dit qu'ils ferment les yeux parfois, mais il n'est pas sûr qu'ils soient endormis. Premières poires anglaises aujourd'hui.
(Traduction de Zoé et Alloïs Hiller, assistés de Alain Baudemont et Christian du 31.08.08) Lire la suite
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Par Léo Scheer,
samedi 30 août 2008
Mai 68, je passe. Mariage le 13 juillet 1968 à la Mairie du 10 ème Arrondissement avec Elizabeth rencontrée trois ans plus tôt, fille unique d'une famille de Catalans originaires de Sabadell près de Barcelone. Son père avait rompu avec son milieu d'industriels pour s'engager dans les rangs du P.O.U.M pendant la guerre d'Espagne au cours de laquelle sa première femme fut tuée.
Au cours des trois années précédentes, en parallèle de mes études, je travaille à la SEMA-SOFRES, d'abord comme "enquéteur" sur le terrain, puis comme chargé d'études dans une tour du Boulevard Brune. Au moment où le mouvement étudiant se tourne vers les "travailleurs" je suis propulsé à la tête d'un mouvement de grêve avec occupation des locaux. Chargé des négociations avec la direction pour les augmentations de salaires, je parviens à obtenir une augmentation collective de 25%.
Le PDG me convoque dans son bureau, je pensais que c'était pour m'annoncer mon licenciement. En fait, il me propose de venir travailler avec lui au Commisariat du Plan où il dirige une Commission chargée de réfléchir à l'avenir de la France et à la réforme de l'Etat. Je lui dis qu'à 21ans et sans expérience, c'est peut être un peu court pour ce genre de poste. Il ne veut rien entendre, mais me demande quand même si je suis Français, condition nécessaire pour devenir fonctionnaire. Je lui montre alors fièrement la carte d'identité toute neuve que je viens d'obtenir par naturalisation.
Quelques mois plus tard, Chaban Delmas devient Premier Ministre et lance sa "Nouvelle Société" Nous nous retrouvons à la tête d'un budget considérable pour financer la recherche en sciences sociales et "éclairer" les Grands Corps de l'Etat sur ce qu'il convient de faire dans ce pays encore bouleversé par les "évènements".
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vendredi 29 août 2008
Par Léo Scheer,
vendredi 29 août 2008
Je ne sais pas vous, mais moi, quand j'entends ce qu'elle écoute, je la trouve bizarre... limite Manu le Malin.
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Par Léo Scheer,
vendredi 29 août 2008
Couvert & frisquet. Fortes pluies la nuit dernière. Dahlias en pleine floraison maintenant.
COUPURE DE PRESSE.
CONSERVE DE FRUITS.
Commentant une vieille méthode paysanne de “conserve de fruits sans sucre”, B. A. Crang, formatrice en conservation de fruits et légumes à l'Université de Bristol, déclare : “Cela risque forcément de produire des résultats décevants dans bien des cas, étant donné que l'eau froide ne détruit pas les impuretés sur les fruits et que l'eau elle-même en contient beaucoup. Pendant l'entreposage, la moisissure va s'étendre et les fruits seront gâchés. “Une méthode simple de conservation des fruits consiste à les placer dans des bocaux propres puis à les chauffer au four (à environ 240 deg F) jusqu'à ce qu'ils changent de couleur et paraissent cuits. Les récipients doivent ensuite être rapidement remplis d'eau bouillante ou de sirop, les anneaux de caoutchouc mis en place et les couvercles fermés hermétiquement. Si les bocaux sont correctement scellés, les jours suivants, ils doivent pouvoir être soulevés par le couvercle sans qu'il ne s'ouvre. “Les fruits ainsi conservés en bocaux se gardent indéfiniment.
(Traduction Christian et Zoé révisé par les Séditions du Zoeil le 29.08.08) (Lien LS) Lire la suite
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Par Florent Georgesco,
vendredi 29 août 2008
Pour fêter le retour de vacances de LaureLi, n'ayant pas de veau gras sous la main je me contenterai d'offrir Valérie en sacrifice. Lire la suite
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jeudi 28 août 2008
Par Florent Souillot,
jeudi 28 août 2008
Les m@nuscrits de la semaine :
- Jeffjoubert, Bleu Terre (82 p.)
- Pietrovitch, Journal d’un artiste (4 p.)
- Robert Dorazi, Reposez en paix (40 p.)
- Sallymara, Sub’Story (16 p.)
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Par Florent Georgesco,
jeudi 28 août 2008
Autre bel article sur un livre remarquable : celui de Christophe Henning, qui nous a rejoint avec ce numéro, sur Les Bains de Kiraly de Jean Mattern, que Renaud m'avait demandé de mettre en ligne. Il en a d'ailleurs lui-même donné un compte rendu sur son site. Lire la suite
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Par Léo Scheer,
jeudi 28 août 2008
Une heure de pluie dans la nuit. Hier chaud & couvert & pluie aussi. Aujourd'hui idem, tendance à quelques gouttes dans l'après-midi. La cueillette du houblon doit commencer dans une semaine environ s'il ne pleut pas à nouveau.
(Traduction de Zoé, Aloïs Hiller et Christian + retouches Alain Descarmes le 28.08.08) Lire la suite
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Par Léo Scheer,
jeudi 28 août 2008
Rentrée littéraire
27 août 2008 : ici.
Si vos vacances aux Bahamas ou à Bécon-les-Bruyères vous ont ruinés, si, fauchés comme les blés, vous n’avez cet automne la possibilité d’acheter qu’un seul livre, il va de soi que, charité bien ordonnée commençant par soi-même, je vous conseille d’attendre le 23 octobre, jour où mon nouvel enfant, baptisé Vous avez dit métèque ?, sortira en librairie. C’est un fort volume de plus de quatre cents pages, publié aux Editions de La Table Ronde, qui vous donnera, je l’espère, un grand plaisir de lecture.
En revanche, si vous êtes sagement restés chez vous en août, évitant ainsi les files d’attente sur les autoroutes et aux guichets des aéroports, si vous avez, telle la fourmi de La Fontaine, fait des économies, si vous pouvez acquérir quelques ouvrages sans risquer de vous trouver sans le sou le jour de la sortie du mien, voici quelques titres que je signale à votre attention.
N’étant ni critique littéraire, ni membre d’un jury, je n’ai aucune raison de recevoir en service de presse les nouveaux livres. Les auteurs qui m’envoient les leurs sont soit des amis soit des inconnus qui ont pour moi de l’estime ou se reconnaissent dans mes écrits. En cette rentrée de septembre, j’ai donc reçu huit romans et un récit. Ce n’est pas beaucoup, me direz-vous, mais que neuf personnes aient en cette occasion pensé à moi, voilà qui suffit à mon bonheur. En amitié comme en art, ce n’est pas la quantité qui importe, mais la qualité.
Voici ma liste : Lire la suite
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mercredi 27 août 2008
Par Léo Scheer,
mercredi 27 août 2008
Pour le blog de Philippe V.

Source : Ici
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Par Florent Georgesco,
mercredi 27 août 2008
Me soumettant au voeu de Dahlia, et à mon propre désir de mettre en avant l'un des vrais événements de cette rentrée, qui commence, par bonheur, à être reconnu comme tel dans la presse, je commence la série de mises en ligne de notes de lecture du nouveau numéro de la revue par le brillant article de Julia Curiel sur Jean-Marie Blas de Roblès. Lire la suite
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mardi 26 août 2008
Par General,
mardi 26 août 2008
''Je m'ennuie... C'est le vide..."
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Par Florent Georgesco,
mardi 26 août 2008
Les chroniqueurs de la revue, qui se sont montrés, comme toujours, attentifs et talentueux, ont retenu 57 des 676 livres de la rentrée. Vous pourrez lire l'intégralité de leurs articles à partir du 10 septembre, contre 15 euros (puisque nous en sommes aux chiffres...). Je mettrai une dizaine de notes en ligne d'ici à cette date (sans compter quelques extraits d'autres textes). Si vous êtes particulièrement impatient d'en lire certaines, dites-le-moi, il est très probable que je cèderai. Vous trouverez la liste ci-dessous. Lire la suite
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Par Florent Georgesco,
mardi 26 août 2008
J’apprends à l’instant la mort de Tony Duvert, rendue publique il y a quelques jours, mais survenue fin juillet ou début août, dans le village du Loir-et-Cher où il s’était à ce point retiré que personne ne s’est inquiété de lui, qu’aucun voisin, aucun ami, aucun confrère n’a pris de ses nouvelles, et qu’il a fallu un mois pour qu’un passant, voyant sa boîte aux lettres déborder, prévienne les gendarmes. Quand ceux-ci sont entrés par les fenêtres, ils ont trouvé un cadavre dans une maison vide.
Je repense au titre du livre que Pierre Bottura et Oliver Rohé ont publié dans cette maison en 2002 : Le cadavre bouge encore. Pas toujours, chers amis. Il arrive aussi qu’un écrivain abandonne la partie, se résigne, se laisse mourir. Il arrive qu’un écrivain soit vaincu, détruit par les forces qu’il a déchaînées en lui et contre lui. Il arrive que le cadavre demeure immobile au sol, attendant ses gendarmes.
Tony Duvert a écrit en vingt ans, de Récidive (1967) à l’Abécédaire malveillant (1989), une œuvre fulgurante, sauvage, inacceptable, qui pour la densité fantasmatique et la précision du style pouvait évoquer Sade, ou Guyotat. Et puis il a cessé d’écrire. Il s’est retranché de tout, réfugié dans cette maison où on l’a retrouvé la semaine dernière, pour vivre avec sa mère. Et sa mère est morte, et il est resté plus seul qu’on ne peut l’imaginer. Je ne connais pas d’exemple de silence aussi violent que le sien. Cette voix qui s’éteignait soudain avait été une des plus tonitruantes de notre proche passé, de cette France encore capable d’expérience, de risque, qui ne tolérait pas plus que la nôtre le scandale qu’il incarnait, mais qui pouvait admirer certains écrivains scandaleux, et par là les écouter, quoi qu’ils puissent dire, s’ils le disaient avec la force et la lumière des maîtres.
Les articles que j’ai lus tout à l’heure à son sujet m’ont pour la plupart paru entachés d’une illusion rétrospective : l’importance qu’on donna aux livres de Duvert témoignerait d’un état transitoire de libération sexuelle, qui permettait ces aberrations (le mot de complaisance plane comme un spectre) ; on se frotterait les yeux en constatant que ses histoires de petits garçons lui valurent le prix Médicis et des articles élogieux dans Le Monde (nouveau spectre : l’aveuglement) ; aujourd’hui nous serions mûrs, aptes à distinguer le bon grain de l’ivraie (spectre joyeux : le salut – fin des temps). C’est oublier que Tony Duvert a insupporté dès ses premiers livres, qu’il n’a cessé d’affronter la haine des vertueux, les anathèmes, le rejet. Il pouvait alors publier Le Bon Sexe illustré, parodie hilarante des manuels de bonne conduite sexuelle, ou Gabriel Matzneff Les moins de seize ans, mais l’un et l’autre, ou encore Guy Hocquenghem, René Scherer et quelques autres esprits libres, c’est-à-dire nécessairement déviants, n’en étaient pas moins reconnus comme tels et pourchassés.
Ce qui s’est passé depuis me semble d’un autre ordre. Les conventions sexuelles sont essentiellement restées les mêmes : frontières solides et surveillance constante. Mais la ceinture s’est resserrée d’un cran, aucune échappatoire fût-elle imaginaire n’est plus acceptable, aucune voix autre ne peut être entendue, et la littérature doit s’aligner comme le reste sur les normes de la vie courante. Tony Duvert n’était pas (comme il a pu penser l’être) le héraut et prophète d’une libération plus grande, qui rendrait tolérable ce qui était monstrueux, il n’annonçait pas le temps radieux de l’amour universel, il écrivait des livres, lieu où, pour peu qu’ils sachent irradier, tout est permis, parce qu’en eux tout se recrée sur un autre plan que celui que les surveillants surveillent, et qu’ils font beauté de tout.
Ce pauvre corps abandonné dans le Loir-et-Cher n’est pas le résidu des errances du passé, il ne témoigne pas de ce qu’il aura fallu d’illusions pour parvenir au bonheur contemporain. Il est le corps d’un écrivain magique, qu’il s’agit maintenant de redécouvrir – si cette misérable tragédie peut servir à quelque chose –, écrivain magique dont la boîte aux lettres a mis un mois à déborder, parce que la magie, les écrivains, ces fariboles, et la liberté dont ils auront été une figure, vous savez bien comme on s’en fout, désormais.
P. S. J’ai glané sur internet la revue de presse ci-dessous :
La Nouvelle République
Le Monde
Libération
Têtu
La République des Livres
Livres Hebdo
Entretien avec Guy Hocquenghem et Marc Voline
Dennis Cooper
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Par Léo Scheer,
mardi 26 août 2008
Chaleur. Epaisse brume de terre tôt ce matin. Nombre de mûres sauvages désormais à maturité, très grosses & bien sucrées. Un bon nombre aussi de "mûrons". Les noix presque pleinement formées. Abondance de pommes anglaises dans les magasins.
(traduction de Zoé, liens de Christian du 27.08.08) Lire la suite
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lundi 25 août 2008
Par Léo Scheer,
lundi 25 août 2008
Mathieu Terence, qui dirige la collection Melville aux E.L.S. prendra également en charge, à partir du 1er septembre 2008, les droits étrangers. Il s'agit d'une nouvelle fonction pour les E.L.S. dont le catalogue n'a, jusqu'à présent, pas fait l'objet d'une démarche de promotion auprès des éditeurs étrangers. Je pense que c'était une lacune importante pour nos auteurs et je suis très heureux que Mathieu Terence ait accepté de s'en occuper.
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Par Léo Scheer,
lundi 25 août 2008
Dr C. dit que le serpent que j'ai attrapé était “une coronelle lisse", non venimeuse et peu commune.
Encore chaud aujourd'hui
Les gitans commencent à arriver pour la cueillette du houblon. Aussitôt leurs caravanes installées, les poulets sont lâchés & apparemment ne prennent pas le large. Le fil de fer pour les pinces à linge est découpé dans les boîtes à biscuits. Trois personnes étaient sur l'affaire, l'une à façonner les bâtons, une autre à découper le métal et une troisième à clouer. Je dirais qu'une seule personne vouée à toutes ces taches (pour fendre les pinces une fois clouées) devrait fabriquer 10-15 pinces par heure. Un autre hibou blanc ce soir.
(Traduction de Zoé du 27.08.08) Lire la suite
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dimanche 24 août 2008
Par Léo Scheer,
dimanche 24 août 2008
Le 20 août, jour de la sortie en librairie de notre premier livre de cette rentrée, j'ai reçu ce message de Sabine du blog Quelles Nouvelles.
Bonsoir Léo,
Je repense à la sortie du dernier roman de Nathalie Rheims et je ne peux pas m'empêcher de me demander si les ventes sont à la hauteur de vos espérances et de vos estimations - à moins qu'elles ne les dépassent ?
Les premiers jours d'un roman sont-ils aussi cruciaux que ceux d'un film ? Guette-t-on le chiffre des ventes avec la même fièvre qu'on guette le nombre d'entrées ? Est-il forcément révélateur d'une tendance, voire d'une lame de fond, où est-ce une donnée délicate à interpréter, sujette à caution ?
Mais vous nous en parlerez sans doute dans un prochain billet...
''Ne soyez pas étonné ou chagrin de ne pas avoir encore pris connaissance de ma critique du Chemin des sortilèges. La Poste s'est mise à l'heure d'été et votre paquet n'a toujours pas atterri dans la boîte aux lettres materno-paternelle. De toute façon, je vous l'enverrai en éclaireur, avant de la publier sur mon blog.
J'ai assisté aujourd'hui à la naissance du blog de Marilou. Je vais suivre son évolution avec intérêt. Oui, c'est ainsi, dans les grandes lignes, que j'imaginais des ponts jetés entre textes et musiques.''
A très bientôt ! Amitiés,
Sabine
P.S. J'ai trouvé une belle citation de Kafka. Je suis impatiente de voir si elle colle avec le roman de Nathalie Rheims. Si c'est le cas, je la mettrai sans doute dans mon billet :
"Il n'existe que des contes de fées sanglants. Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur." Lire la suite
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samedi 23 août 2008
Par Léo Scheer,
samedi 23 août 2008
(Bré.VI-1)La connaissance de mon corps, lorsqu’elle n’est pas seulement celle mécanique des effets qu’il ressent, des impacts qu’il reçoit du dehors, est une connaissance de son essence, une investigation supérieure et intuitive de cette substance unique qui se modifie selon un ordre et une progression géométrique dont je suis actuellement l’élément mortel (en tant que corps) et partie éternelle (à titre d’idée). J’ai un corps mais je suis encore une idée, une formule qui ne date pas d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas évidemment de réminiscence : « Il n’est pas possible que nous nous souvenions d’avoir existé avant le corps puisqu’il ne peut y avoir dans le corps d’empreinte de cette existence, et puisque l’éternité ne peut se définir par le temps ni comporter aucune relation au temps. Et pourtant nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels » (V. 23, Scolie). A mon corps qui désire, je peux effectivement associer l’idée vraie de ce corps, renouer ainsi avec la vérité éternelle de sa composition, autrement plus complexe que celle du cercle ou du triangle également éternels en leur genre. Ce serait comme un portrait de Vermeer en mesure de dégager de mon corps son géométral qui traverse la chambre obscure et se fixe sur la toile pour toujours, aussi peu modifiable d’ailleurs que les cartes, les diagrammes et mappemonde que le peintre suspend derrière moi comme pour fixer ma légende, m’inscrire dans le tout du monde nommé Dieu ou nature. Voilà pourquoi, il est incontestable qu’ « une idée, c'est-à-dire une connaissance de l’Esprit humain, est également donnée en Dieu (…) de la même manière que (…) la connaissance du Corps humain » (II, 20). L’occurrence singulière que je réalise suit d’une idée éternelle en accord avec la mappemonde de la nature que seule l’intuition peut retrouver, éprouvant alors de l’intérieur la nécessité la plus accomplie de ma force de persévérer dans l’être que Spinoza va qualifier de Béatitude et de Félicité.
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Par Léo Scheer,
samedi 23 août 2008
Froid ce matin et pluvieux presque toute la journée. L'essentiel des récoltes est rentré & empilé. Les mûres dans le Suffolk sont beaucoup moins avancées que dans le Kent ; autrement, peu de différences au niveau de la végétation. Pour la volaille, ne rogner qu'une seule aile, de préférence la droite (l'aile gauche garde les ovaires au chaud). Le thé froid est un bon engrais pour les géraniums.
- Comme l'entrée précédente était datée du 22 août, il est probable que celle-ci soit en fait du 23 août. Orwell était allé voir ses parents à Southwold avant de partir pour l'Afrique du Nord ; voir sa lettre à Jack Common, le 25 août, 476. Le billet du 25 août indique un retour à Preston Hall ; les deux jours à Southwold étaient donc les 23 et 24 août. Peter Davison
(Traduction de Aloïs Hiller du 27.08.08 Lire la suite
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vendredi 22 août 2008
Par Léo Scheer,
vendredi 22 août 2008
Températures assez douces toute la journée, avec des averses. Les nuits se font plus froides et font déjà penser à l'automne. Quelques chênes commencent à blondir légèrement. Après la pluie, d'énormes limaces sont sorties, l'une longue d'environ 3 pouces, avec de grands orifices, probablement des oreilles, un peu en arrière de la tête. Elles étaient de deux couleurs différentes, certaines légèrement fauves & les autres blanches, mais elles avaient dans tous les cas un anneau orange vif autour du ventre, ce qui donne à penser qu'elles sont de la même espèce, la couleur variant simplement de l'une à l'autre. Elles avaient à l'extrémité de leur queue des gouttes gélatineuses semblables aux cocons des oeufs d'escargot d'eau douce. Un gros scarabée, d'environ la taille d'un lucane femelle, mais différent, a extrait de son arrière-train un tube jaune à peu près aussi long que lui. Peut-être un adjuvant pour la ponte ?
COUPURES DE PRESSE.
Gin aux prunelles.
Cette recette trouve son origine profondément enracinée dans le savoir-faire traditionnel des gitans de New Forest. Une amie de Lady Muriel l’a notée en termes typiquement gitans. Sa famille vivait proche de gens de Roumanie, et une bouteille de cette liqueur était toujours offerte à l’occasion de Noël à sa mère. Les gitans n’espéraient aucun paiement, et en plus, ils chantaient de vieilles chansons qu’ils appelaient des chorales, lesquelles pourtant semblaient dénuées de tout sens chrétien. "Cueillez vos prunelles une fois joliment mûries à l’air sec, gorgées de soleil. Percer chacune d’elles avec une aiguille en trois points. Prendre une demi-bouteille d’un gin sec et y incorporer une poignée de sucre candi, solide et intense, un chouia d’amande amère pilée ou de noyaux pilés d’abricots mûrs. Remplir la bouteille de prunelles et les faire descendre au fond. "Si vous n’êtes pas sur les routes, les encaver sous votre tente où vous dormez, car ces traînées (prunelles) n’aiment pas le froid. Laissez-les mariner jusqu’à ce que Noël arrive, alors extraire les fruits, laissez mariner jusqu’à ce que vous en éprouviez l’impérieuse envie"."
(Cheers to Gin drinkers ! Message des traducteurs : Zoé et Aloïs Hiller le 24.08.08)
Je n'ai pas de liens. J'espère qu'il seront mieux que sur le site d'origine ci dessous. Lire la suite
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Par Léo Scheer,
vendredi 22 août 2008
(Bré.V-1) « Une chose ne peut être détruite que par une cause extérieure » (III, 3). Il nous faut repartir de là, de cette puissance immanente qui nous anime et nous porte vers l’intériorité indestructible qui nous constitue. Alors seulement on pourra vivre et penser sous l’espèce de l’éternité. Une chose, autant qu’il est en elle, possède une puissance mais encore une perception de cette puissance. Cette perception peut s’éprouver de multiples façons. A partir d’une impression, comme « un délit de sale gueule », une antipathie absurde, soit par une expression, à savoir une idée qui exprime adéquatement la chose rencontrée. On peut le dire d’une autre façon : soit nos perceptions se mesurent à la force des rencontres extérieures que nous subissons ou contrarions, soit en déduisant correctement les événements des causes qui nous déterminent. Mais, il est tout à fait possible à l’esprit humain de percevoir d’une troisième espèce de vision, celle qui advient de l’intérieur, celle qui visualise ce qui lui arrive en parfaite harmonie avec sa venue.
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jeudi 21 août 2008
Par Léo Scheer,
jeudi 21 août 2008
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Par Léo Scheer,
jeudi 21 août 2008
Le Blog de Marilou est ouvert,ici, ou en bas à gauche, sur la page d'accueil du site des E.L.S.
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Par Léo Scheer,
jeudi 21 août 2008
Nous avons envoyé le BAT de La Revue Littéraire à l'imprimeur Laballery. Elle devrait être en librairie dans trois semaines. Voici le sommaire :

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Par Léo Scheer,
jeudi 21 août 2008
Selon le Financial Times, la télévision d'état chinoise CCTV, qui n'a payé que 6 millions € les droits de diffusion des JO de Pékin, a vendu pour 260 millions € d'espaces publicitaires. + 4.333 % de taux de profit, ça c'est du sport! France Télévision pourrait aller y faire un stage.
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Par Léo Scheer,
jeudi 21 août 2008
Hier, beau temps et températures assez douces. L'après-midi, je suis allé voir Kit’s Coty,¹ autel druidique ou quelque chose du genre. Il se compose de quatre pierres disposées plus ou moins ainsi :

L'ensemble fait environ 8 pieds de haut & la pierre du dessus 8 pieds au carré sur un peu plus d'un pied d'épaisseur, ce qui représente environ 70 pieds-cubes de pierre. Un yard-cube (27 pieds-cubes) de charbon est censé peser 27 quintaux, donc la pierre du dessus, si elle était en charbon, pèserait à peu près 3 tonnes 1/2. Sans doute plus si mon estimation des dimensions est correcte. Les pierres se trouvent au sommet d'une haute colline & on dirait qu'elles appartiennent à un tout autre paysage.
COUPURE DE JOURNAL
Conserve de fruit sans sucre
Bonne vieille recette paysanne
Lorsque pour la première fois une vieille paysanne m’a montré cette recette, toute simple à exécuter, de conserves de fruits à l’eau froide, sans recours au sucre ni à une quelconque cuisson, je doutais fort que cela se révèle efficace. Pourtant je trouve qu’elle s’applique parfaitement, et que les fruits offrent, grâce à cette méthode, davantage d’arôme que lorsqu’ils sont traités selon les pratiques plus usuelles. Il faut suivre les indications avec soin. Utiliser des bocaux sous vide avec des anneaux en caoutchouc. Passons à présent à la recette toute simple. Remplir les bocaux préconisés avec des fruits et les placer dans un seau ou tout autre récipient en mesure de contenir un bocal recouvert de quatre ou cinq pouces d’eau. A présent ouvrir le robinet d’eau froide, ou prendre un container d’eau froide et asperger à grande eau les fruits à même les bocaux. Ceci afin de conditionner les fruits et les débarrasser de toute impureté. Laisser couler l’eau jusqu’à ce que les bocaux soient remplis et débordent d’un pouce ou deux. Arrêter le robinet et attendre jusqu’à ce que plus aucune bulle ne remonte à la surface. Scellé le tout sous l’eau. Sortir les bocaux et les retourner. Si tout est sec le lendemain matin, tout va bien. En cas de moindre fuite, il vous faudra recommencer toute l’opération. Les fruits conservent leur arôme comme s’ils avaient été gardés au frais – T. H.S
¹Kit’s Coty House est la chambre d'un long tumulus (ancienne sépulture) située non loin d'Aylesford, en allant vers le nord.
(Traduction de Zoé et Aloïs Hiller du 21.08.08) Lire la suite
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Par Léo Scheer,
jeudi 21 août 2008
(Bré.IV-1) Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce donc de persévérer dans son être ». Cet effort, ce conatus, s’exerce pour ainsi dire de l’intérieur de tout individu. Il s’agit d’une force intrinsèque par laquelle le corps désire et augmente sa puissance d’agir. Le conatus est, d’une certaine manière, l’expression de toute la Nature lorsqu’elle est considérée comme cause de soi. Le conatus est un mode, une modalité de ce pouvoir trouvant en soi-même sa cause. Cela n’est sans doute pas facile à expliquer. Cela ne peut que se comprendre !
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mercredi 20 août 2008
Par Léo Scheer,
mercredi 20 août 2008
La Martinière a annoncé dans un communiqué le départ fin août de Emmanuel Schalit, Directeur Général adjoint du groupe d'édition et Président de Volumen (distribution/diffusion).
La présidence de Volumen sera exercée par le PDG du groupe, Hervé de La Martinière.
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Par Léo Scheer,
mercredi 20 août 2008

À David Nebrada
Comment le croire ?
Ô, mon ennemi, ne te réjouis pas à mon sujet, parce que je suis tombé; car je me relèverai. Lire la suite
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Par Florent Souillot,
mercredi 20 août 2008
Les m@nuscrits de la semaine :
- Chevalier Knight, Je me suis fait attaquer par Manhattan (126 p.)
- Joaquim Heide, À Mort (176 p.)
- Konsstrukt, Tu es une pute (76 p.)
- Nic, En Avoir deux (Nouvelle Version) (44 p.)
- Robert Dorazi, Hiver Minimus et le Cristal de Gertabor (48 p.)
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Par Léo Scheer,
mercredi 20 août 2008
Je reçois aujourd'hui la confirmation du décès de Stéphane Darnat il y a trois semaines, le 30 juillet 2008 à l'âge de 34 ans. Lire la suite
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Par Léo Scheer,
mercredi 20 août 2008
Investissements publicitaires en France au premier semestre 2008
- (1) Presse....... 3.821.000.000 € (+ 4,3 %)
- (2) Télévision.. 3.799.000.000 € (+ 1,8 %)
- (3) Internet..... 1.828.000.000 € (+38,1 %)
- (4) Radio........ 1.649.000.000 € (+ 3,2 %)
Source : IAB
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mardi 19 août 2008
Par Léo Scheer,
mardi 19 août 2008
(Bré.III-1) Le bien et le mal sont à prendre en un sens pragmatique et tout à fait extra-moral, enracinés dans ce que l’individu ressent tantôt comme joie, tantôt comme tristesse. Ce sont les vecteurs sur lesquels s’engouffre l’effort qui nous conduit à persévérer dans l’être, des ascenseurs capables de frayer la voie vers une vision renouvelée de nous-mêmes et de la nature. Au lieu de se soumettre à l’objet, le désir le produit. Au lieu d’imaginer une vérité extérieure à l’idée, l’âme doit la ramener dans l’intériorité de la pensée (« Par idée, j’entends un concept de l’Esprit que l’Esprit forme en raison du fait qu’il est une chose pensante » Eth. Déf. 2, II). Sous ce rapport, il est certain que l’éternité que vise Spinoza sera très fortement liée à ce mouvement producteur du désir mais encore au pouvoir formateur de l’idée. Y a-t-il une limite à ce pouvoir de l’idée et du désir ? Peut-on souhaiter leur extension maximale ? Comment, en s’appuyant sur un désir ainsi défini en son immanence, devenir éternel et ne déployer que des idées adéquates? Telle est finalement la question que L’Ethique va creuser au point de ramener Dieu lui-même dans cette nature qui en constitue le déploiement. Pas de chiquenaude initiale comme chez Newton, ni d’horloger hors l’horloge. Le Dieu de Spinoza est pris jusqu’au cou dans la nature : Deus sive natura, un point c’est tout ! En sorte qu’il serait tout à fait absurde de supposer que nous soyons des élus dans cet auto-déploiement de l’être constitutif de la nature, ou pis que nous soyons « un empire dans un empire ». Lire la suite
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Par Léo Scheer,
mardi 19 août 2008

Jour J pour la mise en vente du FlasPop de la lecture (Livre-Audio) par Nathalie Rheims de son livre Le chemin des sortilèges qui sera dès demain (20 août) en librairie. En cliquant sur la page d'accueil du site des E.L.S. vous voyez apparaître le FlashPop que vous pouvez soit acheter en ligne (Pay Pal sécurisé), soit commander si vous êtes libraire. (Nous contacter) pour connaître les conditions de vente aux libraires. Pour ceux qui voudraient payer par chèque bancaire, ils peuvent utiliser le formulaire "Nous contacter".
En savoir plus sur le FlashPop.
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Par Léo Scheer,
mardi 19 août 2008
Cf, les meules sur le champ de maïs. En fait, la zone de blé et d’orge était à peu près semblable, et la récolte donne 4 meules, 2 de 30’ x 18’ x 24 ‘ (de hauteur) & 2 de 18’x 15 ‘ x 20 (de hauteur). Ce qui représente environ 28 000 pieds cubes de récolte pour 22 acres. Hier beau & plutôt venteux. Un bon nombre de mûres sauvages à maturité. Les sureaux changent rapidement de couleur. Les noisettes presque totalement constituées. Fin de la valériane et de la molène. Amélioration avec finition au ciment.
Coupure de journal
Londres, W.C.1. Vous pouvez cependant accélérer la prise, améliorer la solidité et les qualités d'usure et réduire la porosité en traitant l'ouvrage fini au moyen d'une solution spéciale une fois que le ciment a pris. Ces solutions ont pour effet de ralentir le séchage quand elles sont mélangées à l'eau de gâchage, mais elles le rendent plus rapide, à l'instar de la prise finale, si elles sont appliquées sous forme d'enduit. Une livre de soude ordinaire mélangée à deux gallons d'eau est un bon procédé de durcissement. On peut toutefois obtenir un meilleur résultat avec un badigeon de silicate de sodium (verre soluble) en ajoutant 1 mesure de silicate de sodium liquide à 4 mesures d'eau (5 en tout). Les tuiles sont rincées à l'aide d'un arrosoir (?) une semaine après fabrication, et le silicate s'écoule dans les pores du ciment, formant un "gel" qui se solidifie par réaction chimique et accroît ainsi la résistance des alvéoles à l'eau et à l'huile. Un second rinçage quelques jours plus tard améliore encore le résultat. (7363)
Aujourd'hui, temps froid, venteux & assez humide. L'aubépine vire vraiment au rouge. Un peu de pluie l'après-midi.
(Traduction de Zoé et Aloïs Hiller du 20.08.2008)
Christian, nous n'avons pas les liens. Lire la suite
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Par Léo Scheer,
mardi 19 août 2008
(Bré.II-1). Le principe d’inertie que Descartes avait plus ou moins formulé et qui connaîtra toute sa fortune avec Newton veut dire que rien dans la nature ne possède de force propre ou ce que Spinoza appellerait Conatus. Un corps en mouvement le conservera aussi longtemps qu’il ne rencontrera pas un autre corps pour lui faire obstacle et un corps en repos restera en repos tant qu’un autre ne lui communiquera pas le sien. Toute force est, pour cela même, transmise. Au point d’ailleurs qu’il faudra imaginer un coup de pouce initial, un principe extérieur à la nature pour expliquer l’origine du mouvement. Toute animation observable, la plus infime comme la plus spectaculaire, ne serait alors que le résultat d’une transmission ou d’un mouvement d’emprunt, celui que la loi des chocs permettra de formaliser. Une horloge suppose qu’on la remonte de l’extérieur selon un ressort qui est dépourvu d’impetus ou d’impétuosité. On pourrait dire appétit, volition comme les physiciens du moyen âge pour expliquer comment la chute d’un corps puisse s’accélérer. Descartes nous débarrasse de tout ce langage en même temps que de toute énergie dans la matière. Il s’agit simplement d’une tension, comme le ressort des automates, et qu’un système de rouage va distribuer selon plus ou moins de complexité. Mais aucun rouage ne manifeste un effort. Son mouvement ne lui appartient pas et en cela reste inerte, ne désire rien, ne manifeste aucune puissance propre.
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Par Léo Scheer,
mardi 19 août 2008
Je crois bien que nous avons été repérés dans nos activités pirato-participatives par 20Minutes.fr, ce qui prouve qu'on peut faire grève en restant sur le pont. Nous sommes signalés ainsi :
"Sur ce blog seront publiées au fur et à mesure les pages des journaux «domestique» et «politique» qu’Orwell a rédigés de 1938 à 1942. En anglais (mais l’éditeur Léo Scheer propose des traductions en français ici). Le tout est assorti des notes de Peter Davison (celles qui se trouvent dans les «Œuvres complètes» d’Orwell) et a été validé par Richard Blair, fils adoptif de George Orwell et héritier des droits de l’auteur de «1984».
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lundi 18 août 2008
Par Léo Scheer,
lundi 18 août 2008
Voici le premier des 6 billets de l'abrégé de Jean-Clet Martin, proposés à la discussion avant sa reprise en M@nuscrits puis sur papier :
(Bré.I-1) « Une chose, selon Spinoza, ne peut être détruite que par une cause extérieure » (Eth. 3, III) . C’est là une nécessité absolue : il ne peut pas suivre de l’essence d’une chose -ou de ce qui la définit de l’intérieur- d’envelopper ni de contenir le principe de sa destruction. « Aucune chose ne contient en elle rien par quoi elle pourrait être détruite autrement dit qui nierait son existence ; mais elle s’oppose au contraire à tout ce qui pourrait la nier » (Eth. 6, III). Il s’agit du grand principe selon lequel, comme le redira Bichat, la mort provient de l’extérieur : une mauvaise rencontre, un virus, un oxygène utile mais qui ne se compose avec ma nature que très partiellement en la détruisant progressivement. Chose inévitable, du reste, pour autant que nous appartenons à une nature qui nous modifie de multiples manières et que même la nourriture dont nous avons besoin n’est pas absolument pure d’éléments qui souvent disconviennent à notre nature.
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dimanche 17 août 2008
Par Léo Scheer,
dimanche 17 août 2008
M@nuscrits mettra en ligne en septembre un petit "bréviaire" (6p) de Jean-Clet Martin. En voici la préface. Je la dédie à George-s pour sa résurrection permanente et, bien sûr, à l'auteur du blog de Philippe Val pour ses méditations.
"Abréger l’éternité : un projet qui rime à merveille avec l’art de la fiction pratiqué par Borges, un art incisif comme l’ongle qui pèse sur sa pointe à la rencontre de la matière, en un seul point, un seul impact rétréci. Mais l’abrégé est, en outre, un art de la Logique qui consiste à raccourcir et simplifier au maximum les chemins de la démonstration. Il s’agit là d’une méthode d’écriture qui conviendrait à merveille à L’Ethique de Spinoza où l’éternité est approchée selon l’ordre axiomatique de la géométrie.
Un abrégé serait une forme d’abréviation qui ferait essai au sens le plus noble du terme, essai ou expérimentation, tentative de réaliser un précipité comme cela advient du coté de la chimie lorsqu’elle extrait l’essence d’un parfum, parfum d’éternité. Spinoza parlera, quant à lui, de substance, étoffe qui va au plus simple et pare au plus pressé. Normal en ce sens qu’on ait, chez Spinoza, une seule substance pour une infinité de modes – ou de modulations - comme on imaginerait une tunique infiniment fripée, recouverte de plis, inextricables à la façon des fleuves. Les plus larges seraient des attributs produisant le sens des courants, tandis que la myriade des affluents désignerait les modes capables de capter, de diversifier ces cours. Et plus on approchera de l’étoffe, plus fines, plus nombreuses seront les ridules en mesure de la froisser.
Mais du précipité ainsi chiffonné, il sera question surtout dans l’art cinétique des vitesses, des accélérations qui constituent le rythme même de L’Ethique lorsque le propos s’intensifie pour se muer en un éclair, un réseau instantané comme celui, moins fluvial, de la lumière qui joue sur les deltas de Vermeer, quand, dans le Livre V achevé par Spinoza, l’éternité enfin adviendra sous un événement inscrit dans nos corps autant que dans nos âmes : une brûlure de notre existence qui ne saurait s’effacer jamais et qu’il ne tient qu’à chacun de développer ici-même. Alors on pourra comprendre peut être que, sur les fleuves de Vermeer et Spinoza, joue la même lumière que sur les rives de l’Alhambra. D’où qu’on l’aborde l’intuition sera la même. Devant sa splendeur Mahmûd Shasbestari pourra dire que la nature toute entière « est un miroir, dans chaque atome se trouvent cent soleils flamboyants. Si tu fends le coeur d’une seule goutte d’eau, il en émerge cent purs océans…"(1)
(1) Eva de Vitray-Meyerovitch, Anthologie du soufisme, Paris, Sinbad 1986, p. 290, cité également par Christine Bucy-Glucksmann, in Philosophie de l’ornement, Galilée, p. 99."
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Par Léo Scheer,
dimanche 17 août 2008
Chaud et beau, plutôt venteux
L’orge, du champ de 22 acres, n’est pas encore en gerbes, mais le blé est gerbé et produit deux gerbiers mesurant, autant que je puisse en juger, 30’ par 18’x 24’ (hauteur) & 18’ x 15’ x 20 (hauteur). Si ces estimations sont correctes, cela représente plus de 4.000 mètres cubes de gerbes soit une tonne de grain. NB. Vérifier lorsque tout le champ sera gerbé.
Herbe à chat, menthe poivrée et tanaisies donnent à plein. Séneçon et laurier de Saint-Antoine sur le point de germer. Quelques mûres sauvages à maturité. Le sureau vire au pourpre. Les planches en chêne etc, issues des branches et non du tronc, connu pour être du chêne bâtard et meilleur marché. Des madriers désaffectés sont vendus ici à 1£ =1 =0 10 cwt. Ce qui représente environ 1/- chaque, ie. 2d pour un pied.
Coupure de journal
Le bois de Greenheart, probablement le plus durable au monde, entre dans la famille du laurier et pousse au sommet des versants des hautes terres de la Guyane britannique. De couleur vert foncé, il est si lourd qu’il coule et requiert un bon lustre. Sa grande élasticité le rend parfait pour la fabrication de cannes à pêche et l’extrémité des queues de billard, il entre dans la catégorie A1 du Lloyd’s dans la construction navale et nous sert en outre de piliers pour les pontons, les jetées, les docks et les écluses. Il résiste à l’attaque des parasites sous-marins tels que le termite de mer et - beaucoup moins vulnérable que la plupart des bois - même des bois durs tropicaux, à l’attaque des termites terrestres.
Le bois de Greenheart a été amplement utilisé dans la construction du canal de Panama. Ailleurs, on a sorti de l’eau des piliers conçus dans ce bois, pour les découvrir en excellent état de conservation après 80 ans passés en immersion.
Au musée de Glasgow, deux madriers récupérés des restes d’un naufrage sur la côte ouest de l’Ecosse depuis plus de 18 ans : l’un, en teck, tombe presque en poussière; l’autre, en bois de Greenheart, est légèrement piqué à la surface. Un tronc de bois de Coeur mesurant 45 pieds sur deux pieds sur deux, pèse six tonnes. A.B.
(Traduction de Zoé, liens de Christians, le 17 août 2008) Lire la suite
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samedi 16 août 2008
Par Léo Scheer,
samedi 16 août 2008
Un iceb@rg est un fragment de M@nuscrit qui s'est détaché du texte pour venir flotter à la surface d'un blog.
Voici le bout d' Une complétude de Beauté et beauté le roman d'Alain Descarmes, un ami de Duras.
1. Cela se passe à Paris au printemps. Deux personnes s'aiment en présence d'une troisième, à moins qu'il ne s'agisse de l'absence de cette troisième personne. Et à moins encore qu'il n'y ait là qu'une seule personne. Cela se passe à Paris au printemps, et à Calcutta. A l'origine je n'avais pas mesuré la permanence de Calcutta en moi, quelque chose comme cela, au-delà de l'alternance de mes voyages là-bas. Mais je supposais désormais la réalité de cette permanence, d'une répétition et d'un arrachement, de cette sorte de dépossession : je commençais à reconnaître quelques phénomènes épars, tout le long de la surface du temps et voyage après voyage, qui témoignaient de cette répétition et de ma dépossession d'alors, qui témoignaient de Calcutta.
Combien de temps duraient mes absences ? C'était d'une violence physique précise et incontrôlable, celle d'une aimantation soudaine et exclusivement intime en son amorce, même si la chose déviait rapidement et inévitablement en direction de quelques autres : sans doute y avait-il toujours eu une joie en cette violence, j'en conviens aujourd'hui, une irradiante joie intime et aucune autre cause à cela, à cet arrachement de Calcutta. Mais à présent je ne voulais plus. Je ne voulais plus laisser faire ni laisser venir cela. Comment s'y prendre ? Lire la suite
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Par Léo Scheer,
samedi 16 août 2008
Plusieurs jours de temps instable, pluvieux & parfois chaud. L’essentiel du blé et de l’orge est à présent coupé et en gerbes. Cueillette de mûres sauvages plus ou moins mûres par des enfants, il y a deux jours. Ai vu un hibou blanc il y a deux nuits. Et puis aussi, de loin un autre oiseau, probablement un petit hibou.
Les marrons d’Inde ont trouvé leur taille mais pas encore la maturité. Les cônes de houblon environ de la taille de noisettes. Hier, je suis retourné au Zoo*. Une nouvelle portée de lionceaux blancs, un petit peu plus gros qu’un chat domestique & attirent une grande curiosité. Ceux nés, il y a un an à peine, sont à peu près de la taille d’un Saint-Bernard. La ration de viande pour un lion - sachant que c’est le seul repas de la journée - semble de l’ordre de 6 ou 7 livres.
Le mouflon de Sardaigne¹ a de gros pis comme la chèvre & donnerait probablement une pinte ou davantage. Je remarque que les sabots du zèbre, du moins la paire postérieure, sont plutôt perpendiculaires quand ceux du zébrâne ressemblent plus aux sabots du cheval. L’hybride a des oreilles très légèrement plus larges, sinon en ce qui concerne la silhouette, il est presque semblable au zèbre.
¹A wild sheep found in the mountains of Sardinia and Corsica but, by extension, any large, wild, big-horned sheep.
Traduction par Zoé le 16.08.08. Lire la suite
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vendredi 15 août 2008
Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
Pour Antoine Lefébure les opérations en Géorgie marquent un tournant dans l'utilisation du Net (Google) dans le domaine militaire, comparable au rôle joué par la télévision (CNN) en Irak. Il souligne également l' importance croissante des organismes de recherche (spécial Seds) qui suivent l’activité d’Internet.
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Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
Sur le site Europa Film Treasures on peut voir le film de John Ford Bucking Broadway DVD offert en supplément de la livraison 2004 de notre revue Cinéma 08 .
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Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
J'évoquais les enjeux rhétoriques du Net. Ce qui est en train d'apparaître en Chine semble confirmer cette tendance. Pour passer entre les mailles du filet d'un logiciel il faut créer une nouvelle langue et imposer de nouvelles règles, ce qu'est en train de faire la blogosphère chinoise.
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Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
Cher Henri,
Merci de faire livrer une caisse de 6 bouteilles de votre excellent muscat (pétillant si vous en avez) à Alain Baudemont premier lauréat du jeu de la Préface Mystère.
Comme c'est aussi son anniversaire, je joins un carton avec les livres de notre rentrée littéraire (ceux du carrousel de notre page d'accueil).
Bien à vous.
Léo Scheer
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Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
Voici la 6e et dernière page de la première préface consacrée à la vie de Proust par l'auteur anonyme (dont Alain Baudemont a réussi à deviner qu'il n'était autre que Bernard de Fallois) pour cette édition de France Loisir. Le mois prochain, le hareng sort présentera les 4 pages de la préface de la Recherche avec un autre mystère à élucider. Je garde un grand souvenir des premiers livres de poche que je collectionnais et dont j'attendais les publications, me précipitant sur la lecture de la préface. Je crois que ma génération, celle du "baby-boom" a grandi à l'ombre de ces préfaces.
Lorsque en 1908, l’idée d’une étude sur Sainte-Beuve lui apporte l’un des clés qui manquent encore, celle de « révélation » finale qui commandera toute la construction de son livre, ce n’est pas un roman nouveau que Proust entreprend, c’est le même grand livre dont il avait rêvé douze ans plus tôt.
Un Second contresens auquel donna lieu fréquemment la vie de Proust, lorsqu’elle fut mieux connue, fut la curiosité excessive qu’elle fit naître pour ses modèles. Proust ayant en effet tiré tous les matériaux de son œuvre de ses propres expériences, on crut qu’on le comprenait mieux en mettant des noms réels sur des noms de fiction. Balbec est-il Beg-Meil, Cabourg ou Evian ? Combray est-il Auteuil ou Illiers ? Gilberte est-elle Marie de Bernardaky ? La duchesse de Guermantes tient-elle son esprit de Mme Strauss et sa toilette de la comtesse de Greffulhe ? Cet intérêt anecdotique, déjà si minime quand il s’agit d’une œuvre inspirée par un évènement extérieur, disparaît tout à fait quant il s’agit d’un écrivain comme Proust, visant à l’universel, et dont les personnages nous permettent surtout de mieux voir en nous-mêmes.
La Recherche du Temps perdu n’est pas un roman à « clés », c’est un roman à « lois ». Elle rejoint par là les grands classiques. Nous ne savons plus rien d’Homère, peu de choses de Cervantès, et l’énigme de Shakespeare n’a toujours pas été résolue. Mais Hamlet, Don Quichotte et Ulysse ont toujours autant à nous dire. Le lecteur de Proust peut se rassurer : il ne perdra rien de sa lecture s’il ignore tout de la vie de l’auteur.
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Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
Le blog de philippe V est de retour. Mazel Tov ! C'est le message que je lui ai laissé pour le remercier de ce paragraphe :
"Depuis mon exil, j’ai provisoirement trouvé refuge chez un sympathique éditeur sensible à la profondeur de mes pensées et au délice de mes concepts. Là, j’ai pu rassurer les millions d’internautes orphelins qui pleuraient ma disparition."
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Par Léo Scheer,
vendredi 15 août 2008
C'est encore mieux quand on vous le chante d'une aussi sweet façon.
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jeudi 14 août 2008
Par Léo Scheer,
jeudi 14 août 2008
"Orwell doesn’t write every day, but he’ll be writing again soon. This Saturday, at a wild guess…the political journal will start when Orwell started it (7th September), so not too long to wait now…nous dit-on.
C'est l'avantage de ne pas tenir un blog... en plus je me suis trompé en pensant qu'il s'agissait d'une métaphore politique de la situation entre la Guerre d'Espagne et l'offensive Nazi.
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Par Léo Scheer,
jeudi 14 août 2008
Le premier effet de cette légende fut une magistrale erreur d’interprétation – qui mit des années à se dissiper. Trompée par la forme de « pseudo-souvenirs » que Proust avait adoptée pour son roman, confondant l’auteur avec le narrateur qui le représente, et qui lui ressemble en effet beaucoup, confortée dans cette erreur par le personnage de Swann, double charmant, paresseux et velléitaire du narrateur, la critique pensa avoir tout compris, et divisa la vie de Proust en deux parties. Il y avait eu le Proust d’avant la Recherche : un dilettante, un oisif, un mondain, souffrant d’une maladie de la volonté insurmontable, plein de talents qu’il laissait inexploités, remettant toujours au lendemain le moment de se mettre au travail. Et il avait ensuite le Proust de la Recherche : le prisonnier de lui-même, le solitaire, le travailleur infatigable qui à la faveur d’une révélation s’était lancé dans une entreprise romanesque sans précédent, ne sortant plus, ne mangeant plus, ne se soignant plus, sacrifiant tout à l’œuvre qu’il désespère de terminer. Cette vision « romantique » de la vie de Proust était belle. Mais elle était fausse.
La vérité est bien différente, elle n’est pas moins belle. Trente ans après sa mort, la découverte des manuscrits ignorés de Proust révélait sa vie véritable, sa vie secrète, sa vie de créateur. Il n’avait jamais « perdu » son temps. Il n’avait jamais cessé de travailler. Ce n’est pas au soir de sa vie, c’est au contraire dés son adolescence qu’il avait conçu son grand projet. Quand il publie en 1896 ses Plaisirs et les Jours, - où tous les thèmes se reconnaissent déjà, avec une étonnante maturité – il a déjà commencé un grand livre, dont il ne parle à personne, un livre unique, qui sera le roman de toute une vie, un roman qui ne ressemble à aucun autre. Car au lieu de raconter une histoire il recueillera les instants privilégiés, les moments essentiels de son existence. Un roman qui sera plus qu’un roman et contiendra sa propre philosophie, « vision » des choses et des êtres.
Ce roman, véritable préfiguration de la Recherche du Temps perdu –on l’a publié depuis sous le titre de Jean Santeuil – ne devait jamais voir le jour. Proust était trop jeune, il n’avait pas encore les moyens de sa grande ambition. Il lui faudrait encore plusieurs années pour découvrir les éléments essentiels qui caractériseront son art : la forme des « pseudo-souvenirs », à la première personne, qui lui convient mieux que celle du roman autobiographique à la troisième personne, le rôle central du temps dans la psychologie et la vie sociale, le besoin d’un but vers lequel tendent tous les « moments » qui composeront son livre. Peu après 1900, Proust abandonne en effet le manuscrit de Jean Santeuil. Mais il ne renonce pas au projet. Et tout ce qu’il publiera dans les années suivantes – préfaces, notes, articles, pastiches – sera pour lui autant d’exercices mettant au point peu à peu son art romanesque.
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Par Léo Scheer,
jeudi 14 août 2008
Je n'avais pas vu ce commentaire des éditeurs du blog :
To the many of you who were hoping for translations into other languages… we’re signed up at Der Mundo, an online collaborative translation project, which you can find at http://orwelldiaries.dermundo.com/. Je crois que pour la version française, il n'y a pas photo avec ce qui se fait ici...
En attendant, le blog original est toujours bloqué au 12 août.
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Par Léo Scheer,
jeudi 14 août 2008
Cette vie mondaine se poursuit au-delà de 1900, elle s’élargit même de nouvelles amitiés –Antoine Bibesco, Bertrand de Fénelon, Guiche, Radziwill, Albuféra – mais dans un paysage assombri. Proust a trente ans. Il n’a rien produit. Il se consacre à traduire et préfacer un philosophe anglais, peu connu en France, John Ruskin. Les uns après les autres, ses amis de jeunesse s’éloignent. Ses parents s’inquiètent pour lui. Bientôt son père va mourir (1903), puis sa mère (1905), deuil irréparable, la seule séparation qu’il pensait ne pas pouvoir supporter. On le croyait promis à un plus grand avenir. Ne sera-t-il jamais qu’un préfacier ? Même cela semble trop. Après la mort de sa mère, le désespoir l’envahit. Il fera un séjour volontaire de quelques semaines dans la clinique du docteur Sollier. Rentré chez lui, il ne donnera pendant plusieurs mois que quelques articles au Figaro.
Et brusquement, au cours de l’année 1908, voici que commencent les « années-Swann » - deuxième versant d’une vie qui semblait à tous, et à lui-même peut-être, condamnée à l’échec. Voici le départ de l’appartement familial de la rue de Courcelles, et l’installation boulevard Haussmann. La chambre aux murs tapissés de liège. Le silence. Un isolement presque complet. Le jaillissement de l’œuvre. La dernière page écrite avant la première. Un travail incessant. « Long à écrire », dira-t-il. Pas si long que cela : trois ans à peine. Dès la fin de 1911, c’est la recherche d’un éditeur, les refus successifs de tous les « grands » - la NRF, Fasquelle, Ollendorf. L’accord enfin obtenu d’un débutant, promis à un bel avenir, Bernard Grasset –mais à la condition que Monsieur Proust prenne à sa charge tous les frais de l’édition. La publication de Du côté de chez Swann en 1913 – dans l’indifférence, presque générale et avec un accueil réservé, plutôt tiède, de la critique. La guerre empêchant la publication du deuxième volume, qui ne paraîtra qu’en 1919 dans une jeune maison prestigieuse, la NRF, et précédée d’une rumeur très flatteuse. Le prix Goncourt, obtenu un peu plus tard, grâce aux efforts de Léon Daudet. Trois années encore de travail acharné, les cahiers de la Recherche, les « becquets » prolongeant, démultipliant les pages à l’infini, les soins de Céleste Albaret, les rares visite de quelques amis, une fin de vie héroïque, et la mort avant la parution des deux derniers volumes, Albertine disparue et Le temps retrouvé.
L'une des plus grandes aventures littéraires de ce siècle, et probablement de tous les siècles, s’achève. La vie de Proust est terminée. Sa légende commence.
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mercredi 13 août 2008
Par Léo Scheer,
mercredi 13 août 2008
Hier, sur le site de mon ami Antoine Lefébure (à suivre au jour le jour), un billet très intéressant :
La Géorgie ne répond plus.
Conscient que la guerre se gagne aussi sur le terrain de la communication, la Russie a doublé son offensive militaire contre la Géorgie par une véritable guerre électronique qui a paralysé les communications du petit pays. Dès samedi, le site Internet de la présidence géorgienne (http://www.president.gov.ge/) a été mis hors service par des attaques concertées (denial of service, DDOS) lancées à partir d’un puissant centre de commande et de contrôle. Lire la suite
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Par Léo Scheer,
mercredi 13 août 2008
Message de Winston aujourd'hui 13 août 2008 :
13th August 1938 - “rain had peculiar persistence today; unfortunately the damp has ruined the page for today’s diary entry so I will do as the King suggests and politely offer “No comment!”.”
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Par Léo Scheer,
mercredi 13 août 2008
On me dit que le buzz pour le livre de Nathalie est excellent. Il s'agit d'un phénomène qui est en train de devenir essentiel pour le destin d'un livre et coïncide avec le développement sur le Net du buzz-marketing. Les outils de mesure sont encore très approximatifs, mais l'éditeur dispose déjà de quelques critères objectifs. Ainsi, le buzz d'un livre va "dérouler" sa rumeur sur ses "cibles" successives :
1) libraires 2) journalistes 3) lecteurs.
L'effet auprès des libraires se mesure par l'écart entre les "objectifs" de mise en place et l' "atterrissage" (commandes réelles des libraires au terme de la tournée des représentants en librairie. Par exemple, le Chemin des sortilèges a obtenu un "atterrissage" de coefficient (x2) par rapport aux "objectifs" fixés aux représentants, signe que le buzz (libraires) a bien fonctionné.
Du côté des journalistes, c'est beaucoup plus difficile à mesurer objectivement, le nombre de demandes de SP et de demandes de photos de l'auteur pour illustrer les articles sont des signes avant-coureurs, mais ils ne permettent pas à l'attaché de presse de deviner si "ça va être bon ou pas", c'est encore, ici, surtout la technique du "doigt mouillé" et l'expérience qui font la loi.
Quant aux "buzz" des lecteurs, on en est toujours au "casino". C'est peut-être pour ça que j'aime autant jouer aux machines à sous : je m'entraîne pour la rentrée.
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Par General,
mercredi 13 août 2008
On apprit à connaître les « années-Condorcet », le lycée de la rive droite, non loin de la gare Saint-Lazare, où Taine et Sainte-Beuve furent élèves, où Mallarmé fut professeur, et que fréquentaient à l’époque les enfants de la riche bourgeoisie de la plaine Monceau. Proust y fit des études que sa santé fragile rendait intermittentes, mais il passa tout de même facilement son baccalauréat (1889) et obtint un prix de philosophie après avoir suivi les cours d’un professeur remarquable, Alphonse Darlu, qui marqua durablement sa pensée. On connut sa passion du théâtre. On connut ses camarades – Jacques Bizet, Fernand Gregh, Daniel Halévy – qui admiraient ses exceptionnels dons littéraires, mais qu’agaçait un caractère trop sensible. On lut le fameux « questionnaire » auquel Proust répondit à treize ans, et on compara ses réponses à celles qu’il fit au même questionnaire sept ans plus tard : dans l’un comme l’autre, il est déjà tout entier.
On le suivit au cours des « années mondaines », qui commencent à sa sortie du lycée, et dureront plus de dix ans. Années actives, années heureuses. Sa santé n’est pas rétablie mais elle s’est améliorée. Elle ne lui permet pas –c’est du moins ce qu’il expliquera à ses parents –de choisir un métier comme ses camarades : après deux années à la faculté de droit et à l’Ecole libre des sciences politiques il sera nommé attaché à la bibliothèque Mazarine, mais n’y mettra jamais les pieds, et sera considéré comme démissionnaire en 1900. Mais elle ne l’empêche pas de remplir ses obligations militaires à Orléans (1889) ni de faire plusieurs voyages avec des amis –à Ostende en 1889, à Saint-Moritz en 1893, à Bell | |