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samedi 22 mars 2008

481. JJ Schuhl in Purple Magazine

Passionnant entretient accordé par Jean-Jacques Schuhl au magazine de mode Purple (dernier numéro, printemps/été 2008). Il évoque notamment sa manière d'écrire, de faire du montage à partir d'extraits de textes en tout genre. Dans ses sources d'inspiration, à part l'art et la nuit, il cite fréquemment la mode : "Tout est dans la musique. L'inflexion indique non seulement une esthétique mais aussi une morale, ça donne une phrase vagabonde qui évoque quelque chose d'un peu bancal et clandestin. La phrase devient un peu louche, un peu voyou mais pas trop... Le clochard n'est bien qu'un peu aristocratique : pour la phrase pareil! Elle peut choquer mais il faut qu'elle garde un peu de la Tradition. Le haillon de certains groupes pop ou le choc négligé du Duc de Windsor, il faut le balancement des deux... Les vêtements même chose! Gabrielle Chanel et Yves Saint-Laurent, à leur grande époque, ça a été à la fois la déglingue et la rigueur. Avec Saint-Laurent, c'était clair, il reliait l'allure trouvée dans la rue et la tradition qu'il a su casser. La robe qui tient à peine, etc. Dans l'écriture aussi : tout est dans la forme, dans l'allure de la phrase, dans la façon dont elle se profile. Proust utilise la métaphore d'une robe pour parler de son oeuvre, il dit : "Je suis comme un couturier qui coud une robe." Moi, ce serait une robe qui aurait une ligne assez tenue, mais aussi beaucoup de coutures, certaines apparentes, d'autres pas du tout. Mais pas une robe en patchwork : on ne verrait pas tout de suite que c'est épars et hétérogène. (...) Le montage et la composition m'intéressent sans doute plus que l'écriture." Alors, Mode et Littérature?

vendredi 14 mars 2008

456. Index Dominique Aury

Comme beaucoup de lecteurs de ma biographie sur Dominique Aury ont reproché l'absence d'index à la fin du livre, c'est chose faite sur le site. Vous pouvez le télécharger sur la page d'accueil du livre.

J'espère que cela amusera les lecteurs d'aller voir la liste des noms cités dans cet ouvrage. La cohabitation de ces noms est très amusante. De plus, il est intéressant que le site des éditions deviennent un complément aux livres publiés.

Index Dominique Aury. (Établi par Laura Musseau)

lundi 10 mars 2008

440. Pure Trance de Junko Mizuno

Je viens de lire une des bd mangas de filles, d'une auteur japonaise extrêmement talentueuse. Les dessins sont oniriques et enfantins, mais aussi cruels et absurdes. C'est un mélange de plusieurs contes japonais. C'est splendide. Un cadeau de ma meilleure amie (depuis la NC), Gabrielle, toujours douée pour repérer des oeuvres totalement contemporaines et construites sur une culture. Vous pouvez découvrir tout le catalogue de la maison d'édition qui publie ces petits bijoux picturaux et délirants, Imho.

jeudi 6 mars 2008

432. Fashion Week-Fall Winter 2008-6

Pour clore cette collection automne/hiver 2008, les deux marques chic et choc, Lanvin et Vuitton, options divergentes dans l'expression du luxe. Lanvin a toujours incarné le summum de l'élégance (pour les hommes également) et Albert Elbaz a choisi, cette saison, d'accentuer le côté "habillé". Robes bustiers et manteaux de satin, des lignes horizontales (frange ou motifs rayés), vision sexy de l'esprit gothy qu'entretient le créateur depuis plusieurs années. Géométrique et dark (n°36/56). Un gros manteau pull absolument ravissant et plus casual (n°9/56). Les noeuds sont très présents dans les tenues (cet été, c'est plutôt dans les accessoires). L'autre ligne qui se dessine est l'allure bustier-pantalon cigarettes noirs, sur stylettos noires à talons hauts. Les épaules sont aussi très dénudées. Posture érotique renforcée par la présence du vynile. En deux mots : c'est très chic. En face, Louis Vuitton utilise les goûts branchés de Marc Jacobs pour atténuer l'effet bling-bling de la marque, tendance que partage Dior (les deux du groupe LVMH). Suite de tenues sobres, jupes noires, pulls en cachemire sur chemise blanche. Très "school-girl" pour faire rêver les japonaises en furie, avenue des Champs-Elysées. Beaucoup de manteaux en cachemire, point sur lequel Louis Vuitton abandonne son air nouveau-riche, pour revenir à l'imagerie des malles sur un quai de gare, dans un film des années 60. Un long manteau splendide à capuche et zip, sorte de couverture retaillée (n°7/50). Au départ, les silhouettes mélangent des couleurs pâles, enfantines, puis s'assombrissent dans des coupes très années 80 (en gros, le pantalon large aux hanches qui se resserrent en bas), poétisées par une fine influence hip-hop. Les coiffures strictes et décadrées sont décalquées des mangas. J'aime ce long manteau fermé par une broche (n°13/50). C'est donc plutôt choc. Ensuite, plus modestes et pourtant délicates, Miu Miu (petite soeur de Prada) et Nina Ricci. Muccia Prada a décliné le thème du sport-wear, dans des matières surprenantes. Quasiment des combinaisons de plongée. Les caleçons qui s'arrêtent aux genoux, souvenez-vous : les "cyclistes". Toutes les mannequins portent un bonnet noir et lisse, comme ceux qu'imposent les piscines municipales. Je préfère quand elle se rapproche du côté sport féminin avec les robes sweat-shirts, en coton, tout doux (n°14/38). Sinon, elle découpe ces matières épaisses en faisant des grands trous, qui laissent apparaître en arrière-fond le vêtement porté dessous, pour en faire ressortir les couleurs vives (fluos). Le caleçon devient étonnamment utile quand il est porté sous une robe large, protégeant les cuisses (n°33/38). Selon style.com, Muccia Prada s'est principalement inspiré des tenues de jockeys. A l'opposé, Nina Ricci repris par Olivier Theyskens (qui a quitté Rochas quand la maison a fermée). Les robes sont fluides, les hauts volent au-dessus des pantalons strench, des vestes courtes les recouvrent (n°10 & 30/51). Couleurs hivernales allant du vert mousse au marron caramel. Silhouettes androgynes, presque masculines, au début. En dehors d'une sublime robe en velours de princesse médiévale (n°36/51). Peu de manteaux, les robes sont chaudes, longues jusqu'aux mains et aux chevilles. Style hippie et fée des bois, OT abandonne discrètement ses tendances ouvertement gothys pour renouer avec cette façon ancienne qui reste attachée au nom de Nina Ricci. Quand j'étais petite, venant en France pour les vacances depuis la Nouvelle-Calédonie, j'achetais chaque fois en duty free un flacon L'Air du temps pour ma grand-mère, fascinée par le bouchon de ce parfum, deux colombes qui s'embrassent.

lundi 3 mars 2008

425. Fashion Week-Fall Winter 2008-5

Trois des plus prestigieuses marques ont défilé, avec pour point commun la continuité d'un même style. Une de mes marques préférées est Chloé, DA récemment reprise par Paulo Melim Andersson. Chloé a été façonné par trois créateurs exceptionnels : Karl (dans les années 70 et 80), Stella MacCartney et Phoebe Philo (période que j'ai connu et adoré, il y a 5 ans). Selon moi, le romantisme rock et sophistiqué qu'avait apporté à Chloé Phoebe Philo, a placé cette marque dans le luxe branché. Deux qualités pas toujours réunies. Maintenant, beaucoup de choses sont restées, mais simplifiées. Les robes et les vestes, spécialités de Chloé, sont ravissantes. Des robes imprimé fleuri, en matière floue (Phoebe Philo utilisait beaucoup l'organza), sous de magnifiques vestes ou manteaux, toujours oversize et à la coupe parfaite. Les empiècements et la broderie anglaise ornent les robes, donnant une allure à la fois hippie et dark (n°8/32). Tous les modèles pratiquement se déclinent en bleus foncés et profonds, jusqu'au noir. Les jupes, comme chez Chanel, se portent courtes sous de longs manteaux. Cela est sans nul doute "pretty", mais assez sage. La grande maison Hermès exposait les modèles dessinés par Jean-Paul Gauhtier (pour la sixième année). Une allure cherokee, jupes à frange coupées en biais, sur bottes en daim étroites. Les peaux et les fourrures sont la spécialité d'Hermès, donc passons sur les multiples cuirs utilisés. L'autre tradition d'Hermès, que j'apprécie nettement plus, le cachemire, qu'il soit manteau, châle, plaid & autres doudous. Gauthier reste fidèle à la maison en variant sur le thème des trenchs, blazers et cardigans. Les silhouettes deviennent elfiques, enveloppées de ces tissus moelleux (n°40 et 41/57). Quelques motifs orientaux viennent rehausser les tons marrons et beiges, marrons et noirs. Figure incontournable, John Galliano n'est pas un créateur que j'aime personnellement (je n'en porterais pas, ou juste pour faire le show), mais il est intéressant à suivre dans son extravagance. Une chose le rachète complètement à mes yeux, c'est que ses robes ont comme été faites sur mesure pour une amie à moi, sur elle, l'effet est bluffant, somptueux. Sinon, le défilé montre des tenues qui appartiennent plus aux costumes qu'aux vêtements. Entre l'opéra chinois et le néo-cabaret, les couleurs sont franches. Un sublime gilet en cachemire gris pâle arrive brusquement, au milieu de ce carnaval (n°17/53). Option années 80 : les collants opaques flashy (rouge, violet, bleu électrique...) qui viennent contraster avec les tenues, elles-mêmes de couleur vive & opposée. La fin tourne à l'opéra rock et Galliano reste celui qui offre le plus de spectacle (spectaculaire) dans ses créations.

samedi 1 mars 2008

423. Fashion Week-Fall Winter 2008-4

Le défilé le plus attendu est bien sûr celui de Karl pour Chanel. Un carrousel géant présente les mannequins aux côtés d'énormes sac 2.55, de perles et de camélias. Les modèles sont extrêmement soignés, issus d'un savoir-faire exceptionnel. Dans le film de Loïc Prigent, Signé Chanel, on voit le processus d'élaboration insensé qui est mis en oeuvre. Les ouvrières de haut-rang sont responsables des ateliers tailleur ou flou (robes). Karl dessine les croquis et supervisent tout. Des tissus jusqu'à la coupe. Il fait appel aux plus compétents, travaillent avec certains depuis 35 ans, même quand ils sont difficiles à joindre comme la passementière Madame Pousieux. Pour l'automne-hiver 2008, Karl fait une allégorie autour du tailleur et de l'escarpin Chanel. Ceux en tweed chiné sont comme toujours sublimes, enveloppants et courtes, le plus souvent, comme le n°30/57. Des pull oversize sur des minijupes en jean, style teenager. Karl nous montre que l'on peut être sexy l'hiver. Les cols sont très ouverts et les poches ne manquent jamais. Les manteaux noirs recouvrent des mini-robes de soirée, laissant découvrir les jambes recouvertes de collants (les bras, de mitaines) en dentelle à motifs. On dirait les rubans que Chanel utilise pour fermer les boîtes des modèles achetés. Les contrastes traditionnels entre le noir et le blanc, le noir et le beige. Mais aussi le gris perle pour les manteaux et les vestes. Couturier rock, Alexander McQueen dressent les cheveux de ses modèles comme des flammes statufiées. Quelques combinaison pantalon et beaucoup de robes ou jupes années 50. Celles à bustier sont extrêmement évasées (sous une accumulation de jupons en crinoline), sur des tailles très serrées. Certaines robes longues et moulantes dévoilent des jambes entièrement gainées de cuir (cuissarde ou leggings). Des lignes droites, blanches, grises ou noires (n°21/42). Les modèles sont repris dans des matières plus épaisses (fourrure, velours et grosse toile brodée). Silhouettes qui se raccourcissent tout en gardant leur amplitude. Au fur et à mesure, un thème se devine dans l'abondance des broderies : McQueen s'est inspiré de l'empire colonial anglais des Indes. Plus discrète, Rue du Mail (reprise de Martine Sitbon) propose des formes rigoureuses et larges. Des robes volantées à bretelles sont très jolies (n°11/44), sur les autres modèles, il y a peu d'ouvertures ou de cols. C'est une variation sur un même style, dans l'allure, comme dans les couleurs. Martine Sitbon a choisi celles des insectes, essentiellement en satin, bleu/vert, violet/bleu, les mordorées. Finalement, la tenue la plus réussie est la première (robe large à col ouvert). Vous aurez compris que je n'aime pas être serrée à la gorge.

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