669. Préface Mystère. PROUST (2) par le hareng sort (de sa réserve)
Par General, mardi 12 août 2008 :: #669 :: rss
De plus, il n’a jamais vraiment appartenu au sérail littéraire. Les grands aînés –Anatole France, ténor de la gauche, Maurice Barrès, ténor de la droite - se souviennent très bien d’un petit jeune homme appelé Marcel Proust, qui fréquentait les « salons » dans les années 1900, et ne leur ménageait pas son admiration. Mais il est douteux qu’ils aient lu cette œuvre qui a commencé à paraître voilà une dizaine d’années, dont la publication n’est pas encore achevée, et qui effraie tout le monde par son énormité. Quant à ses cadets, ils sont trop occupés à se faire une place dans le Paris de l’après-guerre pour s’intéresser à un livre où il est question, dit-on, que de duchesses. L’étrange humain, le reclus de la chambre de liège, le visiteur nocturne de l’hôtel Ritz est entouré d’une réputation de mystère, à laquelle s’ajoute - on commence à murmurer qu’il était homosexuel - un léger parfum de scandale. Et c’est tout.
Mais au bout de quelque temps, les langues se délièrent. Des souvenirs, des portraits, rares d’abord, puis de plus en plus nombreux, furent publiés. Une inépuisable correspondance -elle ne comporte pas moins de dix-huit volumes aujourd'hui - commença à être publié. Et peu à peu, à mesure que la gloire de Proust était reconnue, grandissait, franchissait les frontières, on se mit à explorer, dans tous ses détails, la vie du « petit Marcel ».
On découvrit les années d’enfance. La naissance : à Auteuil, en juillet 1871. Les parents : son père, le docteur Adrien Proust, d’une famille catholique beauceronne, sa mère, Jeanne Weil, d’une famille juive alsacienne. Deux familles, deux traditions, deux caractères, deux « côtés » : fort différents, mais très unis. Les lieux : l’appartement du boulevard Malesherbes, et les deux maisons de « vacances » : la maison d’Auteuil –côté Weil- et la maison d’Illiers -côté Proust. Deux maisons qui seront un jour confondues dans un livre, pour donner naissance au village le plus célèbre de la littérature française, Combray. Enfin la maladie : à neuf ans, une première crise d’asthme pulmonaire, violente, qui allait faire de lui pour toujours, un demi-vivant.

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1. Le mardi 12 août 2008 par marie
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