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Le Blog de Marilou



mercredi 24 décembre 2008

28. PARTIE 2 - Chapitre 1 - Le régime des passions (1)

Dans la correspondance restée inédite jusqu'à l'édition récente par 10/18 de Truman Capote, Un Plaisir trop bref, les anecdotes sur le milieu intellectuel et mondain new-yorkais des années 40 aux années 60 sont très amusantes. Truman Capote explique par exemple un jeu de son invention : la Chaîne des Relations Internationales, autrement dit de liaisons en liaisons, un lien absurde se tisse entre des personnes qui n'ont rien à voir entre elles. Chacun peut y jouer selon ses connaissances en matière de vie privée. Prenez Jean-Pierre Rassam, marié à Carole Bouquet, ancienne épouse de Gérard Depardieu, qui a eu un enfant avec Karine Silla, mariée aujourd'hui à Vincent Perez, qui fut l'amant de Carla Bruni, aujourd'hui première dame de France aux côtés de Nicolas Sarkozy...

Ainsi Jean-Pierre Rassam a eu une liaison avec Nicolas Sarkozy!

Auteur femme incontournable de l'histoire littéraire française, Marguerite Duras a réussi, avec son premier livre à succès, Un Barrage contre le Pacifique (1950), un chef d'oeuvre supérieur à son "remake", L'Amant (1984). Les rapports vénaux et écoeurants (pour la jeune fille) entre Suzanne et le riche Monsieur Jo, fils d'un homme d'affaires chinois, aussi laid que peu dégourdi, au volant de la célèbre Morris-Léon Bollée, sont suscités par la mère - cette mère ruinée après l'achat d'une concession dont les cultures sont recouvertes chaque année par les marées, désespérée devant l'obstination qui la fait tenir jusqu'au bout, malgré l'échec qui résultera fatalement de son entreprise. Le bungalow de fortune qui s'écroule sous le poids des vers qui tombent sur les cheveux, dans l'assiette où mijote le même échassier au goût sec et fade, seul un tourne-disque qui joue Ramona donne un peu de plaisir au frère jaloux et violent de Suzanne, Joseph. La description de la misère environnante et le dépucelage sans amour de Suzanne par le fils d'un contrebandier en alcool, tout ce décor sinistre et révoltant est décrit avec une cruauté et un réalisme lyrique dont seul Marguerite Duras est capable. J'ai hâte de découvrir l'adaptation cinématographique par Rithy Panh, avec la sublime Isabelle Huppert dans le rôle de la mère - rôle pourtant disgracieux et terrible - qui sortira en janvier 2009.

Pour finir, une chanson super gaie de Serge Gainsbourg, « Gloomy Sunday », qui ne s'accorde pas avec aujourd'hui mercredi 24 décembre, veille de Noël, mais à écouter tous les dimanches, car tous les dimanches sont "sombres" - mélancoliques et lugubres.

jeudi 18 décembre 2008

27. Chapitre 6 - L'acceptation de l'offre (2)

Au risque d'apparaître encore une fois comme une ado attardée, et qu'on m'accuse d'être plus cucu la praline que punk, je dois avouer ma fascination pour le personnage d'Hello Kitty, sorte de divinité moderne qui envahit mon appartement sous forme de peluches, figurines en plastique, porte-clefs, T-Shirts, sacs à main et autres collectors en tout genre. Créée en 1976 par Sanrio, Hello Kitty est ce petit chat japonais dans lequel je me reconnais tout particulièrement.

Plus "sujet pour adultes", l'un des derniers films de Woody Allen, inaugurant une nouvelle veine, anglaise et non plus new-yorkaise, Match Point, est une perfection en termes de mise en scène et de direction d'acteurs. Le duo Scarlett Johansson et Jonathan Rhys-Meyer est à tomber à la renverse. Sorte de remake de Crimes et Délits, Woody Allen va plus loin dans l'exploration des sentiments du meurtrier - allégorie autour de Crimes et Châtiments - puisque la culpabilité ne va qu'à peine l'effleurer. Il craint d'être reconnu coupable par Scotland Yard, mais la balle de tennis est tombée du bon côté du filet. Pour illustrer ce film à la rigueur classique et pour affirmer sa mélomanie, Woody Allen a choisi le très vieil enregistrement (en 78 tours?) de L'Elisir d'Amore par Enrico Caruso : "Una furtiva lacrima".

Dans un autre genre, plus français et plus cru, les films de Jean-Claude Brisseau sont des modèles interrogeant le désir et la violence. Au-delà de son film le plus connu et tout aussi dérangeant, Noce Blanche (avec Vanessa Paradis), j'aime le traitement des premières agressions en banlieue apparemment gratuites, mais diligentées par les règles de clan, suscitées par une culture militaire purement française (ou une mentalité de chasseur), dans De Bruit et de Fureur (1988). A voir également, ses films disponibles en DVD : La Vie comme ça, Céline, L'Ange noir et Les Savates du Bon Dieu.

mercredi 10 décembre 2008

26. Chapitre 6 - L'acceptation de l'offre (1)

Les histoires d'amour ne sont pas toujours aussi belles que dans les films, prenez Autant en emporte le vent ou, dans un autre genre, Pretty Woman, il n'y a rien de réaliste. Malgré les rapports plus complexes entre Scarlett (saisissante Vivien Leigh) et Rhett (Clark Gable), qu'entre Richard Gere et Julia Roberts. Il faut dire que le premier est tout de même un chef d'oeuvre de lyrisme, une saga qui révèle au fur et à mesure Scarlett comme une héroïne exceptionnelle. Le final extraordinaire : "I'll never be hungry again".

Des regards plus cruels me touchent d'avantage, comme dans le film entièrement "en-chanté" Les Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy est un de mes cinéastes chouchous qui revient sans cesse) : la résignation de Geneviève à épouser Roland Jaccard, "diamantaire", après que Guy soit réquisitionné pour la guerre d'Algérie. En couchant avec elle juste avant de partir, Guy ne s'est pas soucié qu'elle tombe enceinte. Devant cet abandon, Geneviève comprend que l'amour absolu n'existe pas, elle l'avait prévenu dans leur déchirante chanson d'adieu, "La Gare (Guy s'en va)".

Plus comique est le dernier film de Milos Forman réalisé en Tchécoslovaquie, Au feu les Pompiers, où le bal des pompiers permet de rencontrer des jeunes et jolies filles pour ces messieurs. Afin de cacher qu'il est marié, un des pompier enlève son alliance qui roule sous toutes les tables de la grande salle de danse. Ne trouvant pas d'extraits de ce film, je propose cette sublime chanson.

Ambiance musicale folk et glamour, avec le premier répertoire de Marianne Faithfull, avant que l'héroïne ne brise sa voix d'ange : "This Little Bird".

mercredi 3 décembre 2008

25. Chapitre 5 - Marilou hésite (2)

Fée de la musique électronique, au chant puissant qui traverse les étendues de glace, Björk est à la fois une idole des adeptes de la techno et une immense star, aimée du grand public. Sa musique aussi urbaine qu'australe est d'une grâce infinie, notamment dans ses deux albums les plus connus : Post ("Hyper Ballad") et Homogenic (Bachelorette"). Deux clips grandioses de Michel Gondry. Elle m'accompagne depuis plus de dix ans et touche chaque fois au plus profond de mon coeur. Son album de jazz islandais (son père est musicien de jazz), Gling-Glo ("I Dansi Med Per"), est aussi original et excentrique que ses tenues de Minnie Mouse des contrées magiques, chaussons rouges aux pieds, robe fourrure en forme de pivoine. Sensibilité exacerbée comme le tournage très douloureux de Dancer in the dark, oeuvre impitoyable de Lars von Trier (la BO signée Björk : "I've seen it all").

J'accorde la même importance au groupe anglais phare des années 90 : Portishead & leurs 3 chefs-d'oeuvre. Dummy en 1994 ("Glory Box", la plus connue, ou la plus belle, "Roads"), Portishead en 1997 ("Seven Months" & "Only you") & celui qui vient de sortir - Portishead a connu un succès international dès le début, ils n'y étaient pas préparés & ont attendu 10 ans avant de refaire un disque, au son encore plus moderne & toujours aussi unique (la voix de Beth Gibbons) - Third ("Plastic" & "Threads").

Tout autre registre, une chanson de l'album mythique The Miseducation of Lauryn Hill, où la déesse du rap chante un morceau tellement sexy : "I used to love him".

De la littérature, pour finir, de la grande littérature : mon écrivain favori par dessus tout, Flaubert & son livre dévorant, Madame Bovary. Lecture qui s'accompagne à merveille avec la correspondance de l'époque où il écrit & explique ne plus supporter cette idiote d'Emma (Correspondance II, 1851-1858, La Pléiade). A Louise Colet, (Croisset), mardi soir, minuit, (25 octobre 1853) : "La Bovary remarche. (...) J'attends une seconde lecture (de Bouilhet) pour être convaincu que je suis dans le bon chemin. Je ne dois pas en être loin, cependant. Ces comices me demanderont bien encore six belles semaines (un bon mois après mon retour de Paris). Mais je n'ai plus guère que des difficultés d'exécution. Puis il faudra récrire le tout, car c'est un peu gâché comme style. Plusieurs passages auront besoin d'être réécrits, et d'autres désécrits. Ainsi, j'aurai été depuis le mois de juillet jusqu'à la fin de novembre à écrire une scène! Et si elle m'amusait encore! Mais ce livre, quelque bien réussi qu'il puisse être, ne me plaira jamais. Maintenant que je le comprends bien dans tout son ensemble, il me dégoûte. Tant pis, ç'aura été une bonne école. J'aurai appris à faire du dialogue et du portrait. J'en écrirai d'autres."

lundi 1 décembre 2008

24. Aparte (3)

Edito spécial sur le duo Dirty Sound System, dont tous les disques - compilations de morceaux aussi rares que fortement modernes - sont des petites merveilles.

Les 3 Dirty Diamonds (I, II & III - cités dans les **3 & 4) publiés par Diamondtraxx, en 2003, 2004 & 2006. Un titre par album pour donner le ton, même si leur son est très varié, tout en harmonie. Sur le I : Claudine Longet, "Love is blue", sur le II : Martin L. Gore, "Compulsion" & sur le III : Mazzy Star, "She's my baby".

Un album d'italo-disco édité par Tigersushi en 2006 : Dirty Space Disco. Par exemple, John Miles, "Stranger in the City" (Pilooski Edit).

Puis les 2 disques underground, vendus uniquement en boutiques (Colette, par exemple), pirates visionnaires : Dirty Edits I & II. Pour le I : The Pointer Sisters, "Send him back" & pour le II : Q. Lazzarus, "Goodbye Horses" (Krikor Edit).

Tout cela est encore ce qu'il y a de plus connu, je n'ai pas pu trouvé le quart des morceaux sur le net.

Pour tout savoir sur Dirty Sound System, leur site : alainfinkielkrautrock.com

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