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vendredi 26 juin 2009

1038. Son absence de Stéphane Darnat par becdanlo (B.C. n° 8)

« Son Absence » est un écrit publié après la mort brutale de son auteur. On ne peut s'empêcher d'y chercher des signes, de découvrir une trace de prémonition. Dans l'avant propos, l'éditeur Léo Scheer, rapporte l'un de ses derniers échanges avec l'auteur qui venait de subir un accident de la route:

« Quand je me suis retrouvé dans l'ambulance avec des lumières des pompiers et des flics dans la nuit, les parfonds des couloirs d'hôpital, le médecin, les radios, les larmes de ma mère, les coups de fil de la famille, la tête prise dans un étau, le tout tourbillonnant, j'ai eu une pensée assez floue sur la vanité à écrire et être lu. Comme de découvrir, ou plutôt pressentir que mes désirs et besoins sont peut être ailleurs cachés? Je ne sais. »

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lundi 22 juin 2009

1034. B.C. N°6. déposé par Ninon.

La Blague, - cette forme nouvelle de l'esprit français, née dans les ateliers du passé, sortie de la parole imagée de l'artiste, de l'indépendance de son caractère et de sa langue, de ce que mêlent et brouillent en lui, pour la liberté des idées et la couleur des mots, une nature de peuple et un métier d'idéal ; la Blague, jaillie de là, montée de l'atelier, aux lettres, au théâtre, à la société ; grandie dans la ruine des religions, des politiques, des systèmes, et dans l'ébranlement de la vieille société, dans l'indifférence des cervelles et des cœurs, devenue le Credo farce du scepticisme, la révolte parisienne de la désillusion, la formule légère et gamine du blasphème, la grande forme moderne, impie et charivarique, du doute universel et du pyrrhonisme national.

dimanche 21 juin 2009

1032. B.C. N° 5 : déposé par Serpentin coloré.

Hier sur FB, quelqu'un a soulevé le problème de Eros et Thanatos, alors j'ai songé à déposer ces pages.

« L’illusion et l’éros » selon Olivier Clément

cf : (La révolte de l’Esprit, Olivier Clément, 1979)

« …Dans l’érotisme d’aujourd’hui, on sent à la fois la quête, presque désespérée d’un autre et celle, non moins tragique, d’un paroxysme qui ferait oublier la mort : « Image écho reflet d’une naissance perpétuelle, C’est gagner un instant Pour ne plus jamais douter de durer », écrivait Eluard.

Il y a quelque chose de « religieux » dans l’éros. Wilheim Reich parle à son propos d’«énergie cosmique primordiale ». Les érotiques sacrées de l’Inde et de la Chine ne disent pas autre chose. La Chine traditionnelle cherchait dans certaines techniques amoureuses le secret de la longévité, le tantrisme indien, celui de l’illumination…

Mais il s’agit d’ascèse difficiles où l’élan sexuel maîtrisé, intériorisé. On ne le laisse pas se matérialiser dans la semence, c’est-à-dire dans un processus de procréation, on le retrouve en quelque sorte dans un processus de régénération, plus vital en Chine, plus spirituel dans l’Inde. Le partenaire reste un moyen. L’autre comme tel est ignoré. La sexualité est à la fois exaltée et transportée dans une autre dimension.

L’Occident actuel au contraire voudrait trouver dans l’exercice même de la sexualité – une sexualité le plus souvent stérile, mais nullement intériorisée – à la fois la plénitude de la vie et la rencontre d’autrui. C’est sans doute une illusion : fuite loin de « Dieu », ignorance de l’autre. Les vieux ascètes savaient bien que le désir, quand il se fait passion, est « une quête de Dieu inversée en refus de Dieu ». La passion transforme le désir de « Dieu » en complicité du néant.

Nos « révolutionnaires » du sexe entonnent le chant du « principe de plaisir », tel que Freud l’a d’abord mis en valeur : nous voulons tout, et tout de suite ! « Tutto, subito », comme le clamait le haut-parleur des gauchistes dans le film « La classe ouvrière ira au paradis ». Mais Freud a aussi montré que l’homme, s’il veut se construire, doit affronter « le principe de réalité ».

La « sublimation » de la pulsion sexuelle est nécessaire pour bâtir une société, une culture. Il est vrai que ce genre de diagnostic reste chez Freud, dans son univers sans transcendance, un constat plutôt mélancolique : c’est ainsi, ou c’est la libération des fauves que nous portons en nous.

Après 1920, Freud avait découvert, en effet, qu’il existe non pas une seule pulsion fondamentale, la « libido », mais deux, l’Amour et la Mort. EROS et THANATOS. Le revers du désir est la mort.

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