La Revue littéraire n°45, avril 2010
(Propos recueillis par courrier électronique en février 2010)

François Gallix est professeur émérite de Littérature contemporaine de langue anglaise (Paris IV-Sorbonne) et codirecteur de l'ERCLA. Il est l'auteur de livres et d'articles sur différents romanciers du XXe siècle, parmi lesquels D. H. Lawrence, Joseph Conrad, Ford Madox Ford, Graham Swift ou Kazuo Ishiguro ; on peut citer, en particulier, The Power and the Glory, Le Credo de Graham Greene (Ellipses, 2006) et (avec Vanessa Guignery) Plus sur Greene (Atlande, 2007).

Photo : Graham Greene (source : The Guardian).

François Gallix

Un roman inconnu de Graham Greene

Entretien avec Isabelle Viéville Degeorges

Isabelle Viéville Degeorges : Cher François Gallix, vous êtes professeur émérite de littérature anglaise à la Sorbonne, où vous animez l’ERCLA (centre de recherche sur les « Écritures du roman contemporain de langue anglaise »), mais également traducteur, de l’anglais vers le français. À tous ces titres, aucune des arcanes de la littérature anglo-saxonne actuelle ne vous est inconnue. Mais surtout, vos recherches autour de Graham Greene vous ont récemment amené au Graal de tout chercheur : une découverte authentique. C’était à Austin, au Texas.

François Gallix : En 2007, La Puissance et la Gloire était au programme de l’agrégation et j’ai voulu travailler sur le manuscrit de ce roman écrit par Greene en 1939, conservé à l’université d’Austin, au Texas, où se trouve une grande partie des archives de Greene : manuscrits, tapuscrits, carnets, brouillons, correspondance, agendas, scénarios, livres écrits et lus (souvent annotés), une vraie mine pour le chercheur amateur de paléographie et à l’affût de découvertes ! Je suis resté un mois et j’ai pu consulter la totalité de ce fonds unique, en me concentrant plus particulièrement sur certains textes. J’ai alors constaté qu’une longue nouvelle policière de Greene (ou un bref roman : 5 chapitres, 56 pages manuscrites, 70 pages dans la transcription), « The Empty Chair » (« La Chaise vide ») (1), n’avait été recensée dans aucune des biographies de Greene (pourtant fort volumineuses), ni exploitée – peut-être parce qu’elle est incomplète et assez difficile à déchiffrer. Greene lui-même, contrairement à ses habitudes, semble ne jamais s’y être référé, ni dans ses carnets, ni dans ses textes autobiographiques, ni dans sa correspondance où il avait pourtant l’habitude de commenter au jour le jour ce qu’il écrivait.

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