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vendredi 28 septembre 2007
Par Revue Littéraire,
vendredi 28 septembre 2007
David Foenkinos, Qui se souvient de David Foenkinos ?, Gallimard, 179 pages, 16,90 euros
Je ne connais David Foenkinos ni d’Ève ni d’Adam, comme dirait Amélie (Nothomb). Je ne sais pas ce qui se passe entre ses deux oreilles (1), comment il réagit en cas de bonheur (2), je n’ai même pas pensé à vérifier le potentiel érotique de sa femme (3). Quoique : ce dernier titre avait en son temps accroché mon attention hormonale pour s’essouffler prestement : trop bon, trop rentre-dedans, trop d’étalage perso pour attirer le micheton, même si la fiction dépassait virilement la biographie dans toute cette sensualité promise. L’écrivain maquereau est une espèce qui m’enchante encore moins que l’écrivain qui écarte les jambes sur les ondes ou enlève le haut dans les pages des magazines. Bref, les a priori étaient un poil défavorables quand j’ai envisagé une note de lecture consacrée à son opus 2007 : Qui se souvient de David Foenkinos ? Là encore, le titre m’a fait tiquer : le coup de l’autopromo, genre prétérition bon marché, qui veut attirer la sympathie dès la couverture, très peu pour moi. Et puis l’accroche en blanc sur le bandeau rouge: « Peut-être vous ? », interpellation facile, même si parodique. Et puis encore : Qui connaît David Foenkinos ? comme dirait Ségolène (Royal). J’ai donc investi les 16 euros 90 la main lourde mais le cœur libre : se faire envoyer le livre par le service de presse de Gallimard est une pression subliminale dont les effets pervers sont non mesurables.
Qui se souvient de David Foenkinos ? est le journal d’un écrivain raté dont l’heure de gloire a duré un été, le temps de figurer sur les listes du Goncourt. Touché par le syndrome Bartleby, en totale panne créative, il croit avoir eu une idée de roman dans le train Genève-Paris, pour la perdre aussitôt. Tout le livre repose sur la recherche de cette idée : le narrateur David Foenkinos va jusqu’à consulter une voyante et un docteur mnémotechnicien pour la retrouver (ce que l’auteur David Foenkinos ne ferait pas). Ça tourne autour du pot comme un chien autour de sa queue, ça tourne au blues de l’écrivaillon, ça tourne autour de son ego en proie aux doutes existentiels. Dans cette intrigue mince comme du papier vélin, quelques personnages attachants, quelques moments drôles, quelques jolies réflexions sur la dégradation du couple. Le narrateur DF est paumé dans son ménage, son œuvre, sa vie. Il la joue humble et égaré, narcissique mais auto-ironique, il met des dosettes d’humour dans ce sujet suranné et antipathique (la crise d’inspiration) – vieilles stratégies de communication qui peuvent toujours rendre service. Et, on le devine depuis la couverture, il utilise sa bio à des fins fictionnelles : les titres de ses livres, les noms de ses concurrents à la gloire et autres petits événements sont bien réels. Quantifier la bio et la fiction, distinguer le vrai du faux peut divertir/intriguer le lecteur. Trouver des clés d’interprétation dans ce genre de mélanges peut intéresser certains clients germanopratins. Qu’est-ce que vous avez contre la biofiction ? se révolterait Christine (Angot), qui en boit tous les jours et qui, soit dit en passant, n’a pas le millième du savoir-faire rhétorique davidfoenkinosien. Rien, je répondrais, surtout quand les miroirs faux-fuyants des mises en abyme donnent des éclairages poétiques, quand les symétries sont bonnes malgré leur prévisibilité (début et fin des hostilités), quand l’écriture se met fébrilement au service du propos. Ce qui est le cas pour Qui se souvient de David Foenkinos ? Peut-être vous ?. Mais les sujets biotendance, avec la morphologie et le métabolisme de l’écrivain sur la place publique, avec ses viscères, la qualité de son sperme et toutes ses petites misères sexuelles, ont déjà fait le bonheur financier de Michèle (Houellebecque). DF a indéniablement du talent ; une belle syntaxe, un certain génie des facéties ; le problème est ce qu’il en fait. Avec ce type d’histoires, maigrichonnes et pleurnichardes, il ne va pas reconquérir les lectrices perdues. Après lesquelles il court avec des poumons de coton.
S’il avait l’obligation, par contrat, de livrer un livre à terme à l’éditeur, DF aurait pu invoquer une angine blanche, comme Cécilia (Sarkozy), pour gagner du temps, densifier son récit (il ne se passe quasiment rien les premières cent pages) et enlever les quelques platitudes parsemées çà et là (p. 19 : « Au début d’une relation, on veut tout connaître de l’autre ; on parle pendant des heures. Et, entre deux discours, on copule joyeusement » – banalité proche du truisme ; p. 42 : « En la quittant, j’ai lu dans son regard une réelle tristesse, et c’était la dernière tristesse » – ben oui, puisqu’il la quitte ; ou p. 62 : « Nous nous sommes serrés dans les bras l’un de l’autre un instant qui pourrait encore durer maintenant, mais qui dura le temps d’un battement de cœur. Il y avait tant de tristesse entre nous » – quelle émotion !) ou les blagues potachières à la sauce oxymore (p. 54 : « Les points noirs de son visage étaient bien la dernière chose dont j’avais besoin après une nuit blanche »).
DF nous régale de phrases de porcelaine dans des assiettes de carton et l’on reste quelque peu sur sa faim.
Radu Bataturesco
(1) David Foenkinos, Entre les oreilles, Gallimard, 2002.
(2) David Foenkinos, En cas de bonheur, Flammarion, 2005.
(3) David Foenkinos, Le potentiel érotique de ma femme, Gallimard, 2004.
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mardi 18 septembre 2007
Par Revue Littéraire,
mardi 18 septembre 2007
Voici les ouvrages publiés par le groupe Gallimard qui figurent sur les premières listes des principaux prix littéraires.
Nous ne pouvons, à La Revue Littéraire, que féliciter les auteurs, qui méritent tous bien cette distinction, avoir une pensée pour les rares écrivains publiés par ce groupe qui ne figurent pas dans ce cortège, et enfin, poser incidemment une question : est-ce bien raisonnable?
GONCOURT:
Pierre Assouline : Le portrait (Gallimard)
Marie Darrieussecq : Tom est mort (P.O.L)
Vincent Delecroix : La chaussure sur le toit (Gallimard)
Yannick Haenel : Cercle (Gallimard)
Gilles Leroy : Alabama song (Mercure de France)
Grégoire Polet : Leurs vies éclatantes (Gallimard)
Olivia Rosenthal : On n'est pas là pour disparaître (Verticales-Phase deux)
FEMINA
Dominique Barberis: Quelque chose à cacher (Gallimard)
Marie Darrieussecq: Tom est mort (P.O.L)
Amanda Devi: Indian Tango (Gallimard)
David Foenkinos: Qui se souvient de David Foenkinos? (Gallimard)
Eric Fottorino: Baisers de cinéma (Gallimard)
Gilles Leroy: Alabama Song (Mercure de France)
RENAUDOT
Vincent Delecroix : La chaussure sur le toit" (Gallimard)
Eric Fottorino : "Baisers de cinéma" (Gallimard)
Vénus Khoury-Ghata : "Sept pierres pour la femme adultère" (Mercure de France)
Carole Martinez : "Le coeur cousu" (Gallimard)
Gilles Leroy : "Alabama Song" (Mercure de France)
Cécile Wajsbrot : "Conversations avec le maître" (Denoël)
MEDICIS
Vincent Delecroix: "La chaussure sur le toit" (Gallimard)
Philippe Forest : "Le nouvel amour" (Gallimard)
Eric Fottorino : "Baisers de cinéma" (Gallimard)
Yannick Haenel : "Cercle" (Gallimard)
Gilles Leroy : "Alabama Song" (Mercure de France)
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jeudi 13 septembre 2007
Par Revue Littéraire,
jeudi 13 septembre 2007
Nous préparons pour le N°33 de La Revue Littéraire (à paraître en janvier 2008), un dossier rassemblant les textes d'écrivains qui n'ont pu, pour diverses raisons, paraître dans la presse, à la suite du texte de Camille Laurens. Ils seront mis en ligne ici en attendant.

UNANIMES
par
ANNE-MARIE GARAT, écrivain.
Contre Camille Laurens, quelle unanimité ! Bien avant la parution de son article, ce qui est en soi une anomalie journalistique remarquable, les interventions de presse et de radio se sont multipliées. Leur consensus me trouble : leur addition, la répétition des mêmes arguments, comme si chacun doutait qu’il ait été suffisamment asséné, avait besoin de rajouter sa voix au choeur, d’en être. Les paroles varient, mais c’est le même air. Il y a du crime dans l’air.
Ce qui est dit dans cet article est assez scandaleux pour que se soulève un coin du manteau de la littérature, des moeurs de certain milieu éditorial et journalistique. Camille Laurens lève un lièvre qui fait courir beaucoup de chasseurs ; même ceux qui se sont réveillés à retard rejoignent la meute, hallali. Elle a dû dire quelque chose de très grave, qui met à mal bien des conventions, énoncées ou tacites.
Par exemple, celle du journalisme littéraire, seul autorisé. On peut toujours dire sous le manteau, on ne s’en prive pas, dans les rédactions, les librairies, entre amis, qu’un livre en singe un autre, qu’il en est la démarque plus ou moins habile, l’écrire est explosif. On sait que les écrivains, des plus grands aux plus médiocres, recyclent à l’infini l’immémorial de la littérature, font leur miel et leur merde du fonds commun, les cimetières sont dévalisés, enchantés, profanés, et les morts ne protestent pas qu’on visite leur tombe. Les vivants parfois ; c’est qu’ils ne sont pas morts. Ils s’émeuvent, à tort, évidemment : ils ne sont propriétaires de rien, à peine de leur vie, surtout pas du langage dont ils l’instruisent. L’art est vol, cambriolage royal, dépeçage, équarrissage barbare. Là où cela devient litigieux, c’est ce que font les cambrioleurs de leur rapt. Entre Picasso visitant les Ménines et le faiseur du coin qui copie, laborieux, la différence est visible. Mais avec l’habile, le roué, qui sait la valeur marchande du recyclage bien habillé, l’imposture est plus délicate à signaler. C’est juste là que Camille Laurens met le doigt, aïe. Normalement, ce n’est pas à l’écrivain, surtout pas, d’émettre un murmure. Il lui en chaut : Marie N’Dyaye en a pris pour son grade. Non, ce serait plutôt au critique littéraire (je ne parle pas du journaliste) de le faire, qui, en dépit de ses efforts, peine à mettre vraiment son nez là-dedans. Il y a de ces questions susceptibles, qui pourtant le mettent au défi de jouer son rôle. Par exemple, de prendre le risque, parfois, de distinguer la littérature de son image. Son fac similé. L’oeuvre du produit. Il ne s’agit pas de sincérité, de vécu, d’authenticité. Il s’agit de l’écriture et de la coïncidence avec son dessein, il s’agit du dessein. Je n’ai pas dit du thème, du sujet, de quoi ça parle. Un livre ne parle pas de ou sur. Il écrit. Un artefact absolu de langage qui engage la responsabilité ; il met à nu. Certains habillent, contrefaçon, produit dérivé. C’est que, quoi qu’on en dise, la littérature touche son revenu du capital symbolique. Se draper de ses nobles oripeaux est de bon rapport. Certes, difficile à discerner, il faut chausser de sacrées lunettes : il faut être un lecteur. Et n’en déplaise au choeur unanime des offusqués, la lecture d’un écrivain est à entendre. Il n’est pas le dernier des derniers à pouvoir lire, il est le premier. Et parfois, le plus malheureux, le plus désespéré de savoir, en son for intérieur, de quelle dette, quelle accablante dette d’impuissance, il est redevable à ce qui l’a nourri, la lecture. Des morts et des vivants. Ce dialogue infernal et sublime, sans lequel il n’y a pas littérature. Marie Darrieussecq est faible d’invoquer sa maman, elle est toute seule en face de son livre. Nous, seuls avec le sien à en juger. Là où Camille Laurens est faible, c’est d’invoquer une injustice là où il y a iniquité, le droit échouera à l’entendre. Le choeur de ses détracteurs le sait bien, tir groupé.
Une autre convention, éditoriale. Je lis qu’un éditeur a pouvoir de diagnostiquer hystérie de l’une, santé intellectuelle de l’autre, sans hésiter, extralucide. Que son métier soit de publier avec conviction les auteurs qu’il élit, c’est la moindre des choses à laquelle s’attendre. Qu’il prétende accéder aux arcanes de la création, à son alchimie intime, occulte et impure par nature, en est une autre. L’imaginaire du langage et sa genèse, si savants, si pertinents soient les généticiens du texte, résiste à cette radiographie, dont se prévaut l’éditeur en question. Il se croit propriétaire, il oublie que sa prérogative contractuelle s’arrête à la location. Qu’il décide d’avancer la fin de son bail, c’est son droit. Mais il le fait unilatéralement, en des termes insultants de congé, par affichage public, envers quelqu’un qu’il traite comme son obligé, son débiteur. Un auteur, sommé de se taire, désobéit : congédié. Ainsi le faisaient les bourgeois de leurs domestiques, une fois qu’elles avaient servi. Commerce de l’esprit comme du corps. L’auteur appartient-il ? C’est peu dire qu’il y a, dans cette violence de l’expulsion, l’intention de punir, d’humilier. Mais l’excès d’ire trahit des visées implicites : placer un auteur dans un jury, entend-il gratitude, allégeance ? Les dames du Femina apprécieront. Entre une écrivaine primée et l’autre en piste pour les prix, il n’y a pas photo. Camille Laurens est un cheval fourbu. Du balai. Cela se dit dans les rédactions, entre amis ; cela ne s’écrit pas. Ni que ce traitement est indigne. Ni que le genre de l’intéressée y est pour quelque chose. Un homme aurait-il été traité de cette manière ? Les écrivaines, même hostiles à l’initiative de Camille Laurens, devraient se sentir concernées dans leur hystérie génétique. Il a quelque chose de choquant à voir de quelle jouissance suspecte se rengorge l’unanime choeur à ce diagnostic.
Il a derrière cette affaire accidentelle, que la saison exacerbe, beaucoup de motifs, d’enjeux, d’intérêts inavoués, de faillites et d’abus de pouvoir, qui devraient nourrir une réflexion au lieu d’une polémique. Il y faudrait du courage et de l’honnêteté. Un voeu pieux ?
Anne-Marie Garat.
Le 4 septembre 2007
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lundi 10 septembre 2007
Par Revue Littéraire,
lundi 10 septembre 2007
La Revue littéraire 32, séance de rattrapage.
Nous continuons, après celui-ci et celui-là, notre exploration des romans que, par obligation ou par accident (c'est le cas en l'occurrence: encore un mail perdu), nous n'avons pu traiter dans le dernier numéro.
Nous en profitons pour vous rappeler que vous pouvez nous envoyer des textes sur les livres de la rentrée qui vous auraient intéressés, qu'ils aient ou non été chroniqués dans la revue: nous les publierons dans cette rubrique.
Marie Le Drian, Attention éclaircie, La Table Ronde, 224 pages, 16 euros
Le pays d’où l’on ne revient jamais. Parce que c’est plus facile. Parce qu’il en a été décidé ainsi. Dès les origines. Ne pas lutter. S’y complaire. La douleur est douce. Le chagrin est seyant. Les murailles, bienfaitrices. La chape de plomb, salutaire.
Elle aurait dû s’appeler Pierre. Quel drame, elle est née fille. La coupable se nommera Hélène. Cela rime avec peine, cela rime avec haine. Elle ne pourra passer outre. Sa mère se chargera de le lui rappeler. Comme une litanie. Ou une sentence. Va pour Hélène, on s’en contentera, on lui fera payer, qu’elle n’oublie jamais.
Elle connaîtra un moment de révolte, grâce à Claire, Claire qui roule ses cigarettes, Claire qui décide que Ellen, c’est plus tendance, cela fait anglais, Claire la seule amie. Mais la mère veille. Et toute sa vie, la mère prononcera « Hé-Lè-Neu ». Bien aspiré le H, au diable les hiatus, bien appuyé le E, dommage pour le rythme.
Jeanne Pogam est la mère. La mère et ses diatribes, la mère et ses petites phrases qui piquent, la mère et ses conseils acérés, la mère et ses coups de massues. Ce n’est pas étonnant qu’il soit parti, le mari d’Ellen, la mère l’avait prédit, mais voilà, Ellen n’écoute pas, Ellen est inepte, obsolète… Ah si seulement cela avait été un garçon !
Et l’amour qui passe incidemment. Un pêcheur. Il s’appelait Martin. Ellen emmenait ses fils en vacances, une île au sud de la Bretagne. Martin a disparu. C’est Ellen qui a sombré. Directement dans ce pays d’où l’on ne revient jamais. La maison des fous pour déchets humains. Des murs érigés pour contenir la souffrance. Petite mort, ambiance ouatée, sensations anesthésiées.
La mère s’est décidée à mourir. Elle a pris bien soin de continuer à empoisonner la vie d’Ellen. Une moribonde arrache une promesse. Comme le pacte du sang. La mourante veut pousser toutes ses vielles copines en enfer. « Tu promets Hé-lè-Neu. » Oui, Ellen promet. Tous les ans, elle enverra une carte aux anciennes ennemies. Des cartes de vœux assassines, signées Jeanne Pogam. Postées le 28 décembre. Arrivées le 31 décembre. Pour qu’elles s’éteignent les unes après les autres, en croyant que Jeanne Pogam va parfaitement bien.
Et c’est Ellen qui s’y colle. Même morte, la mère dirige la fille. Elle fait résonner sa voix d’outre-tombe. Elle appuie toujours sur la dernière syllabe – « Hé-lè-Neu ».
Les enfants ont grandi, ils sont partis, Martin n’est jamais revenu. Ellen a été jugée apte à quitter la maison de repos. Elle a cherché une nouvelle prison, l’a trouvée, sur le continent. Un petit bourg isolé. Un petit bourg singulier. Noyé dans le brouillard. Un microclimat, paraît-il. Jamais de soleil. Pas la moindre trouée du lumière. La grisaille, le ciel bas, le couvercle. C’est bien, le brouillard, c’est comme le chagrin, Ellen est protégée, elle s’enferme, s’enferre, se calfeutre. Ellen est affliction, Ellen est tristesse. Elle obéit à la voix de la mère, elle poste les cartes de vœux, chaque année, c’est ainsi et c’est doux ou sage.
Et voici qu’un parfum surgit, une rencontre inopportune au marché, on dirait bien que l’on entend gronder la révolte. Claire, l’amie chère et passionnée, qu’est-elle devenue ? Vingt-cinq ans après, du plus profond du vide feutré, du plus loin du pays des sentiments amortis, l’envie point, comme une aube naissante, attention éclaircie… mais que décidera Ellen ?
Stéphanie des Horts
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