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lundi 1 mars 2010
Par Angie David, le
lundi 1 mars 2010 | Critique/Archives
Marc-Édouard Nabe, L’Homme qui arrêta d’écrire, 696 pages, 28 euros
Pour un homme qui a, prétendait-il, arrêté d’écrire, entre les tracts révolutionnaires placardés sur les murs de Paris et ce nouveau roman à la langue ornée d’un panache, Marc-Édouard Nabe a non seulement su renouveler son style littéraire, empruntant davantage à l’oralité – « quelque chose s’est (délié) » –, mais il investit désormais de tout son corps l’espace de la fiction. Pour un écrivain qui, ainsi qu’il l’a prétendu, ne publiera plus, il vient d’éditer un livre au souffle extraordinaire (en vente directe sur son site internet marcedouardnabe.com), imprimé sur papier bouffant, de belle facture. Enfin, pour un personnage qui a cessé d’exister, Nabe est un fantôme bien vivant, voire dans une forme olympique. Après avoir organisé sa sortie de l’édition traditionnelle en 2006, Nabe revient en force et fait voler en éclats tous les poncifs de ce milieu littéraire étriqué, qu’il juge médiocre et toc. Il écrit, imprime, se publie, se vend et reconquiert le cœur des lecteurs qui prennent un plaisir fou à le lire, phrase après phrase, pensée après sentiment, réflexion après émotion.
L’Homme qui arrêta d’écrire, au-delà de la qualité de sa structure et de sa narration, est un roman où il est impossible de ne pas rire aux larmes. Je n’avais pas ressenti un tel pied de lecture, car il ne s’agit même plus de critique, depuis Portnoy’s Complaint de Philip Roth. J’avais 19 ans et j’éclatais de rire toute seule, en me serrant les côtes pour ne pas faire une crise cardiaque. Exactement comme avec le roman de Marc-Édouard Nabe. C’est aussi bon que de fumer une excellente herbe : Nabe, c’est de la White Widow ou de la New York Diesel – les deux étant aussi bonnes au goût qu’euphorisantes. Lire la suite
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jeudi 28 janvier 2010
Par La rédaction, le
jeudi 28 janvier 2010 | Critique/Archives
Vincent Verbier
Dans la nuit
Femmes que j’ai tuées, roman de Sébastien Musson
Après quelques instants d’hésitation, j’ai poussé la porte de la chambre que Claire habitait.
Bruno Gay-Lussac, L’Examen de minuit
Le lecteur est d’abord choqué par le titre du livre de Sébastien Musson, sa brutale impudeur, sa scandaleuse provocation. Mais presque aussitôt, nous constatons que ce titre n’est pas seulement l’annonce, par un tueur en série, du récit de ses crimes. Il révèle aussi que le contenu de la confession attendue concerne les victimes autant que le criminel. Le narrateur ne serait donc pas aveuglé par sa pulsion fatale au point de perdre tout intérêt pour les malheureuses qui en ont été l’objet ?
La lecture qui suit tente de répondre à cette question. Nous ne voulons pas réduire le roman de Musson au portrait d’un dangereux paranoïaque capable de retirer la vie à plusieurs personnes et incapable de la rendre après-coup à ses personnages. Pour nous, Femmes que j’ai tuées raconte surtout la véritable prise de conscience, tragique comme ses fautes, d’un monstre malheureux, et présente avec la même acuité quatre personnalités féminines complexes et attachantes. Elles sont évidemment des figures sensibles du secret de l’auteur, mais elles vivent toujours, le livre refermé, sans dépendre de lui, dans le cœur du lecteur. Lire la suite
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vendredi 22 janvier 2010
Par La rédaction, le
vendredi 22 janvier 2010 | Critique/Archives
Bruno de Cessole, Le moins aimé, La Différence, 284 pages, 17 euros
par Alfred Eibel
« Un siècle que l’on croit connu à cause des manuels et des tombereaux de commentaires dressés sur cinq ou six grands – les malheureux ! toujours les mêmes, qui n’en peuvent mais… Ce terrain que l’on croit exploré, fouillé, retourné à la houe et à la serfouette, et dont tant d’hectares demeurent, meurent, en friche… », écrit André Lebois dans XVIIe siècle. Recherches et portraits (Denoël, 1966).
Qui s’est penché sur Charles de Sévigné, fils mal aimé de la marquise du même nom, souvent courtisée depuis la mort de son mari en duel ? La marquise avait un tempérament plutôt froid, qui avait, comme disait quelqu’un, « toute sa chaleur à l’esprit ». Elle avait des engouements plutôt que des passions, comme quand elle déclarait « je suis folle de Corneille ». Dans un registre plus émotionnel, elle était folle de sa fille, devenue plus tard madame de Grignan, déclarant à qui voulait l’entendre qu’elle « était la plus jolie fille de France ». Lire la suite
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Par La rédaction, le
vendredi 22 janvier 2010 | Critique/Archives
Andreï Kourkov, Laitier de nuit, Liana Levi, traduit du russe par Paul Lequesne, 428 pages, 22 euros
par Céline Ottenwaelter
J’ai découvert Andreï Kourkov il y a 10 ans. J’avais apporté Le Pingouin (1) sur une plage de la côte portugaise. Le choc thermique entre le soleil d’Algarve et le froid des rues de Kiev a été bref et je garde, aujourd’hui encore, le souvenir d’une langue chaleureuse et douce. Je me souviens de scènes très cinématographiques dans des appartements étroits et douillets ; des verres de vodka bus avec délectation dans la cuisine ; des déambulations dans les rues gelées où le froid paraît n’avoir pas de prise sur les personnages. Nous retrouvons avec plaisir cette ambiance teintée de mélancolie et d’une certaine langueur qui me paraît attachée aux pays de l’ancienne Union soviétique. Lire la suite
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Par Anne Procureur, le
vendredi 22 janvier 2010 | Critique/Archives
Véronique Olmi, Le Premier Amour, Grasset, 300 pages, 18 euros
C’est en lisant la quatrième de couverture du Premier Amour que j’ai décidé de me plonger dans le dernier livre de Véronique Olmi. Et j’ai bien eu raison. J’étais amusée par ces mots : « Une femme prépare un dîner… remonte les escaliers, éteint le four », puis « soudain, sa vie bascule ». Ce « soudain, sa vie bascule » placé face à des situations banales et quotidiennes m’a paru très séduisant. Anna Karénine n’est pas loin, et tout passionné de mélodrames à la Douglas Sirk ne saurait résister à la lecture immédiate d’un roman ainsi présenté par son éditeur. Lire la suite
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Par La rédaction, le
vendredi 22 janvier 2010 | Critique/Archives
Hwang Sok-yong, Shim Chong, fille vendue, traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, Zulma, 576 pages, 23,50 euros
par Arnaud Bongrand
Moitié du XIXe siècle, sous la dynastie Qing. Shim Chong naît dans une famille très pauvre de Corée. Orpheline de mère, elle n’a que son père, aveugle, pour s’occuper d’elle. Mais très vite, sous la pression de sa nouvelle femme, la petite Chong est vendue pour devenir la concubine d’un riche Chinois. C’est avec cette jeune enfant apeurée que le lecteur commence son parcours au sein d’un univers où l’être humain n’est qu’une marchandise comme une autre. Car, arrivée à Nankin, chez son riche « propriétaire », Chen, la jeune et belle Chong n’est pas au bout de son périple. Lire la suite
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mardi 19 janvier 2010
Par La rédaction, le
mardi 19 janvier 2010 | Critique/Archives
Nell Freudenberger, Le Dissident chinois, traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude, Quai Voltaire, 445 pages, 23 euros
par Lize Braat
C’est un procédé narratif classique et éprouvé : prenez un personnage, déplacez-le sous un prétexte ou un autre dans un milieu exogène, laissez agir, et vous observerez sous peu les modifications les plus inattendues, voire inespérées, sous l’effet bénéfique de l’« autre », l’« étranger », venu révéler inopinément les indigènes à eux-mêmes. Pour prendre un peu de champ, prenez la peine d’y ajouter une dimension ethnologique, voire géopolitique : tentez le choc des cultures. C’est, dans une version habile et un peu sucrée, ce à quoi s’essaye Le Dissident chinois. Nell Freudenberger, jeune auteur américaine remarquée du recueil de nouvelles best-seller Lucky Girls, dépose Yuan Zhao, artiste chinois avant-gardiste, en plein milieu de la pelouse impeccable des Travers, Beverly Hills, Los Angeles, Californie. Le prétexte est une bourse d’artiste octroyée par une vague fondation sino-américaine, comprenant logement chez l’habitant et enseignement au lycée local de jeunes filles. Une sorte de Chang chez les Desperate Housewives. Lire la suite
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lundi 18 janvier 2010
Par Laure Limongi, le
lundi 18 janvier 2010 | Critique/Archives
Brian Evenson, Père des mensonges, traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié, Le Cherche Midi, collection « Lot49 », 240 pages, 17 euros
Mea maxima culpa, Père des mensonges est le premier livre de Brian Evenson que je lis. Et certainement pas le dernier. Ce qui rédime la culpabilité d’avoir tant tardé à me plonger dans son univers, malgré la confiance – foi, aurais-je écrit, si je ne craignais de filer la métaphore pieuse façon aligot – que je voue à Claro et Hofmarcher, les lupercaux de Lot 49.
J’ai rencontré Brian Evenson le 8 janvier à la librairie Atout Livre, comme une soixantaine de personnes – 666 selon les organisateurs, 6,5 selon la police. Outre le fait que c’est un Américain qui parle le français – et qui le traduit, même –, j’ai été frappée par l’étrange douceur qui émane de sa personne. On l’imagine tout à fait en prêtre mormon qu’il a été avant d’être excommunié à cause de ses écrits – pas très dogmatiques, il est vrai. On sent aussi que la force de son engagement envers l’Église s’est muée en détermination inébranlable vis-à-vis de l’écriture : « Je dois me tenir derrière chaque mot que j’écris », répond-il à Bartleby dans un entretien réalisé à l’occasion de la sortie de La Confrérie des mutilés . Il se tient donc derrière ses livres, nombreux, boucles blondes et sourire aux lèvres, voix mélodieuse et regard bleu acier, en fait, c’est assez flippant, l’imaginer prêchant – après six générations de mormons – et écrivant – rompant avec six générations de mormons –, penser aux déchirements vécus, à la manière dont il a conservé l’intégrité de sa pensée, seul contre tous, avec cette douce sérénité résolue, empreinte d’ironie et de fantaisie, ce que pourrait illustrer cette anecdote rapportée par Fabrice Colin : « En prévision d’un certain dîner à venir, je demande à Brian s’il mange de tout. Réponse : “Oh, yeah. Including insects. And blood.”
— What about human flesh?
— Human flesh is fine.
(Il se tourne vers sa femme.)
— Joanna?
— Human flesh. Absolutely. »
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jeudi 7 janvier 2010
Par La rédaction, le
jeudi 7 janvier 2010 | Critique/Archives
Patrick Rambaud, Troisième chronique du règne de Nicolas Ier, Grasset, 180 pages, 14 euros
par Vincent Wackenheim
Voici le troisième volet de cette chronique toute entière consacrée aux années de règne de Notre Larmoyant Despote. Une entreprise de grande envergure, car si l’on compte grosso modo un volume de cette chronique par année depuis l’accession au trône de Notre Glorieux Leader, et si d’aventure ce règne se prolongeait après 2012, pour friser les dix ans, je n’ose imaginer l’état dans lequel l’émérite chroniqueur risque de se trouver, s’il lui venait l’idée d’aller à terme, obligé – pour finir – de doubler lui aussi la mise. Être le témoin enchaîné (éditorialement s’entend) au destin des Grands n’est pas une sinécure. Dans chronique, il y a chronos, c’est aussi simple que cela, le chemin sera long et rude – sauf accident. Voilà qui éclaire l’allusion inscrite par le non moins Glorieux Éditeur en quatrième de couverture à « l’œuvre romanesque importante » de Patrick Rambaud, antidote nostalgique que la mémoire du chroniqueur aime à évoquer quand sa tâche est trop ardue. Lire la suite
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mardi 5 janvier 2010
Par La rédaction, le
mardi 5 janvier 2010 | Critique/Archives
Claire Castillon, Les Cris, Fayard, 190 pages, 16,90 euros
par Karl Mengel
Écrire sur l’écriture, détailler le processus créatif, le sien propre, et prétendre à l’art dans la démarche même d’expliquer, de faire visiter, d’ouvrir le capot, voilà qui fait rarement une bonne idée. D’abord parce que n’est pas Blanchot qui veut. Or, si la note artistique est faible, comme on dit en patinage, la dimension technique a tôt fait de perdre tout intérêt. En l’occurrence, Claire Castillon s’est joliment vautrée sur la glace. L’autre raison tient au fait qu’un tel retournement de l’art sur l’art est intrinsèquement périlleux, en cela qu’il a bien souvent pour effet de pointer un manque criant d’inspiration. L’écueil apparaît alors dans toute sa crudité, son évidence, au détour de ces marqueurs cruels et infaillibles que sont les jeux sur la langue et le masque de la concision. À cette aune également, le roman a tout du cas d’école. Lire la suite
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Par La rédaction, le
mardi 5 janvier 2010 | Critique/Archives
Pour compléter la préface de Julia Curiel, reprise dans le numéro 42.
Jean-Pierre Martinet, La Somnolence, Finitude, 256 pages, 20 euros
par Alfred Eibel
Quand j’ai raconté à Jean-Pierre Martinet que le général Henri Guisan (1874-1960) commanda l’armée suisse de 1939 à 1945, il esquissa un sourire. Je lui fis remarquer qu’il avait tort. Le service militaire suisse est des plus stricts. Rien de remarquable ne se passant durant la Seconde Guerre mondiale, la Suisse attendit ; et ne fut pas envahie par l’armée allemande. Le général Guisan n’eut pas le temps de déployer une stratégie. C’est en discutant avec Martinet de ce général à l’affût que j’ai inventé le général Dufour, la bataille de Carrouges et la déclaration que je lui prête : « Cachons-nous et attendons » que j’ai retrouvée en exergue de son premier roman, La Somnolence. Lire la suite
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mardi 29 décembre 2009
Par La rédaction, le
mardi 29 décembre 2009 | Critique/Archives
Rubrique "Notes de lecture/La rentrée de janvier".
Ruth Klüger, Perdu en chemin, traduit de l’allemand par Chantal Philippe, Viviane Hamy, 250 pages, 20 euros
par Anne Procureur
« À mesure qu’on vieillit, les fantômes s’éloignent. » Ainsi débute l’autobiographie sans concession de Ruth Klüger. Cette femme passionnée n’aura cessé durant toute son existence d’être en colère, une colère salutaire qui l’aura sauvée des camps nazis. Et, dans une moindre mesure, de l’étroitesse d’esprit de l’Amérique des années 50. Dans son premier livre, Refus de témoigner, sorti en 1997 chez le même éditeur, elle faisait le récit de son enfance meurtrie par les événements politiques de l’époque. Née en 1931 à Vienne, dans une famille juive et pauvre (elle écrit « Pourquoi ai-je connu toute ma vie tant de juifs pauvres s’il y en a tant de riches, paraît-il ? »), elle connaîtra le sort de millions de personnes et son cortège de séparations, de peurs, de fuites, de violences, d’abandons et de chagrins. Après avoir échappé à Auschwitz-Birkenau et perdu père et frère, Ruth Klüger quittera l’Autriche pour les États-Unis. Perdu en chemin reprend le fil de l’histoire passionnante de cette femme, qui jamais ne baissa les bras. Lire la suite
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Par Florent Georgesco, le
mardi 29 décembre 2009 | Critique/Archives
Voici, comme nous l'avons fait pour Christophe Henning, une présentation du nouveau livre d'une des critiques qui nous font l'honneur de nous donner des notes de lecture, Stéphanie des Horts. C'est une joie de singulière de voir nos collaborateurs publier : une revue est faite pour que des talents y éclosent, et ils éclosent en effet, ils ne cessent d'éclore.
Stéphanie des Horts, La Panthère : Le roman de Jeanne Toussaint, Jean-Claude Lattès, 250 pages, 17 euros (à paraître en février 2010)
par Cécilia Dutter
Jeanne Toussaint, c’est l’histoire d’une destinée. D’une vie. D’une œuvre devrait-on dire tant celle-ci fut construite d’une main de maître et d’une poigne d’acier. Fulgurante trajectoire en effet que celle de cette jeune Flamande née avec le XXe siècle, fille d’une simple dentelière, et qui deviendra plus tard la reine des joaillières tout comme la joaillière des rois. Lire la suite
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Par La rédaction, le
mardi 29 décembre 2009 | Critique/Archives
Rubrique "Notes de lecture/La rentrée de janvier".
Valentine Goby, Des corps en silence, Gallimard, 144 pages, 17 euros
par Géraldine Barbe
Quelques jours plus tôt Claire a quitté son mari Alex, aujourd’hui elle part vraiment, définitivement, une valise et sa fille de cinq ans sous le bras ; point de retour en arrière envisageable, elle ne rentrera plus à la maison. La mère et la fille, qui ne sait rien mais sans doute comprend tout, errent dans Paris sous le soleil, en voiture puis en métro, au cinéma, à la Défense, au restaurant… Le passé, les souvenirs ressurgissent, et leur lot de questions : comment a-t-elle commencé à aimer Alex ? comment a-t-elle compris qu’elle ne l’aimait plus ? d’ailleurs, l’a-t-elle vraiment aimé, cet homme, à part ses mains ? et qu’est-ce que l’amour, si ce n’est s’aimer soi-même dans le regard de l’autre ? La projection d’un avenir sans amour, le désir de protéger sa fille… un flot de pensées mélancoliques et sans espoir assaille Claire et l’obsède d’un bout à l’autre de la journée, jusqu’à l’endormissement, dans un hôtel de banlieue, auprès de sa fille. Lire la suite
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Par La rédaction, le
mardi 29 décembre 2009 | Critique/Archives
Rubrique "Notes de lecture/La rentrée de janvier".
Dominique Fabre, J’aimerais revoir Callaghan, Fayard, 224 pages, 17,90 euros
par Stéphanie des Horts
C’était à l’internat, des moments, comme ça, qui n’ont l’air de rien et qui bouleversent toute une vie. Lui, il s’appelait Jimmy Callaghan, eux ils l’appelaient l’Anglais parce qu’il était anglais et que c’est une raison valable. Callaghan, le narrateur ne l’a jamais oublié. Peut-être parce qu’il était le premier à avoir perdu son père, peut-être parce qu’il a osé le crier très fort, que son père c’était tout pour lui, même s’il buvait, et puis sa tante Myriam avait des yeux bleus délavés, des yeux qu’il aimait. Il ne s’est jamais senti français, Callaghan, ou bien est-ce sa mère qui n’a pas su y faire. Callaghan ou la légende. Il fumait des Benson mais n’avait rien contre la marijuana. Il avait des dettes envers les pensionnaires et des ennemis qui voulaient lui faire la peau. Callaghan, un nom de héros de western, le premier à faire une fugue, un trou dans le grillage, les flics à ses trousses et la forêt de Saint-Cucufa pour seul repaire. Callaghan, un jour il n’en reste plus que des souvenirs, le narrateur est passé de 15 ans à 40 sans s’en être vraiment rendu compte. Lire la suite
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