1075. Les métiers de l'édition vus par Le Monde . Attaché de presse. Portrait d'Anne Procureur par Christine Rousseau.
Par Léo Scheer, jeudi 20 août 2009 :: #1075 :: rss
Après : Au commencement est le lecteur, Le Représentant : le "maquignon" de l'édition, Le stakhanoviste du stylo rouge, L'Editrice, guide et chasseur de textes, Le Monde des Livres de ce 20 août consacre, sous le titre : Attaché de presse, l'ultime maillon son 5e article sur les métiers de l'édition, il est signé par Christine Rousseau.
Attaché de presse, l'ultime maillon.
Après vingt-cinq ans passés à exercer un métier aussi ingrat qu'exaltant, rien ne semble avoir émoussé l'enthousiasme d'Anne Procureur. Tout juste l'attachée de presse des éditions Léo Scheer est-elle intimidée par la perspective d'un entretien, d'ordinaire réservé à ceux qu'elle défend : aujourd'hui, c'est à son tour de passer à la question pour évoquer une profession qui lui a ouvert de multiples univers et permis d'assouvir sa passion pour la littérature, la peinture et le cinéma. Une passion transmise dès l'adolescence par ses parents.
Après avoir quitté les Vosges, où elle est née en 1960, pour suivre des études d'histoire de l'art, elle devient assistante d'attachée de presse pour six mois chez Larousse. Confortée par cette expérience, elle rejoint Balland avant d'obtenir, en 1988, son premier poste d'attachée de presse au Chêne.
Dès lors, portée par une insatiable curiosité, Anne Procureur enrichit son expérience (et son carnet d'adresses) en passant d'un secteur à l'autre (livre d'art, sciences humaines, documents, romans), mais aussi d'une maison à l'autre : Flammarion, Plon, Flammarion à nouveau - pour y diriger le service de presse - et Robert Laffont. Quand on évoque ce "nomadisme" éditorial, elle explique : "J'ai toujours été très heureuse dans ces maisons. Je ne suis jamais partie contre, mais pour quelque chose de plus."
STRATÉGIES DE LANCEMENT
Un "plus" qu'elle a trouvé en 2007 chez Léo Scheer, en s'impliquant dans le commercial et l'éditorial. De "petites tâches" qui viennent s'ajouter à celles qui incombent à toute attachée de presse : lire la production "maison", mais pas seulement ; bâtir avec l'éditeur les stratégies de lancement ; rédiger les communiqués de presse ; rencontrer les journalistes, adapter son discours à leur sensibilité, puis les relancer avec doigté...
Si les nouvelles technologies (Internet, portable...) ont facilité son travail, rien pourtant ne remplace le contact direct. Mais, précise Anne Procureur, le goût des rencontres n'est pas tout. "Il est essentiel d'avoir une solide culture générale, de la disponibilité, une belle écoute, de la patience, de l'humilité et un grand sens de l'adaptation pour passer d'un essai à un roman, d'un auteur à un autre", insiste-t-elle.
En ce domaine, un romancier requiert plus d'attention. "Les rapports sont plus complexes car il y a beaucoup d'affect, confie-t-elle. Plus que l'essayiste, l'écrivain s'expose... au silence, et c'est douloureux. Il peut reporter la faute sur nous, dernier maillon de la chaîne. C'est un peu injuste. D'ailleurs, je ne peux admettre qu'un jour on vous célèbre et que, six mois plus tard, vous soyez bonne à jeter, alors que vous êtes toujours la même, non ?"
Quand on l'interroge sur la nécessité de défendre des ouvrages qui peuvent lui déplaire, Anne Procureur répond sans détour : "Ce n'est pas parce je n'aime pas un livre qu'il n'aura pas de succès et inversement. Il faut savoir se remettre en cause. A moi de discuter avec l'éditeur pour comprendre pourquoi il publie ce texte. Ensuite, j'ajuste mon discours. Et puis il y a suffisamment de médias pour qu'un livre trouve sa place." Même si en vingt-cinq ans, comme elle le souligne, l'espace s'est considérablement réduit dans les journaux, tout comme la durée de vie d'un livre.
Malgré tout, à la veille du grand rush de la rentrée littéraire, Anne Procureur est prête à relever le défi propre à toute petite maison d'édition : "Si nous avons des articles, nous serons ravis. Quant à un prix... il ne faut pas rêver. La bataille sera rude car les places sont chères. Le problème n'est pas tant qu'on parle de Frédéric Beigbeder ou de Marie NDiaye, mais aussi d'Eric Vuillard ou de Saphia Azzeddine." Et voilà déjà un pari presque réussi.
Christine Rousseau

Commentaires
1. Le vendredi 21 août 2009 par LeReilly
2. Le vendredi 21 août 2009 par Beaujean
3. Le vendredi 21 août 2009 par leo
4. Le vendredi 21 août 2009 par leo
5. Le vendredi 21 août 2009 par E
6. Le vendredi 21 août 2009 par Nathalie Rheims
7. Le vendredi 21 août 2009 par LEO NEMO
8. Le vendredi 21 août 2009 par jcm
9. Le vendredi 21 août 2009 par Henri
10. Le vendredi 21 août 2009 par BaKus
11. Le vendredi 21 août 2009 par NLR
12. Le vendredi 21 août 2009 par Clic
13. Le vendredi 21 août 2009 par NLR
14. Le vendredi 21 août 2009 par NLR
15. Le vendredi 21 août 2009 par Brou-ha-ha-bio
16. Le vendredi 21 août 2009 par jcm
17. Le vendredi 21 août 2009 par Clic
18. Le vendredi 21 août 2009 par Henri
19. Le vendredi 21 août 2009 par NLR
20. Le vendredi 21 août 2009 par NLR
21. Le vendredi 21 août 2009 par Clic
22. Le vendredi 21 août 2009 par Gérard
23. Le vendredi 21 août 2009 par jcm
24. Le vendredi 21 août 2009 par jcm
25. Le samedi 22 août 2009 par air yeezy shoes
26. Le samedi 22 août 2009 par Beaujean
27. Le samedi 22 août 2009 par Cécile D;
28. Le dimanche 23 août 2009 par Bakus
29. Le dimanche 23 août 2009 par Promeneur
30. Le dimanche 23 août 2009 par Clic
31. Le dimanche 23 août 2009 par Question (sans arrière-pensée)
32. Le dimanche 23 août 2009 par Talion's law
33. Le dimanche 23 août 2009 par Cécile D;
34. Le dimanche 23 août 2009 par Promeneur
35. Le dimanche 23 août 2009 par Cécile D
36. Le dimanche 23 août 2009 par ChebPapy
37. Le dimanche 23 août 2009 par NLR
38. Le dimanche 23 août 2009 par ChebPapy
39. Le lundi 24 août 2009 par Robert
40. Le lundi 24 août 2009 par Lioubov Dormeur
41. Le lundi 24 août 2009 par pascal
42. Le lundi 24 août 2009 par NLR
43. Le lundi 24 août 2009 par NLR
44. Le lundi 24 août 2009 par Marie
45. Le lundi 24 août 2009 par Béatrice Shalit
46. Le mardi 25 août 2009 par pascal
47. Le mardi 25 août 2009 par Béatrice Shalit
48. Le mardi 25 août 2009 par NLR
49. Le mardi 25 août 2009 par Parascève G.
50. Le mardi 25 août 2009 par NLR
51. Le mardi 25 août 2009 par NLR
52. Le mardi 25 août 2009 par Jeannot
53. Le mardi 25 août 2009 par pascal
54. Le mardi 25 août 2009 par Marie
55. Le mardi 25 août 2009 par leo
56. Le mardi 25 août 2009 par Béatrice Shalit
Ajouter un commentaire