mardi 15 septembre 2009
1101. ''Un roman français'', Frédéric Beigbeder, par Angie David (RL #41)
Par Angie David, mardi 15 septembre 2009
Frédéric Beigbeder, Un roman français, Grasset, 2009, 288 pages, 18 euros
L’histoire de Frédéric Beigbeder, auteur et héros d’Un roman français, pourrait se résumer en cette phrase : « Je venais d’apprendre que mon frère était promu chevalier de la Légion d’honneur, quand ma garde à vue commença. » Embarqué par la police devant le célèbre club parisien Le Baron en janvier 2008, au milieu de l’avenue Marceau, dans le VIIIe arrondissement de Paris, pour prise de cocaïne avec Simon Liberati, « le Poète », sur un capot de voiture, Frédéric Beigbeder, grelottant sur le sol en béton crasseux du dépôt, fait le point sur sa vie. Comment en est-il arrivé là ? La scène d’arrestation est à hurler de rire. Oubliant que la drogue est absolument interdite par la loi française, qui ne la tolère même pas pour ceux qui ne font que la consommer, sans dealer, les deux écrivains sont étonnés à l’approche d’une voiture avec gyrophare, qui semble vouloir leur transmettre un message secret. P. O. L. I. C. E. Quésaco ? Sans réfléchir, ils se mettent à courir en remontant l’avenue, croyant pouvoir échapper à ce triste sort, et n’ont même pas le réflexe de jeter les trois grammes de cocaïne dans le caniveau. Le délit de fuite est de courte durée. « La vie est un cauchemar », hurle le Poète en prenant une voix d’alcoolique notoire, agaçant un peu plus les policiers qui viennent de les surprendre en flagrant délit. « Le Policier : — Vous essayer de jouer au plus con avec moi ? Le Poète : — Non, vous seriez sssûr de gagner. » Ils finissent naturellement la nuit en garde à vue, puis, chose plus choquante, au dépôt, où Frédéric Beigbeder découvre le traitement inhumain que l’on réserve aux petits délinquants dans ce pays respectueux des droits de l’homme. De plus, comme il est célèbre, l’auteur va même servir d’exemple pour démontrer l’efficacité des flics sous la présidence Sarkozy.
![]()
