Et Callaghan revient. Avec une valise pleine de vie, une fillette métisse, des maîtresses exotiques et le hâle du soleil d’Australie. Un passé mais pas d’avenir. C’est ça, Callaghan. Toujours le même, on ne va pas contre la légende. Et le narrateur lui ouvre sa porte. Oui, Callaghan n’a pas d’avenir, le narrateur cherche le sien dans sa mémoire. Et Jimmy s’en va, il traverse la Manche mais oublie sa valise, ses photos, le sable d’Australie… Encore quelques années, le narrateur a perdu sa petite amie entre Asnières et la gare Saint-Lazare, il est installé dans sa petite vie et toujours cette idée qui lui trotte dans la tête et martèle ses pensées : « J’aimerais bien revoir Callaghan. » L’Angleterre n’est pas si loin quand on y songe. Il suffit de prendre le ferry. Callaghan aussi a installé sa vie. Gérant de pub, le début d’une bedaine, les tempes grisonnantes et une maîtresse qui a quelques années de moins que lui. Il était temps. Et quand le narrateur lui rend sa valise, pas sûr qu’il l’ouvre, Callaghan, parce que sa force, c’est de regarder toujours droit devant, peut-être pour cela que le narrateur n’arrive pas à l’oublier… On appelle ça l’amitié, l’espoir aussi, l’admiration peut-être. On a tous en nous quelque chose de Callaghan…