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lundi 17 mai 2010
Par Florent Georgesco, le
lundi 17 mai 2010 | Bavardage
Je participerai vendredi prochain à une table ronde sur le fameux Rapport de police de Marie Darrieussecq et les polémiques qu'il a ou n'a pas soulevées, sur celles, en tout cas, qu'il aurait dû soulever, ce dont nous ne nous ferons pas faute, je pense. En voici l'invitation et l'argumentaire :
Rapport de police : quel débat ?
Table ronde organisée par Luba Jurgenson et Philippe Mesnard
dans le cadre des activités du CRAL (Centre de recherches sur les arts et le langage – CNRS-EHESS)
21 mai 2010
École des Hautes Études en Sciences Sociales
54, boulevard Raspail, salle 524
18h – 20h Lire la suite
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jeudi 13 mai 2010
Par La rédaction, le
jeudi 13 mai 2010 | Textes
La Revue littéraire n°46, mai 2010
Alain Nadaud est né à Paris en 1948. Auteur d’une vingtaine de livres (romans, essais, nouvelles), il a été éditeur, directeur du Bureau du livre de l’Ambassade de France en Tunisie et attaché culturel au Consulat général de France à Québec. Il vit actuellement en Tunisie. Derniers ouvrages parus : Les Années mortes (Grasset, 2004), Le Vacillement du monde (Actes Sud, 2006), Si Dieu existe (Albin Michel, 2007) et Le Passage du col (Albin Michel, 2009). À paraître en octobre 2010 : La Plage des demoiselles (Éditions Léo Scheer).
Dans La Revue littéraire : n°5 (août 2004) et n°6 (septembre 2004).
Photographie : Georges Salameh, La Tour de Babel muette.
Alain Nadaud
Exegi monumentum 1
Je pose à l’instant même – c’est-à-dire rien moins qu’au moment où ces lettres se forment – la première pierre d’un ouvrage dont j’ignore tout : d’abord, si j’en viendrai à bout – mais ça j’ai l’habitude ! Ensuite, quel sera le nombre de semaines, sinon de mois, qui me seront nécessaires pour en ajuster les éléments ; enfin, s’il sera de format réduit ou de vastes proportions, de bel appareil et à l’aplomb, avec des pierres bien ou mal équarries. C’est que je cours aussi le risque qu’il ne dépasse jamais le stade de la simple cabane de chantier.
Mais, avant de décrire la forme que prendra cet ouvrage au fur et à mesure de sa construction, il me faut évoquer le terrain que j’ai choisi. Enfin, « choisi » est un bien grand mot ! Disons, plutôt, le lot tel qu’il m’a été imparti.
Par pudeur, je tairai le nombre de mois, sinon d’années, que le bureau du cadastre a mis pour accéder à ma demande, et à combien de reprises les plans que j’ai proposés ont été retoqués. À chaque fois, retour à la photocopieuse, mise sous enveloppe d’une nouvelle version de l’ouvrage, attente au guichet de la poste pour procéder à son affranchissement… Sans nouvelles, et timide comme je le suis, il faut que je me fasse violence pour appeler la secrétaire au téléphone : de façon invariable, on me répond que la personne en charge du dossier est soit déjà en ligne, soit en rendez-vous ; ou alors qu’elle vient à l’instant de quitter le bureau et qu’on me rappellera. Ce n’est pas sans condescendance, et avec un rien d’énervement, qu’on ajoute que je suis loin d’être le seul postulant ; qu’il faut que je prenne patience car il y a pléthore de candidats ; sans compter que l’éventail des possibilités n’est pas non plus très étendu. Lire la suite
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lundi 10 mai 2010
Par La rédaction, le
lundi 10 mai 2010 | Entretiens
La Revue littéraire n°46, mai 2010
(Propos recueillis par courrier électronique le 9 avril 2010)
À propos de Tony Duvert. L'Enfant silencieux de Gilles Sebhan (Denoël, 2010).
Gilles Sebhan est l'auteur de Haut risque (Parc, 2003), Presque gentil (Denoël, 2005), La Dette (Gallimard, 2006) et Fête des pères (Denoël, 2009).
Photo issue du site de Dennis Cooper : DC's.
Gilles Sebhan
À la recherche de Tony Duvert
entretien avec Florent Georgesco
Florent Georgesco : Tony Duvert est mort pendant l’été 2008, à une date qu’on ne connaîtra jamais, puisqu’il était à ce point seul que lorsqu’on l’a retrouvé, son cadavre était dans une décomposition avancée. Je suis désolé de commencer en des termes si brutaux, mais telle est la réalité, telle est cette vie. Duvert avait alors 63 ans. Il avait disparu de la scène littéraire depuis deux décennies. C’est en quelque sorte le long silence dans lequel il s’était enfermé qui vous a conduit à écrire ce livre, où vous le fouillez, le retournez en tous sens pour y découvrir la vérité de cet homme si parfaitement singulier. Vous écrivez que vous aviez désiré, quelques années auparavant, le retrouver dans sa retraite. C’est ce que vous faites aujourd’hui, alors qu’il est trop tard.
Gilles Sebhan : J’avais une vingtaine d’années quand j’ai découvert l’œuvre de Tony Duvert. J’ai tout de suite été frappé par le beau scandale de son écriture. Récidive, Journal d’un innocent ou Quand mourut Jonathan avaient pour moi la force des grands textes et une liberté de ton peu commune. Mais bien sûr, un autre scandale frappait d’emblée : c’est que Tony Duvert ne publiait plus. À l’époque, on pouvait encore penser qu’il s’agissait d’un silence provisoire. Peu à peu ce silence s’est appesanti. Parfois je parlais avec tel ou tel du mystère qui était en train de se faire autour de cet auteur, nous disions que nous pourrions aller lui rendre visite, comme Burroughs et Kerouac sont allés voir Céline dans sa retraite de Meudon. Nous le disions sans jamais le faire. Nous ne savions pas où il pouvait se trouver. La seule légende qui circulait, c’est qu’il était reclus en province. Aujourd’hui, je me dis que cette idée d’aller voir Tony Duvert était une folie. Il n’avait pas besoin de nous, lui qui s’était coupé de ses plus proches amis. Le temps a passé, j’ai commencé à publier des livres. Et puis, à l’été 2008, la nouvelle de sa mort, des conditions de sa mort, m’a frappé de plein fouet, comme un nouveau et plus terrible scandale. Non pas tant sa mort bien sûr que le silence autour de sa mort, d’emblée. J’avais toujours pensé qu’au moins sa mort déclencherait un intérêt pour son œuvre. Mais j’ai bien compris que la mort de Tony Duvert était en train de parfaire sa disparition en tant qu’écrivain. C’est ce qui a déclenché en moi la volonté d’organiser un hommage. Je n’ai donc pas tout de suite pensé à écrire un livre, cette idée est venue quelques mois plus tard. J’avais rencontré des gens, j’avais appris des choses sur Tony Duvert, et brusquement le livre est venu. Il s’est imposé, je ne peux pas le dire autrement. En deux mois, il était fait. Lire la suite
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Par La rédaction, le
lundi 10 mai 2010 | Textes
La Revue littéraire n°46, mai 2010
Natashka Moreau naît à Suresnes en 1978. Elle apprend à lire et à écrire à Paris. En 1986, elle se retrouve à Marseille où elle apprend le piano. À ses 18 ans, elle passe de l’autre côté de la Manche. Elle y apprend l’art, mais se rend compte que lire et écrire est ce qu’elle chérit le plus. Elle publie son premier roman, Le Royaume minuscule, en janvier 2007. Suit, en septembre 2009, Se hisser. En silence et transparence est sa première nouvelle publiée.
Photo : Andrius Jonaitis.
Natashka Moreau
En silence et transparence
Le corps à plat, j’étendais mes bras et regardais droit devant moi, en rase-mottes, afin que le clapotis auquel je contribuais, en même temps qu’une dizaine d’autres personnes, occupât la majorité de mon champ visuel. L’eau bleue et légèrement éblouissante remuait de manière désordonnée comme des doigts inspirés sur un clavier souple et c’est ainsi, les lèvres hermétiquement pincées l’une contre l’autre, les narines planant au-dessus de la surface, que je nageais, consciencieusement, aspirant quelquefois, inévitablement, des particules d’eau que j’essayais ensuite de recracher sans me faire remarquer. De toute façon, le maton roupillait sous son gros bonnet à visière, pendant que ses jambes, qu’il avait tenu à laisser sans protection, frémissaient au vent (quand il tressaillait, réveillé par le froid, il frottait le pelage hirsute de ses jambes nues et ne s’occupait nullement de mes petits crachats). Lire la suite
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