mercredi 24 février 2010
79. "Pauvres chéris !" : Marc-Édouard Nabe et l'anti-édition
Par La rédaction, le mercredi 24 février 2010 | Entretiens/Archives
La Revue littéraire n°44, mars 2010
Sur Marc-Édouard Nabe, voir aussi De tract en tract jusqu'à la victoire !
Marc-Édouard Nabe
Pauvres chéris !
Entretien avec Léo Scheer et Florent Georgesco
(propos recueillis le 10 février 2010)
Léo Scheer : Cher Marc-Édouard Nabe, comment en êtes-vous arrivé à inventer le concept d’anti-édition ?
Marc-Édouard Nabe : D’abord, je suis étonné de voir à quel point le message a été très bien compris. Tout de suite, immédiatement. Sortir de l’édition et non créer une nouvelle maison d’édition. J’aurais pu fonder les Éditions de la Vermine, Zannini et Cie ou bien La M-É-N, mais je ne veux pas tomber dans une imitation d’édition traditionnelle et encore moins avec un côté artisanal, ou bibliophile. On m’a demandé par exemple pourquoi les exemplaires ne sont pas numérotés, pourquoi il n’y a pas de grands papiers – toutes choses que j’adore chez les autres, mais pas là. Moi je voulais cet aspect manufacturé, radical et sans éditeur. Et pourtant ce livre est publié, diffusé et distribué par son auteur : moi.
Florent Georgesco : Vous ne vous substituez pas à l’éditeur, vous l’évacuez, purement et simplement.
M.-É. N. : C’est ça. Je le nie.
L. S. : Il serait intéressant de définir ce nouvel espace en disant tout ce qu’il n’est pas.
M.-É. N. : Oui, il suffit d’entendre les premiers reproches qu’on m’a faits, avant même d’avoir le livre. « Nous aussi on a fait de l’auto-édition. Ce n’est pas le premier à faire de l’auto-édition » et puis « Quel manque de générosité ! Pourquoi il ne publie pas les autres ? ». Des conneries comme ça. Il est évidemment hors de question de publier quiconque d’autre. Je ne suis pas un éditeur. À la rigueur on pourrait dire que je suis un « m’éditeur »…
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