1272. Traité . 18.bis. Communauté. Suite
Par general, vendredi 12 mars 2010 :: #1272 :: rss
Suite du billet (18) par Abeline Majorel.
Une communauté est constituée d un ensemble d acteurs dont le comportement dépasse largement celui de simple consommateur ou producteur d’information. Elle est d’abord une communauté d’expérience, liée soit par une manière de comprendre collective soit par un moteur de créativité. Ainsi comme le souligne Beaudoin, le virtuel est d’abord un prolongement de la sociabilité de face à face. Nous y reproduisons donc les clivages, d âges de genre et de milieu social.
Le web peut donc aider au renforcement de communautés préexistantes ( Wellman) par l’usage des filtres rendant les interactions harmonieuses en sélectionnant des profils socialement acceptables . Aussi productif culturellement qu’il peut être évanescent en terme de sociabilité, le web reproduit les principes de sociométrie et de sociologie des leaders d opinion dans chaque communauté.
Sur l'Internet, les communautés sont médiatisées et peuvent être dépendantes du média utilisé. Mais les pratiques sont cumulatives, non cannibalisantes. L’appartenance a plusieurs communautés ne crée pas d’opposition.Pas plus que les diverses facettes d'un même être dans la vie réelle. Car le fondement de celles-ci est la publication extime, donc un individualisme expressif, fondé sur la culture de soi au travers des signes qui le médiatisent. Parfois, elles relèvent plus du bricolage esthético-identitaires que réellement d’une démarche pensée, et ce car internet est le régime absolu de » justice culturelle » ( Glévarec) où le moi est une instancce centrale.
Pour performer dans une communauté ou même y entrer , deux éléments sont fondamentaux : l’affichage de ses propres caractéristiques et le relevé et la capitalisation des expériences des autres. Entre eux, les participants à une communauté forment une sorte de continuum. La culture communautaire sur le web abolit la segmentation entre production et réception et favorise le processus de don/ contredon . Même si la sociabilité y est distanciée et restreinte, la communauté web manipule le temps et l espace par la prise de décision collective, l’enrichissement et le détournement. Un membre d’une communauté est avant tout un « consommateur d’inspiration » selon l’expression de Kevin Robert. La forme de ces communautés est extrêmement variable et multiple . Pour les analyser, il semble bon , comme Laurence Allard le fait de s’appuyer sur :
- Charles Taylor et le tournant expressif des sociétés contemporaines
- Michel Foucault et les technologies du soi
- Ulich Beck et sa théorie de la réflexivite.

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