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lundi 11 janvier 2010
Par Laure Limongi,
lundi 11 janvier 2010
Mises à mort
Julien d’Abrigeon met nos nerfs en pelote, et en tricote un deuxième ouvrage bizarre à souhait : la littérature française est rhabillée pour l’hiver.
Il est traqueur, traqué, victime et bourreau, gibier et giboyeur. Il tue à coups de tout et de rien, opinel, schlass, bombe anti-crevaison, touillette de café empoisonnée. Il tue le scout, le comédien, le gendarme, l’intellectuel, le cycliste, le livreur de pizza. Tue sur commande, à la demande, mais sait aussi n’écouter que lui. Pour aller tuer, il emprunte des bretelles qui n’en finissent pas d’aboutir à des ronds-points qui débouchent sur des bretelles. Il se terre, enterre et s’enterre, revient se pencher sur les cadavres qu’il laisse derrière lui. Se réchauffe à sa propre froideur. S’attendrit. « Certains corps ne rappellent en rien les êtres qui les ont habités. Ils sont si plats. Ils sont si vides. Certains m’inspirent alors une certaine sympathie. Ils sont si calmes. Ils sont si calmes. Certains s’accrochent à moi, par mégarde, par accident, par un ongle cassé sur une maille de mon pull. »
Il serait trop simple de prendre Le Zaroff pour ce qu’il n’est pas : le journal d’un tueur ficelé façon Marelle cortazarienne, épisodes numérotés et itinéraire de lecture conseillé en guise de préambule (« L’ordre imprimé n’est qu’une proposition »). Plus métonymique encore, assurément, puisque les va-et-vient de la lecture finissent par se calquer à la perfection sur ceux du tueur en cavale. Pourtant les faits et leur débitage névrotique, le spectacle de la violence et du calcul, et jusqu’à la perversion engendrée par le ton de la confidence – l’horreur, en somme, et le voyeurisme qui l’accompagne – ne sont qu’écrans de fumée. Obnubilé par la mise en scène et par ce que le propos, volontiers théâtral, remue dans nos entrailles (mort violente, pulsions de meurtre, magnétisme obscène du fait divers), on en oublierait presque la supercherie magistralement littéraire qui est pourtant le cœur battant du Zaroff. Julien d’Abrigeon a l’écriture manipulatrice. Et pendant que nous pénétrons, fasciné, dans l’intimité d’un tueur à gages, lui s’amuse, s’aventure, musarde entre les lignes, bricole une langue à sa façon, taquine l’exercice de style. La mystification fonctionne à plein. Jusqu’à ce que, brutalement, au saut d’une page, jaillissant comme le prédateur sur sa proie, l’évidence nous prenne à la gorge : chacun des chapitres du Zaroff est, à lui seul, un poème – pour ne savoir nommer autrement ces morceaux qui se tiennent seuls et laissent tous une brûlure différente. Et soudain, à la place du polar instantané façon polaroïd, on a entre les mains un vrai livre de poésie claquante et intriguée par la langue – la vraie, celle qui roule des pelles et sait goûter à tout. « Certains ne pèsent rien sur l’instant, puis sont une trace. L’élimination d’un commissaire d’exposition, commission commandée, ne m’excite guère, cependant, toute commande s’exécute. Un court crime d’action à la commanditaire. Machinalement, il commande un café sucré à la machine à café qui, mécaniquement, déclenche une traînée de poudre de sucre et de café. La trappe des touillettes ayant été probablement bloquée à l’aide d’un chewing-gum, je lui propose la mienne, empoisonnée, et pars. J’intitule ça un crime déceptif. »
Lorsqu’un homme cherche à tuer avec autant d’acharnement, ça ne peut être que son propre désir dont il réclame la mort. Julien d’Abrigeon semble être un de ceux qui ne s’arrêteront pas d’écrire avant d’avoir tenté, par tous les moyens disponibles ou non, d’éliminer le désir dévorant de l’écriture. Il s’y efforce d’ailleurs en public : une petite visite sur le site T.A.P.I.N. (pour Toute Action de Poésie Inadmissible sur le Net – si ce n’est pas du racolage, ça...) donne une idée de l’arsenal dont il dispose et des multiples tentatives d’assassinat auxquelles il s’est déjà livré. En vain, peut-être, et tant mieux. Car mieux vaut la chasse, en l’amour et en l’art, que la prise ; souhaitons-la lui longue, donc, et la plus pénible possible.
Camille Décisier
Le Matricule des Anges, janvier 2010
Photo de Julien d'Abrigeon © Le Plateau
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lundi 16 novembre 2009
Par Laure Limongi,
lundi 16 novembre 2009

… Une soirée consacrée à Hélène Bessette à la Bibliothèque Mériadeck, à Bordeaux, avec Noëlle Renaude, Frédéric Léal et Julien Doussinault dans le cadre de la programmation du festival Ritournelles, festival de haute tenue, soit dit en passant, puisque l’on a pu notamment y entendre Danielle Mémoire et l’on y entendra Leslie Kaplan, Joseph Mouton, Jean-Yves Jouannais…
Photo ci-contre : Claude Chambard.
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dimanche 15 novembre 2009
Par Laure Limongi,
dimanche 15 novembre 2009
… Tarik Noui participe au lancement de l’anthologie bilingue (français-brésilien) Nouveaux visages de la fiction en France–Novo rostros da ficção francesa tout juste publiée par les éditions Sulina à l’occasion de l’année de la France au Brésil, éditions Sulina qui ont également publié la traduction de Corbière le crevant d’Emmanuel Tugny, Morrer como Corbière – présentations pendant la Feira do livro de Porto Alegre.
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mercredi 4 novembre 2009
Par Laure Limongi,
mercredi 4 novembre 2009
Le Zaroff de Julien d’Abrigeon paraîtra le 25 novembre. Un cadeau de Noël idéal pour dire à vos proches combien vous les aimez.
Je connais Julien d’Abrigeon depuis longtemps, à travers le collectif BoXon, haut en couleurs, qui a toujours sauvé les soirées de lectures poétiques trop longues et les salons du livre en plein air où l’on observe les lecteurs potentiels acheter leurs poireaux sur le trottoir d’en face… Ceux qui ne connaissent pas BoXon peuvent consulter le site T.A.P.I.N. (Toute Action de Poésie Inadmissible sur le Net) et y trouver notamment des œuvres visuelles et/ou sonores de Julien d’Abrigeon telles Proposition de voyage temporel dans l'infinité d'un instant 2.0 ou Skeletonalité, cette dernière pièce le prédestinant à sa rencontre avec Le Tampographe Sardon qui a réalisé la couverture du Zaroff. Il en parle d’ailleurs ici.
Le Tampographe Sardon réalise de jolis tampons drôles et grinçants. J’en ai acquis quelques uns – tout en lorgnant sur ce coffret… – et leur utilisation est fort réjouissante. Je ne saurais donc trop vous conseiller de visiter son site. Vincent Sardon est également dessinateur de bande dessinée : la saga des Ostings, Mormol, Nénéref, la BD OuBaPienne Coquetèle…
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vendredi 30 octobre 2009
Par Laure Limongi,
vendredi 30 octobre 2009
Les Souffleuses de Béatrice Cussol sont en librairie depuis quelques jours. Avec une couverture dans la lignée de celle de son précédent livre publié chez Laureli/Léo Scheer, Sinon.
Voici une vidéo réalisée il y a quelques mois, quand Rome était écrasée de chaleur : lecture d’extraits et entretien réalisé avec une questionneuse mystère – que certains reconnaîtront peut-être à ses volutes de cigarette d’une marque américaine dont on parle beaucoup dans Mad Men…
Béatrice Cussol est également artiste plasticienne, comme vous le savez sans doute. On a pu récemment voir ses œuvres à la foire off de la FIAC, chez Slick.
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mercredi 7 octobre 2009
Par Laure Limongi,
mercredi 7 octobre 2009
Les Éditions Léo Scheer ont la douleur de vous annoncer le décès de Raymond Federman, survenu hier. Nous pensons à sa famille, à ses amis, à tous ceux qui l'aiment. Il nous manque, cruellement.

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lundi 5 octobre 2009
Par Laure Limongi,
lundi 5 octobre 2009

Le festival Midi Minuit Poésie se déroulera à Nantes du 6 au 11 octobre, dans le quartier Decré et au Pannonica. Vous pouvez consulter la programmation ici. En voici une sélection Laureliphile :
Bastien Gallet et Rodolphe Burger présenteront « Mississipis (les vies imaginaires d’un chanteur de blues) », un concert-lecture vendredi 9 octobre à 21 heures, place du Change (gratuit).
La veille, jeudi 8 octobre à 20h30, ils présenteront cette même pièce au Triangle, à Rennes :
« Ce ne sont que des fragments. Des bouts parlés, joués et chantés de la vie d’un chanteur de blues.
Un roman picaresque entre les bras du delta du Mississipi.
Un souvenir ressassé qu’on a oublié ou des détails grossis d’une photographie ou un accord de ré mineur indéfiniment varié à la guitare.
Le chanteur de blues est seul parce qu’il est un paysage et les gens qui l’habitent et leurs voix qui bourdonnent.
Il chante parce qu’il ne se souvient plus mais pas pour se souvenir, pour tenir et encercler son oubli.
Les fragments font plusieurs histoires et les histoires plusieurs musiques.
Entre chaque bras du fleuve qui s’épand avant de tomber dans l’océan, il y a des mondes et des bifurcations, l’eau freine tant sa course qu’elle s’arrête parfois de couler.
Le chanteur contemple un instant son reflet dans cette eau stagnante, pense à quelque chose qui fera peut-être, plus tard, un morceau qu’il enregistrera dans un studio de campagne, et poursuit sa route. »
Samedi 10 octobre à 22h15 au Pannonica, à Nantes (réservation au 02 51 72 10 10), toujours dans le cadre du festival Midi Minuit Poésie, Emmanuel Tugny lira en s’accompagnant à la guitare des extraits de son livre Mademoiselle de Biche ainsi que deux inédits à paraître : Le Silure (Laureli/Léo Scheer, janvier 2010) et Sidération ! (Éditions Léo Scheer, Variations, mars 2010).
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jeudi 24 septembre 2009
Par Laure Limongi,
jeudi 24 septembre 2009
Emmanuel Tugny, dont vous connaissez, je l’espère, Corbière le crevant – une traduction de ce livre sort d'ailleurs en ce moment-même au Brésil, chez Sulina – ainsi que Mademoiselle de Biche – sans parler de ses chansons dans le Ralbum et de ses textes dans Écrivains en séries (notamment sa fine résolution du mystère Columbo…) –, écrivain et musicien hyperactif sous le soleil du Brésil, vient de sortir un album, Só, que je ne saurais trop vous conseiller, tout comme je ne me priverais pas de vous inciter à vous ruer sur Nemeton, fraîchement mis en ligne par François Bon sur Publie.net, texte-opéra accompagné d’une chanson de John Greaves – que je n’aurais pas l’indélicatesse de présenter. Jetez-y quelques oreilles, cela vous permettra de patienter jusqu’à la sortie du Silure d’Emmanuel Tugny, à paraître chez Laureli/Léo Scheer en janvier 2010.
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Par Laure Limongi,
jeudi 24 septembre 2009

Du 1er au 7 octobre, sur une proposition de Jacques Serrano, se déroulera à Marseille « la Semaine de la pop philosophie ». Elle réunira des intellectuels de la scène philosophique française, des personnalités du monde de l’art contemporain, des écrivains… autour de sujets aussi divers que les films d’horreur, le football, le monokini, Barbara Cartland, la musique pop… Léo Scheer, Bastien Gallet, Joseph Mouton et moi – ayant écrit dans Écrivains en séries respectivement sur À la Maison blanche, L’Hôpital et ses fantômes, Code Quantum et Dexter – avons été invités à y parler de séries télévisées vendredi 2 octobre à 19 heures au Pôle Média de la Belle de Mai.
Programme complet de la Semaine de la pop philosophie.
Article d’Aude Lancelin sur le site Bibliobs.
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mardi 30 juin 2009
Par Laure Limongi,
mardi 30 juin 2009
Frédéric Junqua parle de son premier roman, KART, à paraître le 26 août. Roman entre anticipation et geste baroque. Vous pouvez également en lire un extrait ici.
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jeudi 25 juin 2009
Par Laure Limongi,
jeudi 25 juin 2009
... Et aujourd'hui, un article de Claire Devarrieux en première page du Cahier Livres de Libé. L'équipe de la rédaction l'évoquait dans la page audio "sous les couvertures" enregistrée le 16 juin et diffusée hier. Vous pourrez lire l'article à cette adresse très prochainement.
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mardi 23 juin 2009
Par Laure Limongi,
mardi 23 juin 2009

Bel article de Raphaëlle Leyris dans Les Inrocks n°708 sur Ida ou le délire suivi du Résumé d'Hélène Bessette - dont on avait déjà parlé ici et là. Je vous laisse le soin d'en télécharger le PDF ici.
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lundi 11 mai 2009
Par Laure Limongi,
lundi 11 mai 2009

Ida ou le délire suivi du Résumé d’Hélène Bessette sort dans quelques jours. Nathalie Quintane salue cet événement par un bel article tout juste paru dans Sitaudis.
Claro aussi, sur son Clavier cannibale.
Céline Geoffroy donnera à entendre des extraits du livre dans son émission Le Choix des Livres, sur France Culture, jeudi 28 mai de 20h50 à 21 h.
Et Sophie Quetteville organise à la librairie MK2 Quai de Loire une rencontre-lecture autour des romans d’Hélène Bessette en présence de Julien Doussinault biographe d’Hélène Bessette, vendredi 22 mai à 19h30.
Librairie MK2 Quai de Loire, 5-19 quai de Loire, 75019 Paris, métro Jaurès ou Stalingrad. Tél : 01 44 52 50 70
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lundi 20 avril 2009
Par Laure Limongi,
lundi 20 avril 2009

Raymond Federman est en France depuis ce matin, pour une série de cinq lectures à Paris, Rennes, Nantes.
Première date demain 20 heures…
Le détail ci-dessous : Lire la suite
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Par Laure Limongi,
lundi 20 avril 2009
L’origine du projet Écrivains en séries, son déroulement, quelques considérations sur l’évolution de l’écriture confrontée à d’autres supports…
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