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mardi 15 mai 2012
Par general,
mardi 15 mai 2012
La Finlande ne laisse pas de glace
par Didier Gourin
L’ambassade de France en Finlande, un endroit guère chaleureux. C’est pourtant ce lieu que Dominique Julien, 34 ans, prof de philo à Brest, a choisi pour son dernier roman. Il y fait débarquer Gérard Vaginay, un Français tout frais diplômé de Sciences Po.
Ce Gérard est un drôle de type. Il aime se laisser vivre et regarde avec gourmandise ses semblables, pour traquer leurs petits défauts et grandes faiblesses. Avec le personnel de l’ambassade, il est servi. Il dresse des portraits hilarants de cette micro-société qui compte quelques individus déjantés. L’auteur s’est inspiré des récits d’un ami qui a travaillé au sein d’une ambassade de France et porte un regard corrosif sur ces pays nordiques « toujours cités en exemple ». Les Finlandais ne sont pas des saints tous unis par le même amour de la nature.
Gérard, le héros du livre, n’est pas un foudre de guerre, mais il a sa petite ambition : inviter Alain Delon au festival annuel de cinéma organisé par l’ambassade. Le récit burlesque garde son souffle jusqu’au bout. De quoi accélérer la fonte des neiges en Finlande.
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samedi 12 mai 2012
Par general,
samedi 12 mai 2012
Laurence Neuer consacre sa dernière chronique au livre de Jean-Claude Magendie, Les Sept Péchés capitaux de la justice française (en librairie depuis mercredi).
Les sept péchés capitaux de la justice française
par Laurence Neuer
La misère rend la justice incapable d'assurer au droit la place qui lui revient dans une société développée. "Méprisée matériellement", faute de moyens suffisants mis au service de ceux qui l'exercent, la justice est aussi de moins en moins prévisible, car de plus en plus complexe. Elle est illisible pour le commun des mortels. Paupérisée, voire "misérable", vecteur de lenteur et d'inefficacité, la justice offre aux citoyens un visage "archaïque et poussiéreux". Et il est temps d'en finir avec le juge "bonne à tout faire". Bref, la justice est à bout de souffle, au bord de la paralysie, observe l'ancien premier président de la cour d'appel de Paris dans un opuscule au titre décapant, Les Sept Péchés capitaux de la justice française (éditions Léo Scheer, mai 2012). Mais une fois le diagnostic posé, quelles sont les solutions ? "Il faut déjà reconnaître la justice comme un pouvoir et non plus comme une autorité, car telle est la condition de son indépendance", souligne le magistrat, du haut de ses 37 ans de carrière, qui s'est ouvert d'un ambitieux programme pour une refondation de l'institution judiciaire auprès des juristes de haut vol invités à participer au dîner débat organisé le 10 mai par le Club des juristes. Lire la suite
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mercredi 9 mai 2012
Par general,
mercredi 9 mai 2012
Claire Berest, auteur de La lutte des classes. Pourquoi j'ai démissionné de l'Éducation nationale.
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samedi 5 mai 2012
Par general,
samedi 5 mai 2012
lundi 23 avril 2012
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lundi 23 avril 2012
"Passeurs d’axolotls" : Un article de Pierre de Chocqueuse, paru sur "blogdechoc" (blogdechoc.over-blog.com), au sujet du texte de Jean-Louis Wiart, publié dans La Revue littéraire n°52. Lire la suite
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samedi 21 avril 2012
Par general,
samedi 21 avril 2012
Sur son site : Strass de la philosophie, Jean-Clet Martin évoque le second texte de Mehdi Belhaj Kacem dans la collection Variations des ELS : ''La seconde vie de l'opéra''.
Le chahut des sirènes... C’était le cas de la peinture aux XIXe siècle qui n’était pas seulement de plâtre et d’atelier mais édifiante d’une morale de pacotille au point de dégorger partout du mythe grec ou de l’épisode biblique. Comme si le dessein du dessin ne pouvait avoir d’autre destination que l’instruction de vertus théologales visibles par le montage, la mise en scène picturale que l’opéra porte à son comble, relayée bientôt par le cinéma qui lui emprunte la puissance audio-visuelle. Mais le sérieux de la peinture ne se trouve pas restitué dans l’espace de la scène ouverte par les trois ailes de l’opéra que sont la musique, le jeu et le texte.
Cette triple texture de l’opéra est abordée par Mehdi Belhaj Kacem selon la saturation d’une impossible jointure. Alors le mythe, le récit, l'organisation de la fable se voient sans cesse mis à mal par des actes dont la parodie ne vise le bien que pour montrer le mal, au travers de sujets finalement louches, bifurquant en des sens grotesques, hors toute rédemption comme le montre à merveille Salomé, opéra par lequel s’ouvre cet essai. A l’opéra, le mal, l’obsession d’histoires peu éloquentes nous projettent dans un univers qui n’a plus grand-chose de commun avec la mise en intrigue du mythe théâtral -le sérieux de Wagner mis à part et soigneusement cloisonné par Nietzsche déjà qui lui préférait l’esprit de légèreté qui sied à Verdi ou à Bizet dans ce qu’il ont peut être de plus comique, histoire de rejouer contre l’ordre édifiant du Tragique la légèreté même : le plus grand oubli de l’histoire, le texte effacé d’une poétique qui met en scène le délitement comique, le grand rire auquel -si mes souvenirs sont exacts- Aristote avait dédié la deuxième partie à jamais perdue de la poétique. Lire la suite
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lundi 16 avril 2012
Par general,
lundi 16 avril 2012
Au revoir et merci
Grâce à Léautaud, il s'est révélé sur le tard. La preuve avec ce nouveau recueil de souvenirs où Serge Koster, 72 ans, continue d'écrire sous le manteau élimé du vieux diariste de Fontenay-aux-Roses.
Qu'importe à ce juif d'origine polonaise que Léautaud eût été judéophobe: sa dette à son égard est plus forte que les reproches dont il pourrait l'accabler. Sans l'auteur atrabilaire du «Journal littéraire», jamais l'austère Koster n'aurait osé se mettre à nu, se préférer, se mal aimer, avouer sa vanité, abandonner la fiction pour l'égotisme, faire la liste de toutes ses maladies (dont une fistule anale), exprimer son amertume d'être méconnu, peu lu et très pilonné, reconnaître avoir écrit quelques livres «inconsistants», vitupérer le milieu littéraire qui l'a souvent négligé, ou donner les noms de ceux avec qui, pour des vétilles et le goût de se fâcher, il s'est brouillé.
Mais la gratitude dont ce livre est plein va bien au-delà de Léautaud. Ici, Koster glorifie la femme de sa vie, la France qui a accueilli ses parents en fuite, les paysans sarthois qui l'ont caché pendant la guerre, son père spirituel Francis Ponge, Claude Lanzmann - «L'avoir connu est un cadeau du destin» -, ou encore Michel Tournier, avec lequel il s'est réconcilié en buvant un monaco. Impossible de ne pas être ému par ce récit d'un écorché vif calmé par la grammaire, d'un fils d'apatrides dont la littérature a été la seule patrie.
J. G. le 11.04.12
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jeudi 12 avril 2012
Par general,
jeudi 12 avril 2012
L'artiste The Next Pen a réalisé la couverture du nouveau livre de Rip, Moleskine (en librairie depuis hier). Il raconte l'histoire de cette création dans une vidéo :
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mercredi 11 avril 2012
Par general,
mercredi 11 avril 2012
TOUT LES INGRÉDIENTS DE LA PROCHAINE CRISE SONT RÉUNIS.
Morad El Hattab anticipe la prochaine crise
Dans « La vérité sur la crise », Morad El Hattab nous avait offert une somme résumant les aspects de la crise, parlant des excès de la finance, revenant sur l’histoire des crises, et décrivant l’impasse de l’Europe. Dans « Kriz », il revient sur les développements des deux dernières années.
Une crise dont nous ne sommes pas sortis Lire la suite
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jeudi 5 avril 2012
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jeudi 5 avril 2012
Information publiée sur le site FABULA par Matthieu Vernet (source : Mision action culturelle BULAC)
Dans le cadre du programme régional de "Résidences en Île-de-France", Claire Fercak et la bibliothèque universitaire des langues et civilisations vous invite à la soirée Publier son premier roman, le 12 avril à 19h.
Auteur en résidence à la BULAC, Claire Ferçak reviendra sur ce moment particulier dans la vie d'un auteur, en compagnie d'Yves Pagès, son éditeur, Arnaud Cathrine des éditions Verticales et Claire Moyrand, publiée aux éditions Léo Scheer.
La publication d'un premier roman est le reflet d'un parcours unique. Écrivains ou éditeur, ils retraceront leur entrée en littérature et détailleront les rapports développés avec le monde de l'édition, au moment de la publication de leur premier roman.
Claire Moyrand lira avec Claire Fercak un extrait de son premier roman, Rien de mon visage, paru en mars 2012 aux éditions Léo Scheer.
«'' Le mardi 12 novembre 1991, Suzanne Moisson est morte. Un mois plus tôt, elle s’était cassé le col du fémur.
Ensuite, tout était allé très vite. À son âge, ce genre d’accident était presque toujours fatal. J’avais douze ans et pour moi, Suzanne Moisson n’existait pas.'' » Lire la suite
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mercredi 4 avril 2012
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mercredi 4 avril 2012
Voici, sur Peeping Tom de Alessandro Mercuri, une remarquable critique de Fabrice Andrivon sur le site "Shangols" consacré au cinéma. Fabrice Andrivon est le propriétaire de la Librairie Le Haut Quartier à Pezenas
Voilà un objet doucement barré qui nous tombe du ciel, qui navigue à vue sur des cordes aussi fines que belles en funambule du style et de l'inspiration. Des inspirations, il en a plein, le gars Alessandro : son bouquin aborde aussi bien l'architecture selon les castors, Mandrake le magicien, Schopenhauer, les cartoons gore, le système solaire ou Piero della Francesca. Lire la suite
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mercredi 4 avril 2012
SPOOF PHILOSOPHY
Brillante analyse de Clément Ribes, écrivain et professeur à Harvard sur le blog "L'Hermite critique"
Pour tous les lecteurs qui, comme moi, aiment les textes (romans ou autres) qui explorent notre monde post-moderne dans une recherche formelle intéressante et originale, la lecture de Peeping Tom, d’Alessandro Mercuri, ne peut être que réjouissante et stimulante. L’auteur avait déjà publié il y a quatre ans, un ouvrage, Kafka Cola (aux mêmes éditions, chez Léo Scheer), dont j’avais lu quelques bonnes critiques mais que je n’avais pas eu l’occasion de tenir entre mes mains. Aujourd’hui donc, j’ai pu me plonger dans ce qui est présenté comme la suite du premier livre. Alors, qu’est-ce que Peeping Tom ? Peeping Tom est tout à la fois une archéologie errante du concept et des manifestations de l’imposture, une suite de divagations sur des sujets aussi variés que les Happy Tree Friends, Piero della Francesca, Schopenhauer et Hegel, une recueil d’essais comiques et mordants.
Peeping Tom élabore une façon de philosopher qui rompt avec nos habitudes. C’est une promenade dans les images, un collage de références et d’éléments qui se rencontrent pour produire du sens. Mais cette nouvelle façon de philosopher s’inscrit dans une remise en cause du mode traditionnel d’expression et de pensée de la philosophie : le texte le plus “philosophique” (dans une acception classique) est paradoxalement le premier chapitre du recueil (“Malavita Filosofica”) qui est composé en vue de dénier à la philosophie sa pureté et son grand récit d’incorruptibilité. Dans ce chapitre qui a le mérite d’être accessible aux non-philosophes, est rappelée la critique de Hegel par Schopenhauer. N’ayez crainte si vous n’avez pas une connaissance pointue de la philosophie, les termes de la critique sont clairs et l’auteur se charge de nous accompagner dans la compréhension des enjeux de ce chapitre-préface. Lire la suite
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jeudi 29 mars 2012
Par general,
jeudi 29 mars 2012
De l’axolotl (La Revue Littéraire)
Par Jean Louis WIART
Parmi les textes publiés dans ce numéro « nouvelle formule » du bimestriel La Revue littéraire se trouve une nouvelle de Jean-Louis Wiart dont les lecteurs réguliers du journal Les Allumés du jazz connaissent déjà la plume.
Membre du collectif de labels phonographiques du même nom, Jean-Louis Wiart l’est en tant que fondateur du label Axolotl. Ce dernier emprunta son nom à une nouvelle de Julio Cortazar qui inspira à François Trusques « Octaèdre », le premier disque du catalogue Axolotl qu’ont enrichi depuis Frédéric Jeanne, Cesarius Alvim (en duo avec Lee Konitz), Patrick Favre ou Guillaume de Chassy.
Sa nouvelle De l’axolotl ne nous apprend rien sur ce label dont certaines références se retrouvent en licence chez Frémeaux, mais confirme le talent littéraire de cet amateur de musique. Il livre un texte plein de distance et d’humour sur cette curiosité de la nature qu’est l’axolotl, sans qu’on sache très bien s’il s’agit d’un cours de biologie, d’un pur prétexte à l’exercice de l’écriture et du rêve éveillé ou d’une fable dont le lecteur est invité à découvrir la morale. Qu’il réponde ou non à cette invitation, ce dernier aura passé un moment fort distrayant.
Franck Bergerot
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jeudi 29 mars 2012
Sibylle Grimbert, La Conquête du monde
par Marianne Payot
Née en 1967 à Paris, Sibylle Grimbert a déboulé sur la scène littéraire en 2000 avec Birth Days, roman sur l'identité éclatée, qui connut un succès d'estime. Après Il n'y a pas de secret, Toute une affaire ou encore Le vent tourne, voici son septième roman.
Pourquoi ? Parce que cet auteur excelle à décrire les fêlures du citoyen moderne, tout à sa quête de réussite. Ou comment devenir ce que la société attend de nous, jusqu'à ce que le vernis craque, que les démons du passé resurgissent.
Dans La Conquête du monde, c'est Ludovic, brillant avocat, qui perd les pédales. Une histoire stupide de bout de salade entre les dents, un mot malheureux, et l'édifice s'affaisse, les gaffes et les déconvenues s'accumulent. Et sont narrées avec une plume aussi narquoise que jubilatoire.
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lundi 26 mars 2012
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lundi 26 mars 2012
Arthur Rimbaud et le foutoir zutique, de Bernard Teyssèdre, chroniqué sur nonfiction.fr, “le quotidien des livres et des idées”, par Eddie Breuil.
Bernard Teyssèdre fournit une somme sans fioriture sur la période zutiste de Rimbaud.
Les éditions Léo Scheer ont publié un ouvrage de Bernard Teyssèdre sur le rapport de Rimbaud au cercle (et à l’album) zutique. Une somme de près de huit cents pages, au prix raisonnable, sur cette période durant laquelle Rimbaud fréquente un milieu relativement iconoclaste. Malgré la notoriété de l’album, peu d’études d’ensemble existent : Pascal Pia avait fourni d’importants commentaires dans son édition fac-similé de 1961, et récemment, en 2010, sous la direction de Seth Widden, des études sur l’album avaient été réunies aux éditions Garnier. L’avantage du travail de Bernard Teyssèdre est de tenter une sorte de biographie de l’album et du cercle zutique, de réaliser un récit précis et très documenté de cette période.
L’ouvrage oscille donc entre biographie de l’œuvre (« genre » qui semble se développer actuellement) et essai. Il est intéressant pour sa composition même : le récit est ponctué de sortes d’interludes, à savoir des lexiques (portant sur les poèmes essentiellement), de courtes monographies (sur les différents protagonistes du cercle zutique), etc. Ces interludes sont insérés dans les différentes sections, sans transition, ce qui a l’avantage d’éviter de longs récits ; ils apparaissent alors comme des apartés, des documents apportés à la réflexion. Ce parti pris remet en cause le statut traditionnel de l’annexe, en déplaçant donc ces éléments à l’intérieur même du récit. Ainsi, un tableau chronologique sur la datation des textes de Rimbaud est inséré dans le chapitre sur la chronologie de l’album. Mais ce choix implique donc l’absence de répertoire unique (informations sur les différents protagonistes) et la dispersion de ces informations-là où elles semblent utiles à l’auteur. Cette structure intéressante et qui implique un réel plaisir de lecture a cependant des inconvénients : elle privilégie la lecture linéaire et l’accès à certaines informations est rendu plus difficile, notamment à cause de la gênante absence d’un index des titres de poèmes, lequel se serait avéré particulièrement utile en raison du sujet même de l’ouvrage.
L’ouvrage reste tout de même une somme importante, mais oscille effectivement entre l’apport documentaire (conséquent) et l’interprétation personnelle, qu’il est parfois possible de ne pas partager. En particulier lorsqu’il s’agit de donner une lecture homosexuelle à certains faits ou poèmes. Ainsi, lorsqu’il est question de Verlaine qui dirait à Delahaye que Rimbaud devrait avoir une compagne pour le guérir des rhumatismes dont il souffrait, Bernard Teyssèdre ajoute qu’il s’agit “d’une façon de laisser entendre que cet adolescent ne baisait pas assez et que lui-même ne participait pas à la cure”. Le fameux Sonnet du trou du cul (écrit à deux mains) serait à lire de la même façon : volonté d’afficher et de revendiquer l’homosexualité de Verlaine et Rimbaud (le sonnet n’est pourtant signé que de leurs initiales, et la volonté parodique semble explicite), et de bafouer les normes sociales que représenterait l’hétérosexualité. Le terme « œillet » (qui est essentiellement employé par les homosexuels) apporterait une preuve supplémentaire à cette thèse ; pourtant le terme « comme » dans « comme un œillet violet » pourrait aussi bien démontrer le contraire puisque la comparaison n’est pas une identification.
Pourquoi voir nécessairement un aveu d’homosexualité alors que plusieurs éléments apportés ne semblent pas aller dans ce sens, comme le témoignage de Verlaine indiquant que ce poème est censé combler la lacune présente dans le recueil parodié d’Albert Mérat, à savoir le blason pour le « trou du cul » ? L’interprétation de Teyssèdre à ce sujet glisse progressivement vers une lecture plus politique (d’ailleurs les thèses de Steve Murphy – qui au passage est un des noms propres les plus cités lorsque l’on consulte l’index – sont largement partagées, notamment sur les idées communardes de Rimbaud), le sonnet étant censé être une « évidente provocation », un « acte de guerre sociopolitique » s’inscrivant dans une « stratégie politique ». Cela serait-il fondamentalement le problème des textes de Rimbaud : la lecture la plus simple (en l’occurrence la parodie) étant forcément considérée comme simpliste et, peut-être à cause de l’aura mythique du poète, des lectures plus profondes devant être apportées ?
Mais ces nuances sur l’appréciation ne remettent bien évidemment pas en cause le travail remarquable de rassemblement et de recoupement d’informations réalisé par Bernard Teyssèdre, et qui font de cet ouvrage un élément important dans la bibliothèque de tout rimbaldien, mais aussi (grâce à la lecture confortable permise par la composition donnée à l’ouvrage) de tout amateur, de poésie comme de l’histoire des années 1870.
Eddie BREUIL
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